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CHRONIQUE PAR ...

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Beren
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Nathan Ellis
(chant)

-Barre Gambling
(guitare)

-Charley Shackelford
(guitare)

-Jesse Haff
(batterie)

-Egan O'Rourke
(basse+chant)

TRACKLIST

1)A Life Less Lived
2)Dead Air
3)A Dream Resigned
4)All We Had
5)Solitary Refinement
6)Strive To See
7)Lies That Bind
8)Dismantling Devotion

DISCOGRAPHIE


Daylight Dies - Dismantling Devotion
(2006) - death metal doom metal - Label : Candlelight



J'ai trouvé en Daylight Dies le parfait palliatif au défunt groupe Morgion, un des piliers pourtant méconnus du doom/death à l'américaine, doté d'une sensibilité rare, qui a malheureusement splitté l'année dernière. Car Dismantling Devotion m'a exactement fait le même effet que Solinari en son époque: c'est donc par une comparaison très subjective que je débute la chronique d'un des meilleurs disques de doom/death sortis depuis quelque temps. Bienvenue dans le monde éthéré et bouleversant de Daylight Dies!

Les Américains, autant le dire tout de suite, n'officient pas dans un créneau motivé par l'originalité du propos: Dismantling Devotion est un disque lourd, agressif, très mélancolique, aux accents mélodiques appuyés. La comparaison avec Katatonia et Opeth m'avait sur le coup paru bien prétentieuse, encore un coup de publicité bien placé, me suis-je dit. Finalement, Candlelight Records a raison sur toute la ligne: ce nouvel album, le second en dix ans d'existence (!), intègre de façon très brillante le Katatonia de Brave Murder Day et de Discouraged Ones avec Blackwater Park d'Opeth ("A Life Less Lived" et ses vocaux clairs absolument splendides), tout en plaçant le tout à un degré d'interprétation similaire à November's Doom.

Aucune réelle originalité n'est à noter sur le second album de Daylight Dies, en ce sens, mais les Américains, très soigneux, ont affiné le propos de leurs principales influences: son absolument énorme (mixé aux mythiques studios Fascination Street d'Örebrö, par Jens Bogren, producteur des derniers... Opeth et Katatonia), riffs parfois étonnants ("Strive To See", "Lies That Bind" et surtout le monolithe "Dismantling Devotion", final instrumental écrasant de noirceur et de mélancolie, soulevé par des guitares cristallines) et concision bienvenue à l'heure où la plupart des groupes de doom/death forcent la main sur la longueur des morceaux, au détriment de la cohérence. Daylight Dies, lui, préfère tout miser sur l'épicité de ses compositions, à l'aura absolument gigantesque et sur un tracklisting intelligent, démarrant assez rapidement sur des morceaux death mélodique, pour diminuer ensuite la cadence à partir de "All We Had", ce qui évite à Dismantling Devotion le piège, habituel pour ce genre de disques, de la redite. Le sentiment de plénitude est souvent atteint à l'écoute de ce disque mélancolique au possible, paradoxe qui, chez moi tout du moins, est une preuve de qualité.


Car Daylight Dies a écrit un petit chef d'oeuvre de tristesse, fruit de quatre années de composition, léché jusque dans son packaging, simple, mais beau. Porté par un quintette de musiciens talentueux au service d'une musique belle et touchante, Dismantling Devotion ne renouvelle en rien le genre, mais en bon pilier désormais de l'école américaine, prouve ainsi que dans le style doom/death, les pays nordiques ne sont pas la panacée. Coup de coeur absolu pour cette pépite de noirceur, vivement conseillée.


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