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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 14 juillet 2017
Sa note : 15/20

LINE UP

-Seregor
(chant+guitare)

-Patrick Damiani
(guitare+basse)

-Nikos Mavridis
(violons)

-Ardek
(claviers)

-Namtar
(batterie)

TRACKLIST

1) Opening
2) Charlie
3) Blood Queen
4) Charles Francis Coghlan
5) Song for the Dead
6) In de naam van de duivel
7) Pitch Black Box
8) The Possession Process
9) Three Times Thunder Strikes

DISCOGRAPHIE


Carach Angren - Dance and Laugh Amongst the Rotten
(2017) - metal symphonique black metal horror metal de la crypte - Label : Season Of Mist



C'est tout de même réjouissant de voir que nos conteurs horrifiques Hollandais parviennent à garder le rythme, et à proposer, tous les deux-trois ans, une nouvelle page de leurs sombres et sanglantes histoires. Parce que bon, des groupes qui vous invitent à un voyage dans un univers mêlant Tim Burton, Danny Elfman, King Diamond, Dimmu Borgir et Cradle of Filth, ils n'y en a pas tant que ça. Couchez les enfants, on y retourne.

Deux ans après le très bon – quoi qu'imparfait - This is no Fairytale, Carach Angren revient avec Dance and Laugh Amongst the Rotten, dont le thème tourne autour du ouija, cette amusante et ludique tablette qui permet en rentrer en contact avec les esprits des morts. Qui n'a jamais joué à cet innocent divertissement, étant jeune ? Bref, même si le décryptage de l'histoire n'est pas complet, on en saisit la substantifique moelle : des esprits tapageurs, des trucs hantés, des objets maudits, des voix dans la nuit et tout le tremblement. Et sans doute, à un moment donné, des cimetières nocturnes et des toiles d'araignées (juste pour l'ambiance Halloween). Rien de bien original – la thématique navale de Death Came Through A Phantom Ship l'était déjà plus, assurément.
Mais il est question de musique ici, pas de pure narration : s'imprégner de l'ambiance est un plus (un GROS plus, concernant Carach Angren) mais il ne s'agit pas tant ici de juger des subtilités d'un scénario que de prendre du blast et de l'orchestre dans les pavillons. Et pour cette cuvée 2017, nous sommes à la fois généreusement servis et légèrement frustrés. Tout d'abord, le travail d'écriture est à la fois excellent mais trop souvent paresseux – qualitativement et quantitativement. Quantitativement, parce que c'est trop court. L'album dure quarante deux minutes – ce qui est dans la petite moyenne du genre, là où Limbonic Art ou Cradle Of Filth dépassent souvent l'heure – mais il faut en plus compter dedans les intros et les morceaux conceptuels, comme "Song For The Dead", slow-tempo répétitif, ou encore "Pitch Black Box" et ses rythmes binaires martiaux. Pour sympathiques et réussis qu'ils soient, ils ne sont pas loin de devoir être considérés comme de simples intermèdes d'ambiance. Restent donc un peu plus de trente minutes de « vrais » morceaux – au sens où la construction est plus complexe, les ambiances plus variés et la trame narrative plus présente.
Ces morceaux donc, pour trop peu nombreux qu'ils soient, sont de très bonne facture : "The Possession Process" et "In De Naam Van De Duivel", puissamment bâtis et remplis de pur headbanging comme on l'aime (ce dernier rappelle par moment l'excellent "Sir John" avec ses riffs parfaitement posés et son côté char d'assaut) sont des titres calibrés avec soin et parfaitement équilibrés. Le plus long et progressif  "Charles Francis Coghlan", le très théâtral "Blood Queen" – dont les éléments narratifs en énerveront sans doute plus d'un – ou encore le tragique "Three Times Thunder Strikes" qui clôt l'album de ses accents cinématographiques : voila exactement ce que l'on cherche chez Carach Angren. Ce frisson angoissant et poisseux, mais suffisamment grandiloquent et grand-guignol pour qu'on comprenne que l'on est en présence d'une série B aux moyens d'un blockbuster (la production est puissante et solide) et fait par des gens de talents (Seregor est un sacré chanteur, dans tous les registres), c'est cela qu'on attend des Hollandais.


Carach Angren sait faire du divertissement sérieux sans se prendre au sérieux : Dance and Laugh Amongst the Rotten s'inscrit dans la lignée de ses œuvres au kitch assumé mais pourtant conçues et réalisés avec le plus grand soin et un talent indéniable. Difficile à critiquer sur le fond, on regrettera le côté un peu pingre de la galette. Deux titres de plus, l'auditeur eut été comblé et Dance and Laugh Amongst the Rotten aurait pu prétendre à être un album marquant de 2017. Au lieu de quoi, il restera une plaisante page du horror black-metal – ce qui est déjà loin d'être négligeable, hein!


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