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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 24 octobre 2017
Sa note : 16/20

LINE UP

-Seth Siro Anton
(chant+basse)

-Sotiris Vayenas
(chant+guitare)

-Christos Antoniou
(guitare+orchestrations)

-Kerim "Krimh" Lechner
(batterie)

TRACKLIST

1) Dante’s Inferno
2) 3rd Testament (Codex Omega)
3) Portrait of a Headless Man
4) Martyr
5) Enemy of Truth
6) Dark Art
7) Our Church, Below the Sea
8) Faceless Queen
9) The Gospels of Fear
10) Trinity

DISCOGRAPHIE


Septic Flesh - Codex Omega
(2017) - death metal symphonique - Label : Season Of Mist



Depuis ses débuts dans les années quatre-vingt-dix, Septic Flesh (désormais appelé Septicflesh) a su se forger une réputation solide parmi les grands noms du metal. De l’originalité crépusculaire des premières sorties aux extravagances symphoniques d’aujourd’hui, les Grecs n’ont jamais laissé le public indifférent. Pourtant, leur dernier effort en date avait pu refroidir les ardeurs des fanatiques du groupe, tant ce dernier semblait en pilotage automatique. Comprenez en manque d’inspiration. Qu’attendre dès lors des Athéniens ?

Bien évidemment, ceux qui ne jurent que par Έσοπτρον peuvent passer leur chemin. Le temps a passé et Codex Omega présente une formation qui sait depuis près de dix ans maintenant offrir des pièces où metal et orchestrations symphoniques se marient, souvent de manière aboutie. Aux détracteurs qui hurlent déjà que ces arrangements masquent la pauvreté des riffs, je les laisse découvrir ce disque. Certes, le quatuor ne propose pas un metal de plus complexes, mais force est de constater que les parties violentes sont plus travaillées et sont bien moins indigentes que sur Titan. Quel plaisir de retrouver des compositions aussi élaborées. Les mélodies si caractéristiques du groupe sont une fois encore bien présentes. Tout comme les vocaux clairs de Sotiris sur le refrain de "Dark Art" ou de "Faceless Queen", qui apportent une plus-value non-négligeable à l’ensemble. Le nouveau venu, Krimh, se fond parfaitement dans l’entité Septicflesh, parvenant à faire oublier Fotis Benardo.
La prestation du charismatique Seth est irréprochable. La puissance de son chant guttural témoigne d’une maîtrise impressionnante, une fois encore. Les Grecs sont accompagnés du FILMharmonic Orchestra de Prague, dont l’apport magnifie ici les dix morceaux. L’aspect pompeux des orchestrations pourra être reproché par les plus récalcitrants d’entre vous. Notons cependant qu’elles sont mieux utilisées, ne masquant pas les passages purement metal. Le mixage est harmonieux et permet la symbiose des différents éléments qui constituent l’identité du quatuor. Les cuivres massifs s’unissent souvent aux violons et aux riffs lourds pour le plus grand plaisir des amateurs du genre, à l’instar de l’excellent "The Ennemy of Truth" ou du non moins réussi "Portrait of a Headless Man". Un chœur intervient parfois, ajoutant une grandiloquence supplémentaire à un album pourtant déjà très fastueux.
La magie opère sur Codex Omega, bien plus que sur son prédécesseur. Nul doute que la troupe s’est efforcée à écrire des morceaux théâtraux mais cohérents. La réussite est donc au rendez-vous et Septicflesh s’avère finalement une bonne surprise de l’année 2017, tant peu d’espoirs avaient été placés en lui. L’album est à ranger aux côtés des meilleures choses composées depuis son retour aux affaires en 2003. Les similitudes avec l’excellent Communion sont d’ailleurs nombreuses. Tous les ingrédients qui ont fait le succès de la troupe sont présents et intelligemment agencés. Le côté Blockbuster qui peut irriter est toutefois omniprésent, mais rappelons que les Hellènes sont un peu seuls sur ce créneau de death symphonique aussi accompli. Malgré tout, au fil des écoutes, certains moments de Codex Omega ont tendance à lasser, quelques titres étant moins inspirés, comme "Our Church Below The Sea" ou "The Gospels of Fear".


Codex Omega est au final un très bon album de Septicflesh. Le quatuor revient en forme et rappelle à tous qu’il est passé maître dans l’art d’élaborer une symphonie noire et puissante. Un disque qui, sans être parfait, fera date, excepté pour les adeptes de simplicité ou autres allergiques aux orchestrations.


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