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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 04 décembre 2017
Sa note : 14/20

LINE UP

-Andreas Stenlund
(tout)

TRACKLIST

1) Vägens slut
2) Själens vanmakt
3) Blinda dödens barn
4) Slagregn
5) Andetag
6) Till glömskan
7) Vemodet
8) Memento Mori

DISCOGRAPHIE


Harmdaud - Blinda dödens barn
(2017) - black metal pagan - viking - Label : Autoproduction



Il fut un temps où les one-man-band, c’était LOL. Évidemment, il y avait les exceptions, comme Burzum ou Mort… oui bon, Mortiis c’était un peu LOL quand même, mais pas trop. « One man band » rimait alors avec « misanthrope », « garage », « cutter » et « photocopies ». Forcément, la technologie etc. etc., vous connaissez l’histoire. De nos jours, nombre de projets extrêmement solides voire brillants sont l’œuvre de messieurs tout seuls. Andreas Stenlund est-il  un homme-orchestre de son temps, ou doit-on le ranger dans la catégorie « gag en solo », tel un fidèle héritier des bouses solitaires d’antan ?
Harmdaud, le projet du Suédois victime de cette chronique, n’a rien de risible. Rien non plus d’incroyablement et fantastiquement démentiel, mais tout de même, au vu de ce premier album, notre musicien adepte des plaisirs solitaires s’inscrit dans le mouvement d’amélioration de la qualité des sorties solos. Qu’avons-nous au programme ? Du metal pagan, black sur les bords, mélodique et guerrier au milieu. Blind dödens barn sait se montrer virulent, mais préfère tout de même faire la part belle aux mélodies, qu’on pourrait qualifier d’hymnes mélancoliques : les lignes musicales y sont simples, un brin grandiloquentes, comme bien souvent dans ce genre, mais se chargent également d’une certaine dose d’émotion – c’est vraiment patent sur les très bons "Slagregn" ou "Andetag". Même si le registre d'Harmdaud est beaucoup plus guerrier et beaucoup, beaucoup plus direct – le chant et l’agressivité se rapprochent de King of Asgard, voire d’Amon Amarth - certaines lignes peuvent rappeler, par leur douceur, les Norvégiens de Borknagar et leur sensibilité spéciale.
Andreas manie donc le feu et le baume tout au long d’un album homogène, tant par la qualité globale des titres, que par la durée, voire la structure. C’est sans doute sur ce point que Blind dödens barn atteint ses limites : sans être des copies conformes les unes des autres, les chansons se ressemblent grandement, excepté "Själens Vanmakt", le titre le plus catchy/groovy de l’album, mais pas forcément le meilleur. La structure se rapproche presque toujours du patron suivant : entame agressive, puis développement de la mélodie principale dans un climat plus apaisé, avant une éventuelle reprise des hostilités. Comme la qualité des compositions est bonne, on suit, mais on a du mal à crier au génie. A partir de "Till Glömskan", une certaine commodité d’écoute s’installe, et l’attention baisse forcément. Ce premier essai est néanmoins convaincant et propose un matériel intéressant aux brutes au grand cœur.


Le loup solitaire du jour s’en tire avec les honneurs. Son pagan metal aux relents épico-poétiques devra se diversifier un peu pour prétendre aux éloges réservées à ceux qui fréquentent les cimes du metal extrême, mais Blind dödens barn est d’un abord facile et permet de passer un bon moment. Encore un projet à suivre.

 
 



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