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CHRONIQUE PAR ...

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Baptiste
Cette chronique a été mise en ligne le 25 novembre 2017
Sa note : 13/20

LINE UP

-Gisselle Rousseau
(chant)

-Stefano Riario
(guitare)

-Philipp Bohny
(clavier+chant)

-Samuel Baumann
(batterie)

TRACKLIST

1) Prelude to Agony
2) Chaos Equation
3) Seed of Hope
4) The Impossible Chain
5) Another Inquisito
6) Deny Me
7)
For a Final Ultimatum
8) Beta

DISCOGRAPHIE


Shadowpath - Rumours of a Coming Dawn



Si vous pensiez que la Suisse se limitait à du fromage, de l’argent et un accent rigolo vous faites erreur, jeunes gens. C’est également une contrée de metal et de nombreux groupes ont surgi de ces montagnes pour chanter autre chose que du yodel. Ainsi, après Celtic Frost, Samaël ou bien encore Eluveitie, c’est à Shadowpath de faire son entrée et de convaincre le monde avec Rumours of a Coming Dawn. Auront-ils le même succès que leurs illustres aînés ? Le suspens est à son comble.

Après une intro toute sympathique, débarque "Chaos Equation" qui donne le ton : la mélodie est assez intéressante, ça cogne pas mal, on commence à remuer la tête. On se dit qu’on va passer un bon moment. Et là Gisselle Rousseau déboule. C’est, je pense, l’élément principal de ce groupe qui va faire que vous allez aimer, ou détester. Cette demoiselle a une jolie voix, mais… qui mérite d’être encore travaillée, dirons-nous. Si elle a un bon timbre, sa manière de chanter n’est peut-être pas la plus adaptée à ce style de musique. Elle pousse souvent dans les aigus mais semble avoir du mal à dépasser un certain palier. Ce qui lui donne une voix un peu fluette, comme celle d’un jeune garçon qui mue. C’est pourquoi, si on n’accroche pas à son chant, mieux vaut laisser tomber le reste de l’écoute. Pourtant lorsqu’elle ne force pas, elle sonne de manière très douce et vraiment agréable à l’oreille. De plus, ça a le mérite d’être original et intéressant. Mais pour le bien de cette chronique, partons du principe que vous avez aimé sa prestation car  elle dégage une certaine candeur (qui fonctionne à merveille sur "Seed of Hope"). Et c’est ça qu’il manque dans nos cœurs endurcis de metalleux, de la candeur. Oh oui.
Et la musique alors, qu’en est-il ? S’il n’est pas réducteur de dire qu’ils sont inspirés par Nightwish ("Another Inquisitor" aurait pu paraître sur l’album Wishmaster des Finlandais !), il est par contre dommage de trouver des sonorités proches de Lunatica. Car en plus de venir de la même nation, ces deux formations partagent un style très proche, l’avantage allant tout de même à Shadowpath. Le growl de Philipp Bohny amène une agressivité qui n’est pas pour déplaire et contrebalance à merveille avec la voix de Gisselle Rousseau. Sinon pour le reste, on est sur un metal symphonique assez classique. On alterne violence avec grosse double pédale et des moments plus doux et plus calmes. "Deny Me" concentre tous ces éléments avec brio. On a un couplet tout en retenue et un refrain qui envoie, parfaitement maîtrisé par la chanteuse. Le piano arrive toujours à point nommé, il permet ainsi de relancer ou d’intensifier la chanson, ce qui est particulièrement agréable. D’ailleurs présent sur "Beta" (autre moment fort de l’album), un morceau qui dépasse les neuf minutes. Cette composition est gérée de main de maître et on ne s’y ennuie vraiment pas. Contrairement à "The Impossible Chain" à côté de laquelle je passe complètement. J’ai beau l’écouter encore et encore, je ne peux comprendre le concept. A partir de la sixième et de la neuvième minute, on a le sentiment d’entendre de nouvelles chansons, ce qui ne s’inscrit pas dans une suite logique, et finalement on s’y perd. On ne va par contre pas bouder notre plaisir sur les solos de guitare toujours bien foutus et qui s’accordent avec le piano. Samuel Baumann qui officie derrière les fûts est un régal à écouter. Varié, technique, inventif, son jeu est la belle surprise de ce groupe, et si "The Impossible Chain" est oubliable, son intro est une leçon de batterie.


Alors que retenir de Rumours of a Coming Dawn ? Que si cet album ne va pas révolutionner le genre et qu’il souffre de quelques défauts, ça reste bien fait. L’écoute est agréable et plusieurs passages sont très bons. Le metal symphonique que pratique nos amis suisses est un genre difficile à faire évoluer, alors sachons nous réjouir lorsqu’il est bien exécuté, ce qui est ici le cas. Jetez donc une oreille sur l’offrande de nos voisins. Je ne doute d’ailleurs pas que le second album sera meilleur que le premier. Allez, sur ce je m’en vais en Suisse planquer tout le fric gagné en étant chroniqueur pour Les Éternels.



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