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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 13 juillet 2018
Sa note : 17/20

LINE UP

-David Maxim "Bilo" Micic
(tous les instruments)

TRACKLIST

1) Universe In A Crayon
2) Satellite (feat David Wieten)
3) 500 Seconds Before Sunset
4) The Flock (feat Scampi)

5) Voda
6) Stardust (feat Miyoki)

DISCOGRAPHIE

Bilo 3.0 (2013)
EGO (2015)
ECO (2015)




En ce mois de juin 2018, il y a un évènement auquel vous n'avez pu échapper, quelle que soit votre classe sociale, votre origine, ou votre profession. Oui, la coupe du monde de football en Russie, un évènement majeur quoi que vous puissiez en penser. Et pour ceux qui ne sont pas très portés sur le ballon rond, je vous emmène donc la découvrir sous un autre angle, celui de la musique, avec la découverte d’un groupe musical par poule de qualification. Aujourd’hui place au groupe E avec la Serbie, épisode 2.

Après un EGO remarquable sorti un mois plus tôt, en 2015, notre Serbe préféré, David Maxim Micic, remet le couvert en dévoilant la deuxième partie de cette série d’EPs, avec ECO, en août 2015. Les présentations ayant déjà été effectuées lors de la chronique précédente, il n’est pas utile de préciser à nouveau qui est le jeune éphèbe à l’origine de cette composition et je vous encourage fortement à rendre visite au frère jumeau de ECO avant de poursuivre la lecture plus loin. Vous aurez noté que Aria, alias She Paints With Blood, s’est à nouveau occupée de la confection de la couverture. On a à nouveau droit à une magnifique illustration zoomorphique imaginaire dans les tons figuratifs et géométrisés, avec une prédominance vert/bleu de très bon goût. Et si le précédent effort exposait quatre chansons pour moins de vingt-cinq minutes, cette fois-ci Bilo nous en fournit six, pour un peu moins de quarante minutes. Et l’ambiance est radicalement différente.
Bon, le terme « radicalement » est peut-être légèrement exagéré, soit. Mais DMM va opter dans cet ECO pour une musique plus rock que metal. Plus pop également, avec une multitude de guests vocaux venant de mondes foncièrement éloignés du metal. De Scampi, chanteuse française de trip hop (dans "The Flock"), en passant par Miyoki, chanteuse espagnole d’EDM (dans "Stardust"), ou encore Dan Wieten de The Omega Experiment (dans "Satellite"), tout en intégrant les deux guitaristes Plini et Richard Henshall ou encore la violoniste indienne Shravan Sridhar çà et là. C'est donc une œuvre haute en couleurs que nous présente ici le Serbe. A commencer par l’introduction instrumentale "Universe In A Crayon" qui rappellera à beaucoup les bandes sons du réalisateur japonais Hayao Miyazaki, avec son piano et ses quelques touches finales de violon pour provoquer une certaine nostalgie chez l’auditeur.
Nostalgie immédiatement atténuée et contrebalancée par la piste suivante, "Satellite", qui se veut plus progressive, soutenue par la voix de Dan Wieten habitué à évoluer dans un registre prog ambiant qui cadre donc parfaitement ici. Vous n’avez pas encore idée de ce qui vous attend avec les deux pistes qui suivront : deux bijoux, que dis-je… deux joyaux ! "500 Seconds Before Sunset" nous balance tout d’abord – comme son nom l’indique – huit minutes vingt de pur bonheur instrumental aux influences pop, reprenant le sublime leitmotiv que nous avions pu découvrir avec "Develop" dans EGO, mais de manière plus atmosphérique ce coup-ci. "The Flock" n’est pas en reste avec son piano qui se veut tout aussi mélancolique que nostalgique, mis en valeur par la voix idéale de Scampi. La note finale de violon aux influences indiennes vient parfaire la chose pour vous faire succomber définitivement au charme et au talent de composition de Bilo.
Forcément, on ne peut que retomber sur Terre par la suite, avec "Voda" et "Stardust", même si on reste sur un niveau plus que convenable. Simplement beaucoup moins merveilleux. Pas évident d’entretenir un tel niveau durant tout une œuvre ne fut-ce même qu’un EP. La courte durée de la transition instrumentale  "Voda" ne joue bien sûr pas en sa faveur mais a le mérite d’incorporer de nouveaux éléments de folk indien ajoutés à une douce voix planante sortie de nulle part. Quant à "Stardust", elle peut se satisfaire de contenir la plus belle performance vocale d’ECO, grâce à l’aide de la jeune chanteuse espagnole, Miyoki, ayant pour habitude d’évoluer dans un milieu et un registre orienté EDM (Electronic Dance Music), fait qui ne dérange pas le moins du monde ici. David Maxim Micic a beau être le principal compositeur et gérer son groupe de A à Z, il doit aussi savoir bien s’entourer pour pouvoir produire une musique de cette qualité. Mais c’est aussi ça un grand artiste.


Nous voilà donc, après une heure d’écoute, au terme de cette formidable série d’EPs EGO & ECO. Après un EGO doté d’une bonne dose de metal, l’artiste serbe nous sort ici un ECO beaucoup plus orienté pop, mais qui ne pourra absolument pas déplaire à tout amateur de metal et même de musique au sens large. Une œuvre plus aérée, plus longue et plus atmosphérique qui vient une bonne fois pour toutes concrétiser et balancer aux yeux du monde du metal le talent dont Bilo dispose. Sa large palette musicale nous a été étalée et nous sommes désormais en mesure d’imaginer ce que l’homme peut nous réserver par la suite. Du bonheur.



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