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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 18 octobre 2017
Sa note : 10/20

LINE UP

-Ruben Rosas
(chant)

-Kevin Clark
(guitare+chœurs)

-Brian "Brain" Wynn
(guitare)

-Michael "Mike" Majewski
(basse)

-Brad Fincher
(batterie)

TRACKLIST

1) Festering Vomitous Mass
2) Postmortal Coprophagia
3) Choking On Bile
4) Molesting The Decapitated
5) Self Disembowelment
6) Fucked To Death
7) Devour The Damned
8) Shroud Of Encryption

DISCOGRAPHIE


Devourment - Molesting The Decapitated
(1999) - brutal death slam death - Label : United Guttural Records



Dans une scène brutal death américaine de la fin des années quatre-vingt-dix en pleine effervescence et toujours portée par le fameux credo du « toujours plus fort, toujours plus vite », deux formations se distinguent particulièrement: Disgorge, qui a mis tout le monde à l’amende en sortant Cranial Impalement, court, très intense, encore plus intriqué que ce que proposaient leurs camarades de Suffocation, mal produit et surtout inassimilable. Porté par un Matti Way étonnant de profondeur, l’œuvre ne fait pourtant que pousser plus loin les travaux de leurs pairs. Six mois plus tard, tout droit venus du Texas et après quelques démos sûrement aussi prometteuses qu’inécoutables, Devourment fait ses premiers pas en studio.

Premier apôtre du slam death metal, et l'un des seuls ayant un relatif intérêt musical, le groupe connaîtra une carrière erratique faite de changements de line-up et de passages en prison, expliquant son faible nombre de sorties. Concernant Molesting The Decapitated, pas de mystère: poussant tous les poncifs du genre à l’extrême, l’album ne pourra que plaire ou déplaire, et même pour ceux qui l’apprécieront un temps d’adaptation sera probablement nécessaire. Reprenant le côté bouillonnant de Disgorge, les Texans bénéficient néanmoins d'une puissance de feu supérieure, et cela leur permet de briller sur le plus gros du LP, constitué par les fameuses slam parts. Inventées par Suffocation sur Effigy of the Forgotten, mais peu utilisées depuis eux, elles trouvent ici leur quintessence puisqu’elles représentent le seul intérêt de l’enregistrement, de pair avec le chant. Profitant du son complètement tourné vers les basses, elles plombent dans le bon sens du terme une réalisation qui autrement serait réduite à un ensemble de bourdonnements vaguement audibles avec un évier en train de fuir par-dessus [ndlr : évier = batterie].
Ce qui les rend si spéciales et les différencient des ralentissements traditionnels, c’est ce groove latent, qui peut ne pas apparaître clairement lors de la (ou des) première(s) écoute(s) mais se révèle ensuite flagrant. De ce point de vue, la musique de Devourment semble ne pouvoir prendre toute sa dimension que dans l’exercice du live, un peu à la façon des groupes de grind aux thématiques fleuries d’Europe de l’Est. Ainsi, l’écoute sur album présente un intérêt limité, en dehors de l’aspect « archéologue du metal extrême ». Justice doit tout de même être rendue à la prestation de Ruben Rosas : quasi-indépassable en terme de profondeur et de gras, rendant totalement inutile le visionnage des paroles pour tenter d'en comprendre ne serait-ce que des bribes, elle le place loin devant des Lord Worm ou autre Matti Way. Les vocaux participent d’ailleurs à rendre le recueil encore plus poisseux, en plus du son de guitare complètement déchiqueté.


Degré le plus extrême du brutal death, Molesting the Decapitated représente une sorte d’idéal indépassable, en témoigne la vague interminable de groupes de slam des années 2000 qui se situera toujours deux bons crans en dessous de l’original. Clairement réservé à un public (bien) averti, l’album pâtit néanmoins de pouvoir être résumé à ses seules slam parts et de ne pas proposer de véritables riffs plus rapides, ce qui lui confère un intérêt musical tout relatif en dehors des salles de concerts.



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