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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 21 mars 2018
Sa note : 14/20

LINE UP

-Madeleine "Eleine" Liljestam
(chant)

-Rikard Ekberg
(chant+guitare)

-Sebastian Berglund
(claviers)

-Andreas Martensson
(basse)

-David Eriksson
(batterie)



TRACKLIST

1) Story Untold
2) Echoes
3) Sanity
4) From the Grave
5) Whisper my Child
6) Until the End
7) Please
8) Another Rite
9) Hell Moon (We Shall Never Die)
10) Prelude-Arise
11) Break Take Live

DISCOGRAPHIE

Until the End (2018)

Eleine - Until the End
(2018) - metal symphonique - Label : Black Lodge



Les clichés ont-ils toujours la vie dure ? Groupe de metal symphonique suédois, Eleine parle de la mort, de la vie de la religion, ses membres forcent sur le maquillage noir. Tous les ingrédients sont ici réunis. Dans un style qui implose au fil du temps, chaque nouveau groupe, chaque nouvelle écoute, débouche sur de la déception, au mieux du passable.  Mais, comme dirait l’autre, l’espoir fait vivre, et il faut rester à l’affût d’une nouvelle trouvaille. Suite à l’écoute du single "Hell Moon" courant 2017, mon oreille m’a dit, tiens, tentons cette formation, y’a peut-être un fort potentiel ! C’est ce que nous allons vérifier.

Eleine est un groupe fondé en 2011 par la chanteuse Madeleine Liljestam, rejointe un an plus tard par le guitariste Rikard Ekberg. La demoiselle fut par le passé modèle. Alors qu’ils commencent à travailler sur leur projet, ils sont rejoints par le reste des musiciens fin 2013 et sortent leur premier single "Gathering Storm" en avril 2014. Celui-ci sera suivit en 2015 par leur premier album, Eleine. Ils signent ensuite sur le label Black Lodge et commencent à composer leur seconde livraison. Le groupe a eu également l’opportunité de faire la première partie des concerts de Moonspell, Europe ou encore WASP. Finalement, c’est en mars 2018 que sort la nouvelle mouture des suédois, Until the End. Un mot sur le visuel (j’y accorde généralement une relative importance): digne d’un groupe de metal gothique, mais qui se veut sobre et assez mystérieux. A l’écoute de ce nouvel effort, on note directement une bonne qualité de production et qu'aucun instrument n’est en retrait.
Le premier extrait, "Story Untold", donne clairement le ton. C’est très symphonique et très travaillé. Introduction très Nightwishienne, grosse présence de l’orchestre. Alternance entre une voix lyrique et des grunts, dans un rythme assez lourd. La suite passe clairement la vitesse supérieure. "Echoes" et l’excellent single "Sanity" sont deux tubes. Plus rapides, lignes de chant agréables, sans en faire des caisses, toujours cet énorme travail au niveau de l’orchestration, grunts et riffs puissants pour le second cité. La bande de Landskrona frappe fort.  Le dernier tiers du disque est au niveau de premier. "Until the End", "Another Rite" et "Hell Moon" apportant également leur lot de bonheur aux amateurs du genre. Intros qui font mouche, refrains qui restent en tête, breaks inspirés, changement de rythmes, toujours grâce à ce fameux orchestre. Les grunts apportent toujours un plus et sont bien exécutés de la part de Rikard. L’album se permet même le luxe de terminer par un titre prometteur pour la suite: "Break Take Live". Ce morceau, aux sonorités beaucoup plus modernes, avec un côté « électro » sur l’intro, mais extrêmement puissant, où les grunts sont les plus mis en avant.
Malheureusement, le disque ne récoltera pas un coup de cœur car des améliorations sont nécessaires pour le futur. Le second tiers de l’album est beaucoup plus faible que le reste, ses compositions se copiant les unes les autres malgré de belles choses. De plus, si la voix de Madeleine est très belle, un peu plus de variations sont attendues pour la suite. Enfin, et comme quatre-vingt dix pourcent des groupes de metal symphonique de ces dernières années, l’exercice de la ballade ("Please") récolte un zéro pointé tant elle ne marque absolument pas son auditeur, même après une dizaine d’écoutes. Mais au final, on retient surtout du positif. Un gros travail de composition, des références marquées - quand Nightwish, Epica et Lunatica (ok, là je parle aux puristes) se rencontrent - tout en s’en détachant, le tout accompagné de maîtrises vocales et instrumentales.  En espérant que le futur gomme les petits défauts, et là on pourra espérer qu’Eleine reprenne le flambeau du metal symphonique.


Eleine l’a fait. Cette récente formation nous offre un second album tout simplement réussi. Alors oui, les suédois n’inventent rien, l’album souffre de quelques défauts et longueurs, mais on leur pardonnera pour la simple et bonne raison qu’ils maîtrisent parfaitement leur sujet. Le travail sur les orchestrations est impressionnant. Les suédois ne font pas que copier, ils transforment, prennent quelques risques et nous entraînent dans leur sillage. Est-ce qu’ils arriveront à le faire « Jusqu'à la fin », c’est tout ce qu’on leur souhaite. Si la bande arrive à franchir un nouveau palier pour le troisième album, nul doute qu’ils y parviendront.


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