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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 20 juillet 2017
Sa note : 14/20

LINE UP

-Levi Benton
(chant)

-Ryan Neff
(chant+basse)

-BJ Stead
(guitare)

-Justin Aufdemkampe
(guitare)

-Jerod Boyd
(batterie)

TRACKLIST

1) Shadows Inside
2) Under Fire
3) Never Let Me Stay
4) My Destruction
5) Casualties
6) Crawl
7) Swallow Your Teeth
8) Death Knows My Name
9) Lost In The Grey
10) My Sorrow

DISCOGRAPHIE


Miss May I - Shadows Inside
(2017) - metalcore - Label : SharpTone Records



Voulez-vous prendre un coup de vieux ? Il existe désormais des groupes vétérans du metalcore. Les Miss May I font partie de ceux-là, avec dix ans de carrière et un line-up quasiment inchangé depuis leurs débuts. Ils ont également pris le temps de se construire un following impressionnant, la preuve étant leur nombre ébouriffant de fans sur FB : 1,3 millions, soit près du du double de Gojira ! Shadows Inside est leur sixième album, et leur premier chez Sharptone Records suite à leur départ de Rise Records.

L’intro très factuelle vous aura peut-être mis la puce à l’oreille : votre serviteur n’avait jamais entendu parler du groupe avant, et cette chronique ne pourra donc pas mettre Shadows Inside en relation avec les autres disques de la formation. Jugé sans contexte, l’album se révèle un peu trop policé de prime abord : le son est propre, les couplets sont screamés et les refrains sont en chant clair, la grosse caisse double les rythmiques, ça groove, il y a des harmonies de guitare, on se croirait face à un nouveau chapitre de « le metalcore pour les nuls ». On se dit que ça va être vite torché, mais c’est au fil des écoutes que l’opus se révèle, que des moments de variété bienvenue débarquent et qu’on finit par comprendre quels atouts ont permis à Miss May I de survivre là où tant de formations insipides ont fini par retomber dans l’oubli.
Le premier atout du groupe c’est le chant clair du bassiste Ryan Neff. Plus pleine, plus chaude, moins ado et plus puissante que les voix qu’on trouve traditionnellement dans ce style, sa voix passe très bien. L’homme se permet même des prises de risque : l’ambiancé et aérien "Never Let Me Say" le voit adopter un registre doux, tout en sensibilité, et la chanson reste en tête. Des prises de risque il y en a d’une manière générale sur Shadows Inside, même si elles sont rarement poussées à fond. "Crawl" en est : comme sur "Never Let Me Stay", l’approche ballade réussit au groupe et le plan metal de la fin s’insère brillamment dans le tout, même si le retour du sucré qui suit est très prévisible. Les parties de guitare classique de "My Destruction" et "Death Knows My Name" sont très réussies, mais ne sont que trop peu exploitées dans leurs chansons respectives.
Miss May I pioche bien sûr beaucoup dans le heavy mélodique pour étoffer ses compos. Et même si leurs twin leads sont parfois hyper convenues ("Under Fire", "My Sorrow"), ils se rappellent ici et là que le heavy est large : il y a du Queensrÿche dans "My Destruction", du melodeath dans "Lost In The Grey", et ça passe plutôt bien. En fait, plus on écoute Shadows Inside et plus on réalise que le cadre metalcore est peut-être ce qui dessert le plus Miss May I : dès qu’ils s’en éloignent un peu, c’est meilleur. Le fait qu’ils ne lâchent jamais vraiment la bride est frustrant quand on voit le niveau des moments les plus violents du disque : les premières secondes du morceau-titre décoiffent, mais le groupe n’assume jamais sa composante extrême et on reste sur sa faim. Idem pour leurs velléités progressives, étouffées dans l’œuf et pourtant diablement intéressantes.


Miss May I semble avoir fait le tour de son sujet et tire sur les coutures d’un genre qui commence à avoir suffisamment d’années au compteur pour devenir un carcan. Espérons qu’ils réussiront à s’en sortir totalement un jour, car le potentiel est là et semble bridé. Shadows Inside demeure néanmoins un album de metalcore au-dessus de la mêlée, à défaut d’être un très bon album de metal.


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