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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 05 mars 2018
Sa note : 16/20

LINE UP

-C.
(chant)

-E.
(chant+guitare)

-S.
(guitare)

-D.
(basse)

-O.
(batterie)

TRACKLIST

1) Pestilens
2) Förlorad
3) Existensens Skugga
4) Legion
5) Martyrium
6) Deceptis
7) Evigt Morker
8) Terra Mater
9) Avslut

DISCOGRAPHIE

Deceptis (2018)

Avslut - Deceptis
(2018) - black metal - Label : Osmose



Certaines formations mettent de longues années à accoucher d’un disque réussi. La recherche et l’agencement de différents éléments qui donnent lieu à une alchimie remarquable peuvent s’avérer interminables. Parfois, à l’inverse, des groupes sortent un premier opus qui témoigne de grandes qualités, avec une facilité bluffante.

Avslut, qui nous vient de Suède, fait partie de cette seconde catégorie. En moins de deux ans, ce groupe entend faire parler de lui et espère s’affirmer d’emblée comme l’une des pointures du black scandinave. Formé par des personnes ayant fait leurs armes dans des formations stockholmoises assez obscures, Avslut a décidé de se vouer corps et âme à un black somme toute classique, mais ô combien plaisant. En quarante-trois minutes, le quintet prouve au monde entier sa capacité à proposer des morceaux typiques du style, qui rappelleront une période qui semblait révolue. L’ensemble évoque en effet des sonorités que l’on pouvait entendre dans les années 90, époque où certains grands noms occupaient le devant de la scène. L’on pense inévitablement à Dark Funeral. A raison, tant les compositions usent des mêmes principes, que l’on pourrait résumer de la sorte : violence, rythmes enlevés et mélodies bien senties. Une fois ce constat fait, il est aisé de comprendre que nous avons affaire à un disque qui plaira assurément aux amateurs du style. Tout est travaillé, peaufiné pour aboutir à une sortie appréciable. Quant à ceux qui n’ont jamais apprécié le black de ce royaume, qu’ils passent leur chemin. Rien ne trouvera ici grâce à leurs oreilles.
Les écoutes se suivent, de nombreux détails se font jour et placent Deceptis dans les bonnes surprises de ce début d’année 2018. Les titres solides ne manquent pas. "Martyrium" fait montre du talent de ses géniteurs. Mélodique, puissant et agressif, il offre des changements de tempi maitrisés. Et que dire de l’excellent "Terra Mater" et de son riff principal qui vous prendra à la gorge et s’insinuera durablement dans votre esprit ? L’ensemble, concentré de violence, s’avérera des plus jouissifs et rappellera à tous que les Suédois ne sont pas ici pour faire de la figuration. Les vocaux de C., éructés dans sa langue maternelle, sont possédés et s’accordent parfaitement avec le déluge de férocité déversé par ses camarades. Passant de parties enlevées à d’autres plus lourdes, le combo varie son propos, éliminant au passage tout élément superflu, pour ne garder que l’essentiel. Sans jamais alourdir son propos, Avslut réussit à ne jamais éveiller l’ennui. Les minutes défilent naturellement, avec une fluidité impressionnante. L’ambiance qui se dégage des neuf pièces présentées ici est, vous l’aurez compris, sombre au possible. Le quintet distille une aura lugubre grâce à un travail de composition très abouti, aidé par une production moderne qui lui rend justice.


Avslut n’aura pas attendu longtemps pour faire parler de lui. Avec ce premier album, les Suédois prouvent leur amour du black maternel. Deceptis ravira les aficionados du genre, à n’en point douter. Et s’avérera être, espérons-le, la première pierre d’une discographie marquée du sceau de l’excellence. En attendant, délectez-vous de cette excellente sortie, brutale et mélodique.



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