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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 21 mars 2018
Sa note : 11/20

LINE UP

-F.
(chant)

-J.
(guitare+basse+batterie)



TRACKLIST

1) Douce dame jolie
2) Mourir à Metz
3) Malmoth
4) Apocryphe

DISCOGRAPHIE

Apocryphe (2017)

Loth - Apocryphe
(2017) - black metal atmosphérique - Label : Vendetta Records



Fut un temps, sortir un album tenait de l'exception, voire de la consécration. Pour la plupart des groupes ou artistes cela signifiait s'être illustré suffisamment pour obtenir les moyens d'entrer en studio et de produire un format long et abouti. La technologie se démocratisant, ce qui tenait autrefois de l'ordalie est devenu aujourd'hui la norme et chacun peut y aller de son petit disque après avoir judicieusement pira... acheté quelques logiciels. De cette démocratisation vient un flot de sorties qui a touché presque chaque genre, chacun se piquant d'imiter ses idoles. Une manie n'ayant pas épargné le courant du black atmo, puisque la hype autour des WITR, Agalloch et autres Negura Bunget a été très forte au cours de la décennie passée, entraînant sans surprise une vague de clones plus ou moins talentueux. Au milieu du torrent de sorties de ce genre, peu arrivent à se démarquer et créer durablement l'enthousiasme, le seul venant immédiatement à l'esprit récemment étant Saor. Il est donc nécessaire de fouiller et donner sa chance à tout un chacun pour espérer dégotter quelque perles. C'est dans cet esprit que je me lançais dans l'écoute de ce second opus des Messins, sans réel a-priori.

Dans la lignée désormais établie des formations françaises qui s’affichent fièrement avec des sonorités et une imagerie médiévale, le deuxième album de Loth débute par une chanson du quatorzième siècle, que l’on doit à Guillaume de Machaut. Un choix qui ne choquerait pas si l’image renvoyée par le groupe correspondait en actes à cette mode, mais qui tranche ici avec la volonté de se perdre dans les bois affichée par la pochette aussi bien que le reste du disque. En effet, le propos est ici, en dehors de cette introduction bigarrée, essentiellement concentré sur un black metal à tendances atmosphériques, ceci tenant principalement à la finition sonore. Concernant la production approximative, difficile de savoir avec certitude si elle est voulue ou si elle résulte uniquement d'un manque d'expérience avec les techniques de studio. Le groupe étant relativement jeune, on aurait plutôt tendance à pencher pour la seconde option. Néanmoins, celle-ci ajoute un certain charme à la musique du duo qui, bien que pas forcément toujours des plus compréhensible, se transcende par moments au travers de ce prisme bruitiste.
Néanmoins, le tableau n’est pas tout noir, et ce que proposent les Messins regorge d’idées intéressantes, en plus d’être relativement immersif. Malgré son imperfection et son manque occasionnel de clarté, la production participe à l’escapade champêtre, avec un aspect monolithique fondant les instruments en un seul bloc, qui correspond à ce qu’essaye de faire passer la musique. Le manque de travail sur certaines transitions est cependant à déplorer, à l’exemple du premier changement de "Mourir à Metz", assez abrupt, qui fait passer d’un riff furieux à un mid-tempo plus épique sans réelle préparation. De même pour le passage du domaine électrique au domaine acoustique, pas toujours bien amené. Pas de quoi ternir durablement un effort honnête sans être révolutionnaire cependant, qui parvient à allier mélodies épiques et ambiances boisées, sans pour autant faire de grand écart stylistique. De ce point de vue, on saluera la qualité de certaines lignes de guitare mélodiques, non sans rappeler les expérimentations cascadiennes lorsque les trémolos sont utilisés.


Pas révolutionnaire pour un sou, Apocryphe offre au moins un contenu acceptable, bien que l’on soit encore loin des chantres les plus méritants du genre. Effort encourageant, il laisse présager des albums de qualité, pour peu que le groupe accepte de parcourir docilement la marge de progression qui peut l’aider à s’améliorer, via un travail sérieux sur la forme des compositions qui gagneraient à ne pas être un simple collage de riffs.



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