17853

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 26 janvier 2018
Sa note : 11/20

LINE UP

-Protector
(chant+claviers+basse)

-Silenius
(chant+guitare+claviers+programmation)

TRACKLIST

1) Tar-Calion
2) Silvertine
3) Carcharoth
4) Herumor
5) Barrow-downs
6) Night Fell Behind
7) Mirklands
8) With Doom I Come

DISCOGRAPHIE


Summoning - With Doom We Come
(2018) - black metal - Label : Napalm Records



On ne demande pas à tous les groupes de se réinventer chaque matin. C’est comme les gens : certains, vont changer de look, naturellement, tous les deux jours – vous devriez me voir avec mon petit ensemble fuchsia, je suis à croquer. D’autres ont tendance à la constance vestimentaire. Non, soyons réaliste : ce qu’on demande aux groupes, surtout, c’est de la bonne musique, jouée avec passion. Deux mots clés, donc : qualité et passion.

Commençons par la passion. Ce With Doom We Come a-t-il été créé avec ardeur, avec la flamme d’un.,… je sais pas… Let Mortal Heroes Sing Your Fame, par exemple ? Non. En tout cas, ça ne transparaît pas. On pourra argumenter tant qu’on veut, ce début plan-plan, avec intro super longue, puis un "Silvertine" pas mauvais du tout, mais, quand même, vraiment très, très classique, ne respire pas l’enthousiasme et l’envie d’aller plonger tout nu dans le cratère où se baignent Sauron et Saruman. Ça sent plutôt l’administrateur. D’ailleurs, la qualité première de cet album, est à chercher aux antipodes de l’enthousiasme, puisqu’il s’agit d’un sentiment mélancolique, peut-être pas nouveau, mais en tout cas très exacerbé, sur les deux meilleurs morceaux de l’album : "Herumor" et "Mirklands", où l’on perçoit des accès de tristesse, plus proches de Trisomie 21 que des habituelles livraisons du duo autrichien. Donc bref, pour la passion, on repassera. Et point de vue qualité alors ? A-t-on tout de même à faire à l’une de ces œuvres fort plaisantes, exécutée par des types sûrs de leur force, qui se contentent de « gérer leur capital créativité » ? 
Eh bien… pas toujours, et c’est quand même vraiment sur ce point que le bât blesse. Si l’introduction d’une atmosphère morose vraiment poignante sur les deux morceaux cités auparavant relève de l’heureuse initiative, l’idée de Protector de verser dans la chansonnette fait passer Quorthon pour Plácido Domingo et ça, c'est une très mauvaise nouvelle. Les velléités du sieur Lederer - que j'idolâtre, musicalement parlant, par ailleurs - d’imiter le défunt leader de Bathory sont louables, tant Quorthon arrivait à nous émouvoir avec son timbre éraillé, mais malheureusement, le résultat est, ici, déplorable, à tel point que "Carcharoth" et le final "With Doom I Come" en sortent grandement amochés. Quand on connaît la beauté des clôtures d’album de Summoning, voir l’une d’entre elle gâchée par un chant aussi peyrave - il faut hélas appeler un chat, un chat - vous donne une sensation similaire à celle éprouvée quand vous trouvez une demi-douzaine de poils de cul dans la bonne soupe à l’oignon de votre grand-mère adorée. Quant à "Night Fell Behind", elle est carrément inécoutable. Bref, le mieux est encore de se faire sa sélection : "Tal-Calion", "Silvertine", "Herumor"  et "Mirklands"  à passer en boucle. Le reste, adios.

Le pire n’est pas l’absence de renouvellement, c’est le déplaisir. Heureusement que la qualité mélancolique de quelques titres compense en partie une certaine apathie et le gâchis provoqué par ce chant… euh… comment dire… non optimal, parce que sinon… Bref, voici la première (grosse) déception musicale de l’année.
 


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 3 polaroid milieu 3 polaroid gauche 3