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CHRONIQUE PAR ...

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Baptiste
Cette chronique a été mise en ligne le 18 décembre 2017
Sa note : 13/20

LINE UP

-Georg Neuhauser
(chant)

-Chris Hermsdörfer
(chant-guitare)

-Fabio D'Amore
(chant+basse)

-Andreas Schipflinger
(chant+batterie)

TRACKLIST

1) Deus Lo Vult
2) United
3) Lionheart
4) Hero
5) Rising High
6)
Heaven
7) King's Landing
8) Eternal Victory
9)
Stand and Fight
10) The Fortress (of Blood and Sand)
11) Empire
12) My Fantasy
13) The Final Crusade

DISCOGRAPHIE


Serenity - Lionheart



Le metal symphonique a eu son heure de gloire dans les années 90, avec des groupes qui devinrent rapidement des références tels Nightwish ou Rhapsody. S’il est depuis tombé en désuétude, c’est la faute à de trop nombreux groupes qui ont cru qu’ajouter une orchestration suffisait à faire un album original et intéressant. L’histoire nous a prouvé le contraire. Et si aujourd’hui le symphonique se retrouve plus volontiers mélangé à d’autres styles comme le death ou le black, quelques groupes tentent vaillamment de lui rendre ses lettres de noblesses, avec plus ou moins de succès. Serenity fait partie de la première catégorie.

La difficulté de ce genre musical réside dans l’évolution. Car, comme indiqué dans l’intro, l’ajout d’un orchestre ne suffit pas à faire un album de qualité et on peut très vite tomber dans l’ennui face à des compositions vides et un manque cruel de talent. Il convient donc de trouver la bonne recette, des chansons qui sont de base accrocheuses, auxquelles on vient ajouter un orchestre… Si c’est sur ce dernier point que Serenity se démarque, c’est moins évident sur cet enregistrement. Ainsi, nos amis autrichiens reviennent moins de deux ans après l’excellent Codex Atlanticus avec Lionheart, épopée racontant l’histoire de Richard Cœur de Lion. Et peut-être n’ont-ils pas pris suffisament de temps pour le composer, tant il sonne comme un Codex Atlanticus-bis, mais en un peu moins bien. "Hero" pourra faire penser à "Sprouts of Terror", "Heaven" est proche de "The Perfect Woman", mais sans le léger grain de folie final. Côté émotion, on est plutôt servit. Chaque piste vous transporte et l’intensité est toujours là et rien que sur le titre "United", on est immédiatement embarqué. Serenity a compris que mettre des violons tout mielleux en permanence est pénible, c’est pourquoi il y a une bonne diversité dans les morceaux. Des titres speed qui cognent de la trempe de "Lionheart", "Rising High", "Eternal Victory" (qui sera surement une grande réussite en live tant le refrain est accrocheur) et d’autres qui sont plus calmes comme "Heaven" (l’habituelle ballade) ou "My Fantasy", oui. Et là où ça devient intéressant et où on se rend compte que Serenity est un groupe de qualité, c’est lorsque débarquent des éléments que l’on n'attendait pas: "Rising High" et ses couplets hard-rock, l’intro et l’ambiance doom-orientale de "The Fortress (of Blood and Sand)" et les growls sur "The Last Crusade" qui rendent la piste plus agressive qu’elle ne semblait au départ.
Pas grand chose à dire du côté de la production, si ce n’est que comme souvent dans ce domaine la batterie mériterait de sonner un peu moins propre pour donner plus d’épaisseur à la musique. Au chant, Georg Neuhauser ne fait pas une seule fausse note: il a cette qualité du chanteur qui a une grande voix, mais n’en fait pas un étalage en permanence. Côté guitare, Chris Hermsdörfer ne se prive jamais de sortir un joli solo, bien que souvent trop court. Rares sont les groupes de symphonique à avoir de bons guitaristes capables de faire des solos qui valent la peine d’être écoutés. Serenity peut se targuer d’en faire partie. Si la liste des griefs n’est certes pas longue, elle est quelque peu embêtante. Car on ressort de cette écoute avec un sentiment de déjà entendu. Et si les compositions sont de bonne facture, il n’est pas évident au début de les différencier entre elles, tant certaines sont proches les unes des autres, mais également avec celles de la précédente offrande. Et c’est là tout le problème du metal symphonique: ne pas utiliser la même recette, encore et encore. Car Serenity a l’étoffe des grands, et à chaque disque s’en rapproche un peu plus, mais il ne faudrait pas gâcher ce talent en se répétant.


Si ce n’est pas le meilleur album que les autrichiens nous aient pondus, il n’en reste pas moins agréable. On ne peut s’empêcher de se demander s’ils vont réussir à tenir cette qualité dans le temps, ou si leur meilleur niveau a déjà été atteint. Souhaitons qu’ils en aient encore en réserve.


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