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CHRONIQUE PAR ...

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Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 16 octobre 2017
Sa note : 15/20

LINE UP

-Ralph Michael "Starr" Saenz
(chant+ guitare)

-Russell John "Satchel" Parrish
(guitares+claviers+chœurs)

-Travis "Lexxi Foxxx" Haley
(basse+chœurs)

-Darren "Stix Zadinia" Leader
(batterie+claviers+chœurs)

Ont participé à l'enregistrement :

-Robin Zander
(chœurs sur "She's tight")

-Chris Catton
(chœurs sur "I Got What You Want")

-Michael Catton
(chœurs sur "I Got What You Want")

-Michael "Fearless Puncher" Lord
(piano sur "Momentary Epiphany")

-Rodolfo Maximiliano "Rudy" Sarzo Lavieille Grande Ruiz Payret y Chaumont
(basse sur "Wrong Side of the Tracks (Out In Beverly Hills)")

TRACKLIST

1) Goin' in the Backdoor
2) Anything Goes
3) Poontang Boomerang
4) That's When You Came In
5) Wrong Side of the Tracks (Out In Beverly Hills)
6) Now the Fun Starts
7) Pussy Ain't Free
8) Wasted Too Much Time
9) I Got What You Want
10) Walk of Shame
11) She's Tight (Cheap Trick cover)
12) Red Headed Step Child (bonus)
13) Momentary Epiphany (bonus)

DISCOGRAPHIE


Steel Panther - Lower the Bar
(2017) - hard rock glam - Label : Kobalt



Voici le moment un peu gênant où l'on se sent obligé de ranger ses convictions féministes de côté : Steel Panther sort un nouvel album. Certes, les paroles du gang (bang) californien sont - de préférence - à prendre au second degré et ne choquent que celles et ceux qui en négligent la dimension parodique mais pour autant, il y a peu de chances qu'elles servent un jour de slogan à une manif conjointe de Ni Putes Ni Soumises et d' Osez le Féminisme. Et la musique dans tout ça ? Après trois premiers LP acclamés par un public de plus en plus nombreux, le risque d'une panne d'inspiration n'est pas à exclure à l'heure de remettre le couvert dans un genre très codifié. Et le choix d'une reprise en guise de premier single aurait plutôt tendance à conforter cette crainte.

L'appréhension est infondée si l'on s'en tient à la qualité de ladite reprise, "She's Tight", du duo proto glam historique Cheap Trick : initiée par un un riff punk, bonifiée par une modulation en voix de tête qui la propulse vers des hauteurs où le maintient son imparable refrain, elle fait figure de parenthèse rafraîchissante dans un ensemble assez dense. Quelques occurrences aussi légères auraient sans doute contribué à aérer un enregistrement bâti sur un immuable schéma refrain-couplet-pont-solo(s) qui peine parfois à aller droit au but – un comble. Non pas que le quatuor se soit permis des incursions prog metal – les morceaux tournent autour des trois minutes trente réglementaires, rien à craindre de ce côté-là. Mais certain breaks tue-l'amour tendent parfois à tempérer l'euphorie ambiante, comme celle déclenchée initialement par "Poontang Bommerang", hommage simultané à un hit quasi homonyme de Ted Nugent – un autre chantre incompris de la condition féminine – et au "Cherry Pie" so 1990 de Warrant, dont le refrain est ici recyclé quasiment à l'identique. Et quand le niveau d'écriture faiblit, le reste de la composition n'offre guère d'occasion de s'enthousiasmer, ainsi sur "Wasted Too Much Time" la bien nommée ou encore "Wrong Side of the Tracks (Out In Beverly Hills)" malgré ses chœurs à la Galactic Cowboys. Pour clore le chapitre des déceptions, outre deux bonus sympathiques mais pas impérissables, on mentionnera l'autre ballade, "That's When You Came In", qui ressemble un peu trop à "Community Property" (Feel the Steel), elle-même influencée par la nunuche "Two Steps Behind" de Def Leppard.
Fort heureusement, Lower the Bar réserve de réjouissantes séquences qui rachètent ces quelques passages un peu trop standards. Ainsi, sur "Anything Goes" – non, il ne s'agit pas d'une cover des Guns 'n' Roses – Satchel rappelle à tout le monde qu'il fut instructeur au Guitar Institute of Technology d'Hollywood en balançant un riff digne d'un Steve Vai sur fond de synthés à la Van Halen, puis un solo à faire sangloter un vieux fan de Vito Bratta (White Lion) : autant dire que la restitution hair metal eighties est particulièrement réussie – comment pourrait-il en être autrement quand Nikki Sixx et Charlie Sheen sont cités dans la même chanson ? Toutes les pistes sont ainsi dopées à l'énergie outrancière propre aux modèles glam metal des années quatre-vingts, remède efficace contre la médiocrité lorsque celui-ci est associé à des trouvailles qui font mouche, telle la surprenante coda sous harmoniques de "Pussy Ain't Free" ou le décollage cosmique façon prog rock seventies de "I Got What You Want", dont le riff très rock' n' roll fait songer à celui de "Shallow Grave" d'Annihilator – une formation pas spécialement molle de la fesse. Le collectif nord-américain sauve d'ailleurs les siennes en grande partie grâce à ses velléités de varier les ambiances à défaut du format qui trouvent leur meilleure illustration avec le surprenant et sinueux "Now the Fun Starts", savoureux intitulé en contradiction totale avec l'ambiance lourde proche d'Alice in Chains qu'elle dégage, à peine éclairé par un solo guilleret et les screams réglementaires. Ah oui, on allait oublier : Michael Starr est manifestement en pleine bourre – il a dû enregistrer ses parties vocales pendant la saison du brame – n'hésitant pas à en rajouter lorsqu'il faut compenser certaines mélodies un peu plates, à l'instar de ce qu'il réalise sur "Walk of Shame", gavé d'harmonica tel un inédit musclé d'Aerosmith période Get a Grip. Son mix Steven Tyler/ David Lee Roth/ Brian Connolly se révèle toujours aussi convaincant et impulse dès le tonitruant titre d'ouverture un dynamisme qui n'a rien à envier au reste de l'orchestre – à croire que les mini-bars gratuits et les envahissements de scènes par des jeunes filles conviviales constituent une source de motivation inépuisable lorsqu'il s'agit de remettre la (sex)-machine en route.


Amoindri par des baisses de régime trahissant un basculement un peu trop évident en pilotage automatique, Lower the Bar risque de décevoir les fidèles de la Panthère d'Acier qui s'inquiéteront de ne pas y trouver de tubes aussi marquants que sur les efforts précédents. Les auditeurs plus indulgents, quant à eux, ne se feront probablement pas prier pour reprendre à tue-tête un nombre raisonnable de ritournelles décidément bien troussées et qui témoignent pour la plupart de judicieuses tentatives de diversifier le propos. Cependant, que les quatre emperruqués de Sunset Strip se méfient, car leur proverbiale vigueur ne suppléera pas indéfiniment le manque d'idées. Et il serait tellement dommage que de tête d'affiche du sleaze, Steel Panther retombe au niveau de notoriété du simple tribute band qu'il fut à sa création...

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