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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 04 mars 2018
Sa note : 12/20

LINE UP

-LM
(chant+guitare)

-AM
(batterie)

TRACKLIST

1) The Grace of the Dark
2) Contrition
3) Poisoned
4) Just Remember
5) Eden
6) Dreaming the Inverse
7) Death and the Master
8) Prison of Thought
9) For a Black Tomorrow

DISCOGRAPHIE


Deathwhite - For a Black Tomorrow
(2018) - dark metal tantôt doom tantôt dark tantôt melo - Label : Season Of Mist



Il y a des groupes, que l’on ne connait pas mais qui respirent le mystère. Vendu comme du dark metal mélodique et proposant un visuel des plus somptueux, For a Black Tomorrow , premier album des Américains de Deathwhite, donne envie d’y plonger sans retenue et découvrir ce que ces derniers proposent : auront-ils la capacité d’apporter de la nouveauté à un genre déjà surchargé de collectifs allant du très moyen à l’excellent ?

Formé à Pittsburgh (Pensylvanie, Usa) au début des années 2010, Deathwhite nous livre en ce mois frigorifique de février 2018 son premier album, For a Black Tomorrow et ce après deux premiers EP (Ethereal, 2014 et Solitary Martyr, 2015). Le groupe se compose d’AM (batterie) et LM (chants, guitare). Ce qui peut paraître surprenant quand les photos promos du duo nous montrent trois membres (cachés sous une capuche). Pseudos mystérieux, pochette sobre et classe, distribué par un label reconnu (Season of Mist), nom de scène et d’album sombres : les caractéristiques entourant cette sortie n’apportent qu’impatience et envie. Autant le dire de suite, le désenchantement arrive très vite, trop vite. Effectivement, le premier titre "The Grace of the Dark" propose un mid tempo assez surprenant pour une ouverture, ce qui met l’auditeur vite en retrait dans son écoute. La batterie est clairement mise en avant, et ce tout au long des neuf morceaux. La formation se perd vite dans un mélange des genres assez déstabilisant. Tantôt Doom à la Katatonia, tantôt Gothic à la To/Die/For, tantôt Dark mélo à la Lacrimas Profundere période Ave End et ce dans les mêmes morceaux. Le combo se retrouve alors le c** entre deux, voire trois chaises, ce qui met relativement mal à l’aise tant les transitions dans certains morceaux comme "Contrition" ou "Dreaming the Inverse" choquent. Ce dernier possède pourtant un riff assez appréciable. L'une des explications (et surtout pour ces deux pistes) est à rechercher du côté du chant. La voix de LM, assez stéréotypée du chanteur de néo metal américain, offre rarement de grands moments et se montre carrément poussive sur "Just Remember" ou "Death of the Master".
Rassurez-vous, tout n’est pas à jeter dans cet opus, ce dernier renferme aussi de très bonnes surprises et des espoirs pour l’avenir. En effet, la section de la Cité d'Acier n’hésite pas à prendre des risques sur certains passages. On peut citer l’apport d'une guitare acoustique sur "Poisoned", troisième titre de ce For a Black Tomorrow et qui permet de sortir de sa torpeur après deux premiers morceaux décevants. Comme citée plus haut, la mise en avant de la batterie, clairement un parti pris, apporte son lot de bons moments. Le duo américain livre également deux pistes extrêmement réussies sur ce premier LP. "Prison of Thought" nous offre un doom metal proche de certains Katatonia. Sur ce morceau, l’équilibre voix-guitare-batterie est le plus respecté de la réalisation, la voix de LM est posée et ne cherche pas des notes qu’il n’arrive pas à atteindre. Les transitions entre les différentes parties du morceau se fondent naturellement et on ne peut qu’apprécier ce moment. On citera également le magnifique "Eden", composition la plus calme qui met enfin en valeur la voix du chanteur. On sent la tragédie et la tristesse transparaître tout au long de cette séquence et on se surprend à revenir au titre une fois celui ci terminé. Comme "Prison of Thought" on aime la ligne directrice du morceau qui ne se perd dans une multitude d’influences. Au final, on sent un groupe avec des idées, un certain talent, mais complément perdu dans un tas de références. Pour une première livraison, cela reste honnête. Cependant on est en droit de leur demander un peu plus d’originalité et de se démarquer à l'occasion de leur second album. Le potentiel est là en tout cas.


Malgré un départ en demi teinte, For a Black Tomorrow arrive tout de même à captiver l’auditeur grâce une maîtrise instrumentale irréprochable, des passages tantôt mélodiques tantôt pesants qui font mouche. Néanmoins, le tout est mélangé dans un grand nombre d’inspirations et de genres, ce qui donne un gloubi-boulga de dark-melo-gothic-doom metal qui nous perd à de nombreux moments. L’histoire ne fait que commencer et Deathwhite a tout intérêt à épurer ses compositions. Ils en ont clairement les moyens et j’attends avec impatience une seconde livraison.



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