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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 10 novembre 2017
Sa note : 16/20

LINE UP

-Tomi Joutsen
(chant)

-Juha Raivio
(guitare+claviers+basse)

-Gas Lipstick
(batterie)

Guests

-Heike Langhans
(sur "Pieces")

-Aleah Starbridge
(sur "Dream Burn Down")

TRACKLIST

1) Mirrors
2) Raven's Song
3) Melt
4) My Mistake
5) Pieces
6) Severed Eyes
7) The Maze
8) Spiral Gate
9) Dreams Burn Down

DISCOGRAPHIE


Hallatar - No Stars upon the Bridge



-Non mais je rêve…  Juha, écoute ça : « Hallatar, nouveau chantre du doom-death metal, nous délivre, avec No Stars upon the Bridge, une démonstration, certes académique, mais toutefois brillante…  » Bla bla bla… Qu’est-ce que c’est verbeux ! Et froid ! Alors que tu y as mis ton âme… Je ne sais pas ce qui me retient de balancer cette chro de merde… Pourquoi je ne la jette pas aux chiottes ? 
-Peut-être  parce que c’est toi qui l’a écrit ? 
-M… moi ? Je… ah ben oui tiens, c’est ballot hein… ha ha ha…  


Oui, Juha. J’ai douté. J’ai songé à l’opération marketing, gros connard que je suis. Avouons quand même qu’il y a eu un petit peu de matraquage, non ? Combien d’extraits ? Trois ou quatre non ? Et puis bon, autre problème : forcément, Aleah ne peut y faire que quelques apparitions fugaces, restes de vieux enregistrements, je suppose. Là où Hour of the Nightingale m’avait touché / coulé – au point de modifier le cours du bouquin que j’étais en train d’écrire –, No Stars upon the Bridge m’a d’abord paru quelque peu pataud, emprunté, engoncé dans un bon gros doom-death des familles et pas forcément toujours très bien structuré. Prenons par exemple "My Mistake". Avant que l’émotion incroyable contenue dans les vocaux masculins – en plan Saturnus des grands soirs – m’atteigne, j’ai d’abord vu les défauts de fluidité du titre. Soyons clairs : j’aurais aimé un Hour of the Nightingale II. J’aurais aimé que Heike, si bien utilisée sur le fameux "My Mistake", se déguise en Aleah, chante sur tous les titres et me refasse chialer. Bref, j’aurais aimé que tu fasses une opération marketing, Juha, en gros, que tu fasses ce que je disais que je ne voulais pas que tu fasses. Que tu exploites le filon jusqu’à la mort par inanition. Et tu ne l’as pas fait. 

No Stars upon the Bridge, comme le titre l’indique, reste un hommage à Aleah, forcément, un an, c’est rien. Mais la pesanteur de ce premier effort réalisé sous le nom d’Hallatar, pesanteur limite funeral sur "The Maze", est bien différente de la fluidité de Hour of the Nightingale. Aleah nous y abreuvait et il nous suffisait d’ouvrir la bouche pour s’enivrer. Là, il faut sortir son pic et casser la coquille noire. Le travail dure un certain temps, mais le nectar qui peu à peu commence à couler procure un enchantement finalement comparable au premier et unique album de Trees of Eternity. Le doom-death impeccable de "Mirrors", écho à l’ouverture également parfaite de Medusa de Paradise Lost, sorti peu de temps auparavant, la puissance de la grande seconde partie d’un "Melt" très Anathema, époque Pentecost… La charge émotionnelle extrême de "My Mistake"… La beauté de l’intermède "Severed Eyes"… La gorge met plus de temps à se serrer, mais au final, elle se noue. Quant à  "Dreams Burn Down", elle nous plonge dans un profond dilemme : à l’écoute de la voix de la chanteuse disparue, faut-il se replonger dans Hour of the Nightingale pendant des jours? ou vaut-il mieux se repasser illico No Stars upon the Bridge pendant des mois, voire des siècles ?  
 
Hallatar, nouveau chantre du doom-death metal, nous délivre, avec No Stars upon the Bridge, une démonstration, certes académique, mais toutefois brillante... Hallatar fait monter la cadence cardiaque et embrouille Anahata, le chakra du cœur. Plus brut de décoffrage que Trees of Eternity, il n’en est pas moins son inévitable compagnon de voyage. Pardon, Juha. Continue de briser le silence. 


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