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CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 28 avril 2018
Sa note : 16/20

LINE UP

-Joseph Secchiaroli
(chant+guitare)

-Geraldo Castillo
(chant+percussions)

-Steven Padin
(chant+batterie)

-Michael Carroll
(guitare+percussions)

-John Baab
(guitare)

-Danny Pizarro
(piano)

-Kelly Sciandra
(piano+trompette)

-Darren Escar
(saxophone)

-Jeffrey Jarvis
(basse)


TRACKLIST

1) Human Convention
2) Catch The Gleam
3) Let Me Be
4) One In A Million
5) Smell Of A Rose
6) Return To Me
7) About Love
8) Colder Than December

9) Obsolete
10) City Of Gods

DISCOGRAPHIE


Kindo - Happy However After



Avant, Kindo se faisait appeler The Reign of Kindo. Ils avaient trois albums et quelques E.P. à leur compteur. De bons albums mêlant pop, jazz, prog et une maîtrise technique assez hallucinante. Pourtant en 2013, après Play with Fire, le groupe se met en pause et revient quelques années plus tard sur Patreon pour offrir de nouveau de la musique, régulièrement. Mais ce n'est qu'en 2018 que les musiciens décident de faire leur vrai comeback avec un véritable album, Happy However After, un condensé de leurs titres déjà sortis sur Patreon. Alors, avec ces nouvelles pratiques et ce changement de nom, est-ce que la musique change ? Et, plus important, est-elle toujours de qualité ?
 
Pour ceux qui ne connaîtraient pas Kindo, le groupe aime mélanger les influences tout en restant dans une sphère jazz-rock-pop plutôt énergique. C'était le cas dans leurs albums précédents et le petit dernier ne déroge pas à la règle avec des titres comme "Human Convention" et "Let Me Be" qui gardent cet aspect pétaradant et festif. Ça bouge dès les premières secondes de "Human Convention", la batterie et les percussions nous font remuer le popotin, les cuivres ajoutent du peps et le refrain ultra-dansant achève de nous convaincre. Les Américains sont de retour et nous mettent déjà de bonne humeur et le sourire aux lèvres. Même topo pour "Let Me Be" où il est carrément impossible de ne pas se déhancher. On croirait à certains moments entendre une fusion entre Diablo Swing Orchestra (les cuivres et certaines harmonies vocales) et Dirty Loops (la voix de Joseph Secchiaroli, l'approche jazz-pop dansante). Ce n'est pas le refrain imparable de "Smell of a Rose" et son final instrumental avec le saxo de Darren Escar et la trompette de Kelly Sciandra qui nous fera dire le contraire. Car oui, au-delà d'une grosse maîtrise des refrains pop, la section instrumentale vaut le détour, à l'image du final instrumental bien prog de "City of Gods".
Pourtant, la force du Kindo nouveau ne réside pas là, car cette maîtrise technique et cette science du refrain était déjà bien connue des amateurs du groupe. Non, ce qui étonne le plus dans Happy However After, c'est la deuxième partie de l'album qui commence avec "About Love". Même si "Return To Me" dresse déjà un portrait plus mélancolique et une volonté de compter plus d'histoires, la métamorphose se fait réellement sur le titre suivant. Ici, plus d'artifices, le morceau monte lentement en puissance, accompagné par la basse groovy de Jeffrey Jarvis, les touches de piano et les nappes de synthés de Kelly Sciandra. Le chant, dès le départ, nous emporte loin, sublime. L'ambiance est mélancolique, fragile, et explose lors du refrain pour ne plus nous lâcher. On frissonne et on enchaîne lentement, naturellement, vers "Colder Than December" petite pépite rock qui brille par sa simplicité, son solo calme de saxo, et nous fait penser au "Ode To The Rock'N'Roller" de Beardfish. Et si le message venait à ne pas passer, "Obsolete" continue d'enfoncer le clou pour montrer que Kindo sait créer des ambiances simples et aériennes sans en faire trop. Pourtant ce sera bien "City of Gods" qui achèvera de nous convaincre. Plus épique, le morceau brille par sa composition. Il commence calmement avec une belle mélodie à la guitare puis le chant et les différentes harmonies vocales nous prennent aux tripes jusqu'à ce que la dernière partie instrumentale insuffle un peu de lourdeur et de groove bienvenus. Une réussite.
 
Après plus de trois quart d'heure de musique, le voyage s'arrête et quel voyage ! Les Américains prouvent avec Happy However After qu'ils continuent de maîtriser leur style de jazz/rock/pop/prog si particulier tout en sachant aussi évoluer et proposer des moments plus intimistes et émouvants. Bien sûr, l'album n'est pas parfait ("Catch The Gleam", trop plate, retombe dans d'anciens travers du groupe), mais l'ensemble est si bien exécuté et sincère qu'il serait dommage de passer à côté de ce disque. Plus concis, plus efficace sans perdre sa nature, Kindo est revenu au sommet de sa forme et ça ne nous donne qu'une envie : ne pas attendre cinq ans avant la suite !


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