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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 20 février 2018
Sa note : 15/20

LINE UP

-Alexey Lapshov
(chant)

-Skilar Blackwings
(tous les instruments)

TRACKLIST

1) The Flame of Purification
2) Halls of  Chernobog
3) Dragons of the Sea
4) To Each His Own
5) Before Belobog
6) Night of the Black Wings
7) Raven and Oak
8) Icebound Faces
9) Worlds of Dead Birds

DISCOGRAPHIE

Heathenland (2018)

Regnat Horrendum - Heathenland
(2018) - black metal pagan - Label : Autoproduction



-Papy, tu me racontes une histoire ?
-Bien sûr ma chérie… T’ai-je déjà parlé du jour où j’ai été décoré de la croix de f…
-Papy… une histoire pour dormir… avec des sorcières, des guerriers… des choses comme ça, tu vois...
-Ah oui… bien sûr… La suite des aventures de Baba Yaga par exemple…
-Oh oui !
-Oui, Baba Yaga, j’aime beaucoup parler d’elle, de sa sauvagerie. C’est exaltant ! C’est…
-Papy…
-Quoi encore, mon trésor ?
-Ton bras droit. Laisse le tranquille…


Vous aimez le metal pictural, si typique des pays de l’Est ? The Jilemnice Occultist, de Master’s Hammer. vous a marqué à vie, avec ses voix grotesques, son côté opérette black metal improbable ? Vous ne crachez pas sur un peu de pagan metal, le soir en revenant du travail ? Il est fort à parier que ce Heathenland, fruit du travail de Regnat Horrendum, œuvre de musiciens… comment dire… engagés, mais qui ont le bon goût de ne nous épargner, sur ce projet, la vision de symboles détournés de leur signification profonde depuis la fin du premier tiers du XXème siècle par des agités en chemise brune, est fait pour vous. Au programme, pas de propagande donc, mais une immersion dans des paysages musicaux grandiloquents et outranciers, construits à base de claviers de la marque « tsoin tsoin », de voix éraillées évoquant sorciers, monstres et autres personnages classiques de l’imagerie fantastico-païenne, sur fond de guitares black metal. L’album démarre sur les chapeaux de roues avec trois morceaux du tonnerre de Dieu (lol), où tous les éléments évoqués plus haut se conjuguent de manière symbiotique pour produire un gros quart d’heure d’un conte pour enfants vraiment pas sages, extrêmement convaincant.
Les vocaux possédés d’Alexey s’y marient parfaitement à l’atmosphère maléfique, mais non dénuée d’une certaine nostalgie – surtout sur "The Flame of Purification"- crée par les claviers, à tel point que l’auditeur pense tenir là la réincarnation musicale et métallique de la fameuse Baba Yaga, si chère à la petite fille de l’intro. Las, le meilleur de l’album est passé et si le binôme russe se reprend, après deux titres assez faiblards –"To Each His Own" et, dans une moindre mesure "Before Belobog"- il ne retrouve pas tout à fait le niveau jouissif du début de l’histoire. La section (d'assaut ?) allant de "Night of the Black Wings" à "Icebound Faces" est toutefois digne d’intérêt, mais les titres ronronnent plus qu’ils n’épouvantent. Mention spéciale tout de même à "Raven and Oak" où les artistes, tels Madonna sur "Hung Up", arrivent à intégrer un clavier rappelant "Gimme, Gimme" d’ABBA –si, si, écoutez bien ! Ah ces lutins des pays de l’Est, ils sont facétieux…


Après un départ en trombe et trois chansons de très haut niveau, dans la veine du cultissime The Jilemnice Occultist, Heathenland perd un peu en intensité mais reste quand même un album fort délectable pour tout amateur de pagan metal typique d’un pays où Mussorgski a érigé la musique picturale en art majeur. Très recommandable donc.



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