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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 02 décembre 2017
Sa note : 15/20

LINE UP

-Patrick Fitzgerald
(chant+basse)

-Julian Swales
(guitare)

-Roddy Lorimar
(trompette)

-Dan Goodwin
(batterie)


TRACKLIST

1) Railwayed
2) Quick as Rainbows
3) Hypnogenic
4) He Holds Her, He Needs Her
5) Polaroids
6) Gorgeous Love
7) Aspray
8) Drive That Fast
9) Within the Daze of Passion
10) Under the Sky, Inside the Sea

DISCOGRAPHIE


Kitchens of Distinction - Strange Free World
(1991) - pop shoegaze - Label : A&M



Membre de la première vague de shoegaze, Kitchens of Distinction en est même un des grands anciens, puisque son premier album est à dater de 1989. Passé relativement inaperçu, et pas vraiment remis sur le devant de la scène par un retour en 2013 avec sortie d’album à la clé, les Anglais ont donc un statut de groupe de D2 à réserver au connaisseur, malgré une musique très accessible. Pourtant, avec une signature sur un label de taille raisonnable, Strange Free World avait le potentiel pour les faire sortir de l’ombre…

Une influence assez prégnante des Chameleons se fait sentir tout du long, avec un son de guitare proche de celui que l’on peut entendre sur Script Of The Bridge et un aspect post-punk assez prononcé dans la batterie. "Railwayed" aurait pu sans problème figurer sur l’album mentionné ci-avant, copie parfaite de la musique pratiquée par leur prédécesseurs. Néanmoins, à la froideur et la monotonie du genre sus-cité, Kitchens of Distinction oppose un songwriting pop déchirant, porté par le chant de Patrick Fitzgerald, pas toujours juste, mais habité en permanence par un certain désespoir et une forte émotion. De ce point de vue, le tube imparable "Drive That Fast" se pose en étendard parfait, excédant largement le format pop radiophonique par sa durée, sans pour autant tomber dans les travers du remplissage, grâce à une utilisation intelligente des pédales d’effet pour varier les sonorités.
On reste ainsi loin du confort du mélange chorus, delay et reverb lambda. Le reste du disque peine néanmoins à renouer avec les sommets atteints sur ce titre, oscillant entre le très bon et, assez rarement, le plus anecdotique. "Polaroids" convainc difficilement, avec un solo de guitare qui aurait mérité plus de travail, afin de coller davantage aux capacités mélodiques du groupe, démontrées par "Gorgeous Love", entre autres. Pourtant, la variété des titres, oscillant entre pop directe et légère, le post-punk et les expérimentations psychédéliques à la "Hypnogonic", toutefois dotée d’un énième refrain accrocheur, joue clairement en la faveur du groupe. Le final "Under the Sky, Inside the Sea" surprend même en prenant des teintes jazzy et ambiantes, grâce à l’intervention d’une trompette, et un mixage brillant, donnant à l’ensemble des textures aquatiques et planantes.


Strange Free World est un album à écouter les jours de pluie, avec un son morne, mais en même temps brillant, de circonstance. Véritable porte-étendard du « mood » anglais avec les œuvres des Smiths, ce disque pêche néanmoins par l’absence d’un ou plusieurs autres titres du calibre de "Drive That Fast" qui l’auraient consacré comme disque culte, sans que cela discrédite pour autant le reste, plus que respectable.



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