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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 11 mai 2018
Sa note : 18/20

LINE UP

-Darren J. White
(chant)

-Danny Cavanagh
(guitare)

-Vincent Cavanagh
(guitare)

-Duncan Patterson
(basse)

-John Douglas
(batterie)

TRACKLIST

1) Kingdom
2) Mine Is Yours to Drown In (Our is the New Tribe)
3) We, the Gods
4) Pentecost III
5) Memento Mori

DISCOGRAPHIE


Anathema - Pentecost III



Ça fait un bail que j’ai trouvé le truc pour attirer l’attention des gens. C’est pas compliqué et ça marche à tous les coups. Dès que la discussion porte sur un groupe culte, j’affirme bien fort que mon album préféré est l’un de ceux qui n’a pas marqué les esprits. Exemple : « Paradise Lost, ? Ben leur meilleur album, c’est Shades of God, pardi ! ». Et ça ne loupe ja-mais. Tous les regards se tournent vers moi. Des regards étonnés ou courroucés et, parfois, on me balance une torgnole. Mais c’est mieux que rien, non ? Plutôt haï qu’ignoré !
 
Et donc pour Anathema, forcément, l’œuvre qui me botte le plus, c’est Pentecost III. Coincé entre Serenades, qui frappa les esprits par son caractère novateur, et le début de la transition vers la musique pour tous initié avec The Silent Enigma, on ne parle jamais d'elle. Bref, c’est le plan parfait. « Pentecost quoi ? C’est quoi ? » « Pfff… Winter… toujours en train de faire son intéressant... » Et vous savez quoi ? J’ai même développé un argumentaire. Le voici : Pentecost III est le mélange parfait entre mandale metallique et mélancolie. Débarrassée du côté parfois trop geignard que l’on pouvait reprocher à Serenades, la musique proposée sur cet « EP »  de plus de quarante minutes hein, ça fait un bon gros EP bien dodu, tout de même – prend largement le temps de se développer et montre le groupe anglais comme un maître de la musique heavy. Les quatre vraies compositions – "Pentecost III" n’est qu’un interlude – partagent bon nombre de traits communs,  mais ne sont pas des clones. Elles font toutes la part belle aux riffs éléphantomastodontesques et, sur chacune, Anathema y va de ses petits – ou gros - passages en guitares acoustiques, mais elles possèdent tous un caractère propre.
"Kingdom" est une longue montée en puissance jusqu’au « Ouh ! » de Darren libérant la machine à riff, directement inspirée de Metallica, en même temps que l’adrénaline se répand dans nos artères bouchées par l’ingestion répétée de cheeseburgers. "Mine Is Yours to Drown In", elle, séduit par son martèlement hypnotique avant de donner un aperçu de ce que le groupe développera encore et encore sur les albums suivants. Le début de "We, The Gods", où Darren pleurniche, mais pas trop, s’avère délicat, mais ce n’est que pour mieux te manger mon enfant… les riffs en acier trempé ne tardent pas trop à pointer leur nez. Et quand on parle de riffs en acier trempé, on ne peut pas ne pas évoquer le titre le plus violent de l’histoire du groupe, le monstrueux "Memento Mori". Le temps que les musicos accordent leurs instruments, nous fassent le coup de la petite intro anodine, dans laquelle on peut cependant percevoir une certaine tension, et blam ! Du lourd à faire passer Black Sabbath pour du post-rock… En résumé, quatre chansons, quatre énormes coups d’éclats. C’est pas un bel argumentaire, ça ?

 
Le meilleur album de Iron Maiden ?  Piece of Mind, bien sûr. Et en plus, on peut étendre ça à d’autres sujets… Le plus beau monument de Paris ? La gare Montparnasse. Sans aucun doute. Le pire dans tout ça, c’est que je m’auto- convaincs, et je peux vous garantir que ce petit bijou qu’est Pentecost III est encore bien souvent présent sur mes playlists, et il n'y a absolument aucune raison que ça change.
 



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