1780

CHRONIQUE PAR ...

11
Bigduff
Cette chronique a été mise en ligne le 11 mars 2008
Sa note : 7/20

LINE UP

-B'Hellmouth
(chant)

-Medico
(guitare)

-X Undead
(basse)

-El Diablo
(batterie)

TRACKLIST

1)Everything Is Not Under Control
2)Follow Your Programming
3)Sever
4)Blood Fever
5)Twilight of the Flies
6)Disaster Song
7)This Crowd Is Crushing Me
8)Flail of God
9)Virulence
10)Scapegoat
11)The Unclean
12)Anthropophagi
13)Vital Signs
14)I Am Every Dead Thing
15)Transmission

DISCOGRAPHIE

The Awakening (2006)

Send More Paramedics - The Awakening



Il y a encore peu de temps, je pensais que la spéléologie, c’était fini pour moi. Je pensais que passer mes après-midi à creuser des galeries dans les rayons de la Fnac, pour trouver ne serait-ce qu’un minuscule gisement de thrash merdique, était une activité d’un autre temps. Mais j’avais tort ! Car je vous le dis mes chers amis, on peut encore – en 2008, et au prix de nombreuses heures d’effort – tomber sur des albums minables dont personne ne parle, dont personne n’encourage l’achat ni ne balance des extraits via Myspace. Et ça, ça n’a pas de prix.

Quand je suis tombé sur le dernier album des anglais de Send More Paramedics, je me suis dit que j’avais enfin trouvé la perle rare. Pensez donc : ce combo, décédé officiellement l’année dernière, est le seul à avoir collé sur la compile Thrashing Like a Maniac un titre dont on ne peut dire que du mal. Une vraie performance en soi, puisque tous les autres groupes – y compris ceux dont les capacités (techniques) ou les moyens (en production) sont plus limités – ont réussi à balancer de la bonne came, efficace à défaut de proposer quelque chose de vraiment nouveau (il y a des exceptions). Alors vous allez tout de suite me dire : « Mais si ce groupe est mauvais, et qu’il est condamné – malgré tous les moyens de communication moderne dont nous disposons aujourd’hui (webzines, Myspace, etc.) – à sombrer pour toujours dans l’oubli, pourquoi en parler ? Pourquoi finalement le priver d’une fin digne, loin des moqueries et des index accusateurs ? ».

Parce que cet album, Mesdames et Messieurs, n’est pas l’échec d’un groupe, mais l’échec d’un seul homme. Et cet homme dont je vous parle, c’est B’Hellmouth (sic), le … supposé chanteur de SMP. En tant que fan assumé de Dave Mustaine et admirateur secret d’Ozzy Osbourne, je n’ai jamais imaginé qu’un jour je rejetterai violemment un album de thrash ou de heavy quelconque juste à cause de son chant. Je pensais au contraire pouvoir tout supporter, y compris les vocalistes flirtant avec la pauvreté inhérente au chant hardcore. Mais là, c’est juste infâme. C’est humainement pas possible, quoi. Ce B’Hellmouth, quand il ne parodie pas sauvagement Tom Araya (sur les deux premières plages notamment), déblatère ses conneries en passant de vocaux plus ou moins punk ("This Crowd is Crushing Me") à des aboiements hardcore de bon ton en cette fin de décennie, mais abrutissants de linéarité ("Virulence", "Scapegoat" et tant d’autres).

Sur ces titres, qui ne cassent pas trois briques sur un canard, on n’ira pas jusqu’à parler de gâchis, loin de là. Sur d’autres par contre – je pense aux excellents "Sever", "The Unclean" et "Flail of God" (surtout "Flail of God", dont les vocaux sont assurés partiellement par Jeffrey Walker, le bassiste/hurleur de Carcass) – on est en droit de crier au scandale. Parce que le potentiel est là, vous comprenez ? Il y a par moments de vrais bons passages, de vrais bons riffs techniques et inspirés, qui s’inscrivent très bien dans le délire Zombies/Série Z qu’affectionne le groupe. Malheureusement, ils sont trop rares et ils peinent à surnager dans cet océan de beuglements et de morceaux bidons et décousus. Alors, puisque ce verdict ne laisse que peu de place à la sensiblerie, autant conclure en restituant The Awakening au bac « S Divers » qui l’a vu naître, en espérant que d’autres puissent faire l’erreur de l’acheter, ne serait-ce que pour apprécier encore plus les Municipal Waste et les Warbringer qu’ils possèdent déjà. Perso, c’est mon cas.


On ne le dira jamais assez : le chant, c’est important. Il ne sert à rien de se plier en quatre pour pondre des morceaux d’anthologie (voire des morceaux tout court) si à un moment donné de votre carrière vous confiez le micro à un mec comme B’Hellmouth, dont le chant fait vomir petits et grands. A ce titre, The Awakening est une bien belle leçon de vie à destination de tous les jeunes thrasheux qui nous lisent.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7