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CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 17 octobre 2017
Sa note : 15/20

LINE UP

-Daniel Tompkins
(chant+arrangements)

-Jordan Turner
(chant)

-Keshav Dhar
(guitare+programmation)

-Randy Slaugh
(clavier+programmation)

-Mac Christensen
(batterie)

TRACKLIST

1) I: Incarnate
2) Rising Sun
3) Tempest
4) An Ocean Away
5) Symmetry
6) II: Penitence
7) The Sage
8) The Serpent
9) Atone
10) III: Deep Earth
11) Evelyn

DISCOGRAPHIE

Atone (2017)

(2017) - pop ambient cotonneuse - Label : Kscope



Plus connu pour son chant dans Skyharbor et TesseracT, Daniel Tompkins est une personne aux facettes multiples qui n’hésite pas à tenter de nouvelles choses, à l’image de son projet White Moth Black Butterfly, groupe lancé avec Keshav Dhar, guitariste de Skyharbor. Le premier album, One Thousand Wings, proposait une pop expérimentale ambiante, agrémentée de touches électroniques, dont le résultat était étonnant, plutôt réussi, mais un peu trop éparpillé. Quatre années plus tard, le projet ressort de l’ombre avec Atone, un disque plus naturel, plus apaisé, qui par moments nous laisse sans voix.

On ne sait trop comment, mais dès les premières secondes de "I : Incarnate", les lentes notes de piano, le violoncelle et la voix aérienne nous emportent déjà loin. On se laisse emporter par la discrète guitare qui lance "Rising Sun" et les voix de Daniel Tompkins, impérial, et de sa partenaire Jordan Turner au timbre plus enfantin et étouffé. C’est là où réside l’une des forces du disque: ce duo vocal ajoute de l’épaisseur et des couleurs; ainsi, "Atone" ou "The Serpent" et leurs mélodies lentes et entêtantes. En réalité, l'apparition de Jordan Turner sur ce nouvel effort n’est pas une surprise vu qu’elle officiait déjà sur deux titres du précédent disque, mais elle se révèle ici bien plus à propos sur l’ensemble des morceaux. Imposant un tempo lent, intimiste et envoûtant ("Symmetry"), là où Daniel s’avère bien plus en apesanteur (l’excellente "Tempest", la mélodie ultra poignante de "The Sage"). En somme, l'ensemble du disque baigne dans cette volonté de ne pas trop en faire pour mieux laisser ressortir les émotions brutes.
Car, si son prédécesseur était quelque peu éparpillé, ici les choix sont maîtrisés de bout en bout, prouvant si l’on en doutait encore que Daniel sait composer de sublimes titres. Les aspects électroniques en retraits, alors que les cordes, piano et sons naturels sont mis en avant et permettent vraiment à l’auditeur de plonger au cœur d’une forêt d’émotions. A cela, il faut ajouter les arrangements superbes faits sur chaque morceau : les excellentes "Symmetry", "The Sage" et "Atone" magnifient la sensibilité et la tristesse des mélodies. Enfin, l'aspect cotonneux et lent de ce voyage permet de prolonger l'envoûtement tout du long. Au final, il n’y aura que la toute fin du disque qui sera légèrement décevante. Les expérimentations vocales de Daniel Tompkins ont tendance à nous perdre sur "III : Deep Earth", tandis que le dernier titre "Evelyn", malgré un sublime refrain où les voix s’enchevêtrent et un deuxième couplet où Daniel prouve qu'il a encore de belles choses à exprimer, n'arrive pas à nous transporter complètement. Mais cela ne suffira pas à gâcher l'expérience, Atone reste vraiment un très belle expédition.


Abandonnant le djent et le metal pour un temps, Daniel Tompkins nous offre avec Atone un émouvant voyage au cœur de la nature. Maîtrisant mieux les différents aspects qu’il avait expérimentés sur One Thousand Wings, White Moth Black Butterfly nous touche par la sensibilité des émotions qu’il nous donne, la justesse de ses deux chanteurs et de ses arrangements. Une très agréable surprise, trop courte, mais qui nous intrigue pour la suite de ce side-project.


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