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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 08 janvier 2018
Sa note : 17/20

LINE UP

-Paul Delanay
(chant+basse)

-Raeph Glicken
(chant+batterie)

-Jeremy Sosville
(guitare)



TRACKLIST

1) On Forgotten Ways
2) May Her Wrath Be Just
3) As Was
4) Nothing
5) As an Elder Learned Anew
6) Two Keys: Here's the Lock
7) The Way of All Flesh
8) Ultra

DISCOGRAPHIE

Hail Death (2014)
As Was (2017)

Black Anvil - As Was
(2017) - black metal mélodique - Label : Relapse Records



Les apparences sont parfois trompeuses, l’habit ne fait pas le moine, tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se… ah non, ce dernier poncif, non... Quand vous voyez le joli minois des types de Black Anvil, que vous lisez qu’ils ont joué dans différents groupes de hardcore new-yorkais - les mythiques Cro-Mags !! - et qu’avant de vous enfiler As Was pour la première fois, vous savez juste que c’est du black metal, qu’en concluez-vous ? A priori, la même chose que moi : on va avoir droit à un truc genre Mutilation Rites, bien vomitif, bien crusty, mais pas clown…

Biiip. Mauvaise réponse. Nouvelle série de clichés : malgré leur carapace, ils ont un cœur tout tendre. Ou encore : dans le fond, ils ne sont pas si méchants. La surprise est de taille : Black Anvil fait dans le black, certes, mais un black classieux, tellement mélodique qu’on jurerait que les artistes viennent de Suède. Un peu comme si un videur de discothèque vous récitait Les Chants de Maldoror avant de vous expulser du local où vous avez essayé de sortir Popol de manière impromptue. On ne peut s’empêcher de penser à Dissection, mais également à Wildernessking, et par conséquent, à Enslaved, en encore plus léché. Chœurs par-ci, breaks par là, phrasés de guitares über inspirés… As Was a été composé avec soin et n’a rien d’un pamphlet social hurlé par des gars prêts à faire la révolution. Oh bien sûr, la nouvelle œuvre de l’Enclume Noire n’oublie pas d’être agressive de temps en temps, il y a bien quelques blasts de bon aloi, mais cet As Was, sous couvert de black metal, est une ode au metal tout court.
Un metal chiadé, travaillé, poétique, qui se déploie le temps de sept titres de très haute qualité (plus un intermède, "The Way of All Flesh"). J’ai lu à certains endroits que l’on percevait de fortes influences thrash, ce qui me surprend un peu. Je suppose en tout cas qu’il s’agirait de références à un thrash/speed US mélodique, voire de groupes plus classiques comme Sanctuary – attention tout de même, le chant, lui est bien black - qu'à de la brutalité à la Sodom. Influences ou pas, des titres comme "As Was", d’une douceur étonnante ou "Nothing", plus vicieux, sont un vrai plaisir pour l’auditeur ayant faim de noires mélodies finement ciselées. "Two Keys: Here’s The Lock", et son introduction toute Pink Floydienne, est certainement le titre le plus élaboré de l’album, tandis qu’"Ultra" ressemble peut-être à ce que peut produire Ghost - je suis pas spécialiste, désolé - : un hommage version câlinou au grand cornu par le biais de chœurs impeccables, sur la forme tout au moins. Un reproche à faire ? L’album ne révolutionne pas le monde du metal. Comme 99,99999% des productions. Donc non, aucun reproche. Ce mets est exquis du début à la fin.


Sous les tatouages, la finesse. Le quatrième album de Black Anvil est le fruit de l'effort de types amoureux du metal au sens large. As Was bénéficie d’un travail de composition remarquable et son black mélodique est un régal pour nos oreilles. Évidemment, si vous cherchez du sale ou de l’ultra butal, passez votre chemin. Fuyez même. Courez ! On ne sait jamais : le goût pour les mélodies superbes mais très accessibles pourrait vous rattraper…




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