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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 17 mars 2018
Sa note : 14/20

LINE UP

-Maitiu O Héanu
(chant)

-Ronan O'Harrachtain
(guitare)

Ciaran De Burca
(bouzouki+feadog)

Ana Carolina Hatschbach Cardon
(fiddle)

-Thomas Doherty
(basse)

-Lisa Howe
(batterie)

TRACKLIST

1) Bultur Maru
2) Sionnach Damnu
3) Fhoinuisce
4) Reithe Toghla
5) On The Ground
6) An Seabhac
7) Parting Glass

DISCOGRAPHIE


Na Cruithne - Gairm An Fhiantais
(2017) - folk irish - Label : Auto-production



Un jour de Saint-Patrick, quoi de mieux que de partir à la découverte d’un groupe irlandais ? Comment ça une bonne bière ? Les deux ne sont pas incompatibles. Mais avant de décoller vers la côte ouest de l’Irlande et la ville portuaire de Galway, apprenez déjà à prononcer le nom de la formation. Phonétiquement, ça donne « Na Crounya ».

Rendons donc hommage aux Cruithnes, ce peuple souvent évoqué comme étant l’un des premiers occupants des terres irlandaises, continent météorologiquement capricieux. Si vous connaissez peut-être – voire sûrement – certaines formations de folk metal irlandais comme Cruachan (folk, création en 1992), Celtachor (folk black, création en 2007) ou le plus célèbre et ancien Primordial (folk black, création en 1987), il y a en revanche moins de chance que vous ayez eu vent de Na Cruithne. Tout simplement car Gairm An Fhiantais est leur premier effort, et il date de 2017, malgré une naissance en 2012, année de l’apocalypse imaginaire. Après avoir constaté que les habitants de Bugarach s’étaient fortement fourvoyés, le sextet de Galway s’est mis à l’écriture de cet album de sept titres, pour à peine plus d’une demi-heure.
Alors oui, incontestablement et logiquement, vous retrouverez chez les six acolytes, la parfaite recette pour se sentir plongé dans l’île d’émeraude. Puisque hormis les instruments classiques que sont la batterie – tenue par une femme en la personne de Lisa Howe, excusez du peu – la basse et la guitare, vous pourrez compter sur la présence d’instruments folkloriques gaéliques, comme un sublime et majestueux « fiddle » (un violon d’utilisation plus « populaire » que le « violin ») – dirigé également par une femme, Ana Carolina Cardon – d’un « bouzouki » irlandais (d’origine grecque, mais introduit en Irlande par erreur en 1960 - quand un Alec Finn a demandé à un ami de lui rapporter de Grèce un luth et qu'il s'est retrouvé avec un bouzouki à trois choeurs), ainsi que d’un « feadog » (flûte irlandaise à six trous). Greffés aux autres styles que pratiquent la bande, que sont le death, le groove et le black, cela donne un mélange admirablement mélodieux et envoûtant.
Même si la qualité n’est pas optimale, elle n’enlève rien au folklore de Na Cruithne, ayant même tendance à rendre le tout plus authentique. Chaque titre met plus ou moins en avant un instrument, comme le fiddle sur l’ouverture de "Bultur Maru" et le break de "Fhoinnuisce", le bouzouki sur le début "Sionnach Damnu", le feadog dans "Reithe Toghla", ou encore le chant a cappella d’Ana Carolina Cardon dans l’introduction de "Parting Glass", inspiré directement du chant traditionnel irlandais Sean-nos. Et si vous voulez un peu d’émotion parmi toute cette joie de vivre, arrêtez-vous sur "On The Ground" et sa ligne principale au fiddle tout simplement enchanteresse. Enfin, il est à noter que cinq compositions sur sept sont intégralement interprétées en gaélique. Seules "On The Ground" et "Parting Glass" le sont dans la langue de Shakespeare. Malheureusement pour les curieux assoiffés de connaissances linguistiques, les paroles sont introuvables sur le net. Il faudra donc vous rabattre sur les titres des chansons pour savoir de quoi causent les six farfadets de la verte Erin.


Commencer une journée de la Saint-Patrick avec l’écoute de ce Gairm An Fhiantais, est le meilleur moyen de vous immerger directement dans l’ambiance festive du tigre celtique. Un poil court pour permettre de découvrir ce folklore en profondeur, c’est en revanche une parfaite mise en bouche. En parlant de mise en bouche, vous pouvez au passage féliciter un chroniqueur qui a réussi à parler d’un groupe irlandais sans placer le mot « Guinness ». Et zut. . .



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