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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 01 novembre 2017
Sa note : 15/20

LINE UP

-Jeremy Wrenn
(chant+guitare)

-Chris De Brizzio
(guitare)

-Cory Osborne
(basse+chant)

-John Rungger
(batterie)

TRACKLIST

1) Introduction
2) Thinktank
3) Thrown Idols
4) Sugar Crystals (feat. Ulrich Schnauss)
5) You Kids Should Know Better
6) Mermaid In a Manhole
7) Stay
8) Peoria
9) The Release
10) Red Friends
11) The Big Mash-Up

DISCOGRAPHIE


Airiel - The Battle Of Sealand
(2007) - pop rock shoegaze - Label : Highweel



Dur dur d’arriver dans la scène shoegaze après la première vague glorieuse : cible de toutes les critiques d’une horde de fans nostalgiques, le courant nu-gaze se verra déchiqueté par des commentaires acerbes des nostalgiques des Lush et autres MBV. Parfois, lesdits assassinats en règle se verront justifier par un talent très limité pour le songwriting, et une tendance à se reposer sur les effets sonores, mais ils concernent encore davantage le travail de fonctionnaire et de copiste de la plupart des nouvelles formations.

Airiel, du haut de ses quatre EP sortis sur deux ans aurait pu ne pas faire figure d’exception, et pourtant… Trois ans séparent The Battle of Sealand de ladite série d’EP, qui auront été mis à profit. Le premier point qui surprend est l’utilisation totalement libre de l’électronique faite par le groupe, poursuivant dans la voie ouverte par un Chapterhouse sur Blood Music. Un titre comme "Sugar Crystals", réalisé en collaboration avec Ulric Schnauss offre ainsi une coupure intéressante et bienvenue entre deux morceaux plus orthodoxes dans la forme. Les guitares laissent ainsi place aux synthétiseurs, boîtes à rythme et autres séquenceurs, pour un résultat qui ne dénote pourtant pas avec le reste de l’album, en en conservant l’aspect planant ; un véritable petit tour de force. Que l’utilisation d’« orthodoxie » ne trompe pas, cependant, Airiel ne se démarque pas de la masse des adolescents hipsters et légèrement neurasthéniques par son seul éclectisme dans l’instrumentation. Le talent pour l’écriture suit aussi, et c’est dès l’entame que le groupe nous prend à la gorge avec un shoegaze redoutable, très accrocheur, et aux harmonies vocales aériennes au milieu de guitares bien plus terre-à-terre.
On peut donc encore citer Chapterhouse comme influence principale, "Thinktank" n’étant pas sans rappeler "Breather", mais également le Ride de Going Blank Again pour certaines des harmonies vocales, l’empilement sonore et l’utilisation ponctuelle d’arpèges de guitare saturée typiques des natifs d’Oxford. Cependant, tout n’est pas non plus rose, et il arrive au groupe de s’emballer un peu, cherchant à verser dans le noise rock, pour un résultat pas terrible à la façon de "Thrown Idols", assez pénible, peinant à captiver, la faute à un son pas adapté, à vouloir singer Dinosaur Jr. En revanche, lorsque le groupe commence à regarder vers la Britpop sur "You Kids Should Know Better" ou "Mermaid in a Manhole", l’on se trouve un peu surpris : ces Américains ont-ils donc toutes les cordes à leur arc ? De même pour "Stay" qui verse dans la balade, sans pour autant tomber dans le sirupeux, malgré l’utilisation de cordes et autres synthés. En variant autant les ambiances, tout en restant sur la même base, The Battle of Sealand pèche peut-être par manque de cohérence, mais le songwriting est tellement magistral qu’en dehors du cas cité ci-avant, l’auditeur béat s’incline devant un premier album aussi mature.


D’une diversité effarante malgré la relative fidélité au genre principal, ce premier essai longue durée justifie bien les trois années nécessaires à sa conception. Les influences, assumées, sont sublimées par des capacités musicales n’ayant pas besoin de se reposer sur les effets sonores afin de masquer des lacunes d’écriture. A noter qu’après un autre EP, le groupe est en passe de donner un successeur, qu’on espère du même calibre, à ce petit joyau.



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