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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 21 mai 2018
Sa note : 16/20

LINE UP

-Florian Lambert
(tout)

-Mickael Ratinaud
(chant)

TRACKLIST

1) Now
2) Watch Me Break The Neck Of Hypocrites
3) Spill Torrents Of Carcass On The Ground And Piss On Them
4) Till The Seventh Snake Eat Their Empty Shell
5) I'm A Symmetric Mass Of Hate
6) Trapped In A Gravitational Abyss
7) I'm The Great Herald Of Misery

DISCOGRAPHIE


Heptaedium - The Great Herald Of Misery
(2018) - metal prog inclassable à tendance chelou - Label : Apathia Records



Heptaedium, saison 5. Après une saison 3 des plus remuantes, la saison 4 nous avait pris à contrecourant avec une ambiance un peu plus noire et déprimante. A tel point qu’à l’annonce du tournage de la saison 5, et de sa sortie en mai 2018, on ne savait plus trop sur quel pied danser. Surtout avec une pochette de cet acabit.

Avant toute chose, définissons d’abord les termes. Nouvel EP ? Nouvel album ? Au final, quelle est la différence concrète entre ces deux entités ? La durée de l’album ? Le nombre de pistes ? Difficile à déterminer en ce qui concerne le deuxième critère, quand on sait qu’il existe des albums de black atmosphérique de deux pistes, et des EPs de grind-core qui en contiennent plus de vingt. Et en comparant les deux mêmes styles, il n’est pas improbable qu’il existe un EP de black plus long qu’un album de grind. En l’occurrence ici, on navigue entre deux eaux puisqu’il s’agit d’une œuvre de vingt-six minutes pour sept morceaux. Libre à vous de le classer selon votre envie. Soyons fou et qualifions ce Great Herald Of Misery de mini-album ! Une fois les bases établies, nous voilà fort bien avancés. Qu’est-ce que Florent Lambert a encore pu nous réserver comme incongruité ?
Si le label reste inchangé, le skeud sortant par l’intermédiaire d’Apathia Records, et que la durée de l’album n’excède toujours pas la demi-heure pour sept titres, il y a bien un élément primordial qui est venu se greffer au procédé du parisien. Et pas des moindres, puisque vous avez devant vous le premier effort d’Heptaedium qui incorpore une voix. Oui, vous avez bien lu, il y a un chanteur. Mickael Ratinaud, limougeaud de son état, officiant déjà dans le groupe de metal moderne Oestre. C’est même ce dernier qui s’est occupé de l’écriture des paroles teintées d’un mélange de haine et d’informatique. En outre, vous aurez aussi pu remarquer que les titres des morceaux forment une phrase, phrase qui sera la dernière prononcée dans ce skeud, à l'intérieur du titre éponyme (vous avez suivi ?).
Le maître-mot dans ce disque de sept titres, est composé de sept lettres (tiens tiens, ce fameux chiffre qui nous suit depuis le début, serait-ce un complot ?) : violent. Non, il ne suinte pas la violence comme peut le faire un Marduk, un Disfiguring The Goddess ou un Last Days Of Humanity, mais il le fait fort bien à sa manière par l’intermédiaire de riffs post-black comme nous en fournit l’introduction "Now", précédés par des éléments atmosphériques, comme nous le propose la piste 4 avec beaucoup de polyrythmie et de changements de rythme soudains, le tout à nouveau accolé à des éléments électro donnant une ambiance à la frontière de l’angoisse, ou comme nous le met en pleine tronche le titre 5 avec son rythme de début effréné, suivi d'une grosse cassure, un break et une reprise lente, avant d’enchainer à nouveau sur le riff de début.
La voix de Ratinaud va également dans ce sens puisqu’on décèle très vite une forte influence de la part de Jens Kidman, le vocaliste des suédois fous de Meshuggah. Le flow est certes différent, mais le timbre est extrêmement proche. D’ailleurs la comparaison avec les Scandinaves ne s’arrête pas là, puisque la chanson 2 en contient une forte dose. Notre parisien ne fait pas non plus dans le bourrin non-stop, en témoigne la track 3, marquée par l’inspiration de deux groupes, celles des autres suédois de Vildhjarta, mais également des américains d’A Life Once Lost dans leur période actuelle avec Ecstatic Trance. Original et appréciable. Nous avons également le droit à une chanson mid tempo contrastant avec le reste de l’œuvre, nous tirant vers une légère nostalgie, juste avant d’enchaîner sur le dernier morceau, que nous appellerons ici « bloc indigeste ». Pourquoi donc ? Car huit minutes trente pour un album qui en contient vingt-six, déjà, c’est trop. Un tiers de l’album pardi ! Prenez un masque et un tuba pour survivre car l’artiste vous lâche la main en pleine mélasse et vous n’aurez plus aucun repère. C’est bien évidemment le but de ce final, et c’est fortement réussi, car la sensation de trop plein est parfaitement atteinte. Petit rappel, le numéro des pompiers est le 18, celui du SAMU le 15.


Peut-on qualifier The Great Harald Of Misery de « disque de la maturité » ? Il est peut-être trop tôt pour le dire, mais ce qui est sûr, c’est que Florent Lambert semble avoir trouvé son orientation musicale. La voix n'est peut-être que de passage, mais les éléments 8-bits sont bien loin derrière lui. Ne subsistent que quelques éléments électro discrets mais nécessaires à sa musique, qui le suivront tout au long de sa carrière, car faisant un minimum partie de son identité. Le geek a désormais laissé place à la bête violente.


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