17920

CHRONIQUE PAR ...

124
Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 23 avril 2018
Sa note : 13/20

LINE UP

-Michael Alvarez
(chant)

-Andrew Lamb 
(guitare+basse)

-Alex Bent
(batterie)

TRACKLIST

1) Welcome to Your Doom 
2) The Maggot's Ascension 
3) Black Flame Illumination 
4) Feast 
5) Vile Skin Possession
6) Apex Night Eclipse 
7) Coffin Crescendo
8) Where Dead Angels Lie (Dissection cover) 
9) Upon the Face of the Deep

DISCOGRAPHIE

Feast (2018)

Alterbeast - Feast
(2018) - death metal technique et mélodique - Label : Unique Leader



Alterbeast est un groupe qui nous vient des États-Unis, plus précisément de Sacramento. Après leur premier méfait, qui avait connu quelques critiques élogieuses, la formation est de retour en ce début d’année 2018 pour présenter son second opus.

Quelques changements sont à noter depuis la parution d’Immortal. A commencer par le remplacement du chanteur, Cameron Rogers, qui a cédé sa place à Michael Alvarez. Les vocaux de ce dernier sont d’ailleurs assez différents de ce que nous avait offert son prédécesseur. Plus aigus, moins typiquement death, ils sont l’une des modifications les plus notables, mais loin d’être la seule de cette nouvelle cuvée. En effet, si globalement la musique présentée est sensiblement identique, elle a tout de même connu quelques évolutions. Les parties les plus puissantes ont presque disparu. Moins de lourdeur donc, mais toujours une cavalcade en bonne et due forme. Alterbeast souhaite écraser le cerveau des auditeurs à grands coups de blasts et de vivacité. Comprenez que les tempi sont des plus enlevés et que les instants de répit sont fugaces. Andrew Lamb a composé un album une fois encore marqué par une virtuosité effarante. Excellent guitariste, il fait montre de son talent durant la totalité de l’album. Il joue vite et bien. Ses soli sont ciselés et témoignent d’une grande technicité, comme sur "Coffin Crescendo". Les grandes qualités de ce jeune homme sont évidentes et il serait difficile de ne pas les louer. Les amateurs de death technique mélodique devraient être estomaqués par cette déferlante de riffs souvent consistants.
Pourtant, Feast n’est pas un régal total. Que reprocher à ce second effort ? Un peu trop de linéarité peut-être. Là où Immortal laissait poindre des parties plus lourdes qui cassaient l’impétuosité musicale, rares sont les moments où le groupe se calme. Certes, des passages un peu plus lourds sont exposés, mais ils sont relativement peu nombreux. Le batteur de session qui officie ici, Alex Bent, nouveau cogneur de Trivium, ne propose pas un jeu très hétérogène. Il blaste comme un furieux durant la plupart des trente-huit minutes de Feast. Il est évident que pour ceux qui apprécient la vitesse à tout va, son travail sera prisé. L’on ne peut cependant s’empêcher d’imaginer ce qu’auraient pu donner ces compositions avec des parties rythmiques plus bigarrées. Quant aux influences perceptibles, à commencer par The Black Dahlia Murder, elles semblent un peu trop prononcées à mon goût. Alors vous l’aurez saisi, ce disque est une cascade de riffs mélodiques, le tout souvent joué à une vitesse telle que si le permis à point musical existait, il n’est pas certain que les gars d’Alterbeast pourrait encore interpréter leurs morceaux. La formation se paie même le luxe de reprendre un titre culte de Dissection, "Where Dead Angels Lie", pas trop mal, mais tout de même à des années lumières de l’original, notamment en termes d’ambiance.

Feast est comme un banquet. Alléchant à première vue, il s’avère un peu trop difficile à digérer. Pas assez de variété au menu pour combler les attentes de tous. Les mets sont bien présentés, mais manquent souvent de saveur. Nul doute cependant que ceux qui goûtent aux libations puissantes et enlevées avec une grosse louche de mélopées, dégusteront avec plaisir cette œuvre.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6