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CHRONIQUE PAR ...

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Baptiste
Cette chronique a été mise en ligne le 11 novembre 2017
Sa note : 11/20

LINE UP

-Anders Engberg
(chant)

-Kristian Niemann
(guitare)

-Peter Hallgren
(guitare)

-Johnny Hagel
(basse)

A participé à l'enregistrement :

-Lars Sköld
(batterie)

TRACKLIST

1) Sirens
2) Ship of Doom
3) Abandoned by the Gods
4)
The Devil's Incubus
5) Nattvaka
6) Crimson Cross
7) The Crowning of the Fire King
8) Unbearable Sorrow
9) Disciples of the Dark (Bonus track)
10) Bringer of Misery (Bonus track)

DISCOGRAPHIE


Sorcerer - The Crowning of the Fire King
(2017) - doom metal epic mais pas vraiment - Label : Metal Blade Records



Créé en 1988, Sorcerer a vu ses membres se séparer et se rabibocher à de nombreuses reprises. C’est pourquoi ils ne nous livrent là que leur deuxième LP. Mais lorsque j’ai choisi de chroniquer cette nouvelle sortie, je ne m’attendais pas à devoir répondre à une question de philo niveau bac : peut-on faire du doom et de l’epic sans que l’un n’écrase l’autre ? Vous avez dix titres et une heure dix, bonus compris.

Quand on pense à du metal épique, on imagine la puissance, la grandiloquence, les chœurs, l'orchestre, et les guili-guilis dans le ventre à l’évocation de batailles héroïques. Mais quand vous enlevez tout ça, que vous ne gardez que la lourdeur du doom et des textes d’heroic fantasy, faites-vous vraiment de l’epic ? L'intro de “The Devil’s Incubus” aurait-elle pu être signée par Rhapsody ou Therion ? Non, mais lorsque le refrain se fait entendre, on se prend à douter. Je sais je sais, j’en fais sûrement trop avec ce “epic doom”, mais c’est plus important qu’il n’y paraît. Car ce sont les musiciens eux-mêmes qui décrivent leur réalisation de cette manière. Et après de nombreuses écoutes de The Crowning of the Fire King, il y a deux possibilités : soit on est face à un album de doom pas folichon mais pas mauvais non plus parce que ses auteurs tentent deux ou trois trucs, soit les membres de Sorcerer ont voulu agrémenter leurs compositions d’une certaine intensité (ce qui peut sembler louable), mais patatras, ça n’a pas pris. Et ça change tout. Car les éléments épiques ne se mélangent pas correctement avec le reste. On a l’impression d’un ajout de dernière minute pour se démarquer des autres formations du genre. “Disciples of the Dark” démarre avec une batterie puissante et des chœurs dignes de ceux de l’armée rouge, mais tout de suite après, ça disparaît et on a plus qu’une grosse guitare pas très originale pendant six minutes quarante-quatre.
Et parlons-en, de cette guitare. Alors bien sûr, dans ce style de metal, la guitare se doit d'être lourde, et d’une certaine manière « pleurer ». Mais on n’est pas obligé de jouer constamment de la même manière. J’aurais du mal à vous citer un riff ou une intro qui sorte de l’ordinaire tellement la guitare semble fonctionner de la même manière, inlassablement. Écoutez une chanson, et vous aurez le sentiment de toutes les avoir entendues. Même si, à la décharge des Suédois, il y a quelques arpèges pas trop mal sur “Bringer of Misery” ainsi que sur l’intermède “Nattvaka”. Et pour le coup, les solos ne sont pas mauvais - sur “Abandoned by the Gods” notamment, le finish est excellent. On sent la section scandinave portée à bout de bras par Anders Engberg, le chanteur, qui constitue de loin son atout le plus intéressant. Sa tessiture est d’ailleurs impressionnante. Jamais il ne semble être difficulté malgré les notes aiguës qu'il envoie. Il peut se faire agressif, menaçant et puissant comme sur “Sirens”. Malheureusement ça ne peut suffire à combler les faiblesses de cet enregistrement. Le sentiment d’écouter encore et toujours la même chose en devient même flagrant lorsque débute “The Crowning of the Fire King” avec (quasiment) les même notes que la fin de “Crimson Cross”. Pourquoi “Ship of Doom” dure-t-elle neuf minutes ? Il ne s’y passe rien. N’est pas Symphony X qui veut, et une mauvaise chanson ne deviendra pas meilleure si elle dure plus longtemps.

Alors que retenir de The Crowning of the Fire King ? Que si le doom et l’epic peuvent se marier, ce n’est pas avec Sorcerer que ça fonctionne. Que le morceau “Abandoned by the Gods” est de loin le meilleur du recueil, mais que la longueur de certaines pistes n’est pas justifiée. Que le manque d’originalité et de diversité ne jouent pas non plus en leur faveur. Reste un groupe de doom qui tente un truc. C’est déjà ça. Allez, je ramasse les copies.


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