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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 13 novembre 2017
Sa note : 17/20

LINE UP

-Waldorf
(tout)

TRACKLIST

1) Nihil
2) Loss
3) Smokefall
4) In Lands of Ashes
5) Latent Thistle
6) Arboreal Sleep
7) The Fawn
8) Night Bell

DISCOGRAPHIE

Griseus (2011)

Aquilus - Griseus



-  Que voulez-vous, plébéiens?
-  Nous exigeons de voir Monsieur le Comte !
-  Le Comte Waldorf ne reçoit pas en ce moment. Il crée.
-  Par sa faute, nos récoltes pourrissent ! Ils nous prend nos femmes et nos filles ! Faites-lui passer ce message : la révolte est imminente ! Nous ne laisserons pas faire !

 
-  Qu’est-ce donc que ce raffut, Sebastian ?
-  Des paysans mécontents, Monsieur le Comte.
-  Pendez-les. J’ai d’autres choses à faire en ce moment.
-  Bien, Monsieur le Comte.

Waldorf ne mange plus, ne boit plus, ne dort plus. Enfermé dans la plus haute chambre de la tour d’Aquilus, son domaine, il compose. Il s’est abreuvé d’Opeth dans sa jeunesse et compte bien restituer ces arpèges et cette manière si particulière qu’avait le groupe de harceler l’auditeur ou de l’enjôler, selon le cas, sur ces pièces maîtresses que sont Blackwater Park, ou, dans une moindre mesure, Watershed. Il en a retenu cette passion pour les passages acoustiques et les riffs plaquant tout le monde – miséreux et aristocrates au sol. Il a également gommé la mièvrerie qui vient parfois gâter les chansons de Mike Akerfeldt. Waldorf a cependant plus d’une corde à son arc et, lignage oblige, il a passé le plus clair de sa jeunesse a étudier le black metal symphonique, en retenant de cette noble musique uniquement son aspect grandiose, laissant au commun des mortels le côté sale, rebutant et trop ouvertement méchant que ce style musical possède souvent. Petit, il écoutait son grand-père, le comte Luc, fredonner Dimmu Borgir. Il  compose Griseus en son hommage. On murmure que les travaux de création lui ont fait perdre la raison. Il sourit. Que les gens sont ignares…
Avec ses fidèles serviteurs, il a réquisitionné les jeunes hommes de son domaine ayant le plus bel organe vocal. Au début, ils se sont montrés réticents à chanter en chœur, mais le fouet, habilement manié, sait vaincre les résistances les plus tenaces. "Loss" a dû être répété plus d’une centaine de fois, un certain nombre de ces miséreux y ont laissé la vie ou la santé mentale. Qu’importe, le résultat est à la hauteur des espérances. Ces fous ont beau murmurer que la musique du Comte porte malheur, Waldorf n’en a cure. Après tout, ils n’ont peut-être pas tort, certains passages sont d’ailleurs d’une violence étonnante. "Latent Thistle" par exemple, commence de manière très abrupte, et que dire de "The Fawn" ? Le Comte l’avait en tête lorsqu’il coupa le cou de ces jeunes biches, la veille de la nuit de Walpurgis. Néanmoins, les agressions sonores ne se produisent qu’à dose extrêmement contrôlée, Waldorf faisant la part belle aux claviers. Nappes de synthés ou piano, elles sont l’âme de cette création belle et romantique comme une œuvre vampirique de premier plan, où seul le final "Night Bell" n’est pas d’une qualité incroyable. Pour le reste, Waldorf a su brillamment peindre un corpsepaint sur le visage de Mike Akerfeldt.


Il est minuit. Le Comte joue du piano. Il a demandé à n’être dérangé sous aucun prétexte. L’incendie de sa grange ? Le bruit des révoltés montant les escaliers ? Qu’importe. Waldorf n’est pas vraiment de ce monde. Il lui suffira d’un signe pour les faire taire. En attendant, il met un terme à la composition de ce Griseus grandiose, marqué du sceau de la classe extrême.



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