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CHRONIQUE PAR ...

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Baptiste
Cette chronique a été mise en ligne le 05 mars 2018
Sa note : 12/20

LINE UP

-Nature Ganganbaigal
(chant+morin khuur)

-Ulziimuren
(chant+morin khuur)

-Patrick Reilly
(guitare)

-Ray King
(basse)

-James Knoerl
(batterie)

TRACKLIST

1) And Darkness Continues
2) Cian-Bi (Fight Your Darkness)
3) Our Ancestors
4) Strength
5)
Chasing My Horse
6) Electric Shaman
7) Ride Into Grave and Glory (War Horse II)
8)
Redefine
9) A Drop of the Blood, a Leap of the Faith
10) The Old War
11) One Tribe, Beyond Any Nation
12) Just Forgive
13) One-Track Mind
14) You And I, Under the Same Sky
15) Sitting in Circle

DISCOGRAPHIE

Cian Bi (2018)

Tengger Cavalry - Cian Bi
(2018) - folk Nomad folk metal mongol - Label : Napalm Records



Si les échos de la scène metal asiatique peinent à nous parvenir, ce n'est pas faute de formations mais plutôt en raison d'un accès à nos frontières parfois difficile. Nous ne pouvons alors que nous réjouir lorsque Napalm Records propose un groupe originaire des… États-Unis. N’en déplaise, Tengger Cavalry produit du « nomad folk metal », sous influence mongole. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça nous change de notre folk metal occidental. Mais en moyennement bien.

Créé par son leader et unique membre permanent, Nature Ganganbaigal (Nature G. pour les intimes), Tengger Cavalry existe depuis 2010 et livre avec Cian Bi son… quatorzième album. Rien que ça. Mais alors Jamy, qu’est-ce que le nomad folk metal/folk metal mongol ? C’est tout simplement du folk metal (jusque là on est bon) mais avec des instruments traditionnels mongols. Personne ne l’a vu venir celle-là. Mais le petit plus, le petit effet waouh, c’est le chant diphonique. Eh oui madame. Bon, si on ne sait pas ce qu’est le chant diphonique, l’effet waouh tombe à l’eau. Non pas que je remette en doute vos connaissances, mais pour ceux qui seraient moins cultivés que vous je vais l’expliquer : c’est la capacité à créer deux notes différentes, donc deux lignes de chants avec ses cordes vocales. Et les Mongols sont des spécialistes de cette technique qui est beaucoup utilisée dans leur musique traditionnelle. Ça permet ainsi de mettre un effet sur sa voix. Et quel effet ! Quelque chose comme un robot enroué. Quoi ça vous fait pas rêver ? Pour être sérieux, ça donne une voix très impressionnante, mais ne permettant pas de grandes variations de tonalités. Créant ainsi un chant assez linéaire sans peu de variation. Donc certes, c’est plutôt cool… au début. Passé quelques titres, ça devient ennuyeux. Les compositions les plus intéressantes sont d’ailleurs celles qui ajoutent un chant clair au chant diphonique amenant par la même une mélodie plus franche, à l'instar de "Strength".
Et c’est ça le vrai point noir (allez, pas noir mais gris foncé quand même). On a une guitare beaucoup trop en retrait, trop absente. On la cherche parfois. Et quand elle se fait lead, les riffs sont sans grand intérêt. On peut remercier le morin khuur, l’instrument traditionnel qui fait tout le boulot pour donner une âme à ces musiques. La guitare a pour objectif de fixer une direction et un tempo. Quand elle ne remplit plus son contrat, on se demande à quoi elle sert. Sur Cian Bi sa présence est surtout là pour donner plus d’épaisseur, de poids. Mais c’est tout. D’autant qu’on est sur du mid-tempo durant la quasi totalité de l’écoute. Seules quelques pépites viennent de temps en temps vous rappeler qu’un autre rythme existe (l’intro de "Redefine"). Sans parler de cette batterie tout aussi robotique. Le son est tellement étouffé qu’on est pas loin d’appeler la police pour tentative d’assassinat. Cette double-pédale qu’on entend du début à la fin (c’est ce qui ressort le plus, ne me demandez pas pourquoi) a un son tellement sourd qu’elle va vite vous agacer.
Je le redis, mais heureusement qu’il y a le morin khuur. C’est le seul son agréable qui pose une ambiance ou une émotion lors de ses apparitions. "One Tribe Beyond Any Nation", "Our Ancestors" ou encore "Chasing My Horse" font partie de ces chansons qui sont sauvées grâce au morin khuur. Car même si sa présence est faible, chaque intervention est tellement bien composée que ça en fait l’élément le plus important. Au rayon du bonheur on trouve également "Cian-Bi" (qui fit office de single) sur lequel alternent avec réussite les passages rapides et plus calmes. Comme cité précédemment, "Strength" et sa violence en font la plus grande réussite de cet album, quasiment ex-æquo avec "Ride into Grave and Glory (War Horse II)" dont vous retiendrez aisément les paroles. Le dernier élément à retenir est que vous n’aurez entendu ça nulle part ailleurs. Il y a indéniablement une grande qualité dans la composition (pas toujours dans sa réalisation) et l’identité mongole est forte. Elle donne du charisme et de la valeur et nous permet d’entendre quelque chose de frais et de nouveau.

Tout ceci fait de Cian-Bi une œuvre passable contenant malgré tout certaines choses très positives. Que ça ne vous repousse pas d’écouter un peu de folk metal mongol car si le premier abord manque de séduction, ça vaut quand même la peine de s’y intéresser, ne serait-ce que parce que Tengger Cavalry n’est pas le seul groupe existant. Et pour la petite histoire, la formation a annoncé sa séparation quatre jours après la sortie de cet album, suite à des problèmes juridique avec leur ancien label, semblerait-il. Allez, m’en vais expliquer de manière prétentieuse à tout le monde ce qu’est le chant diphonique alors que je ne le savais pas avant cette chronique.


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