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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 11 juillet 2017
Sa note : 15/20

LINE UP

-Jason Keyser 
(chant)

-Paul Ryan
(chant+guitare)

-Mike Flores
(chant+basse)

-John Longstreth
(batterie)


TRACKLIST

1) Infinitesimal to the Infinite
2) Accident and Error
3) Cascading Failures, Diminishing Returns
4) Mithridatic
5) Truthslayer
6) Invariance Under Transformation
7) Dajjal
8) A Burden of Prescience
9) Unequivocal
10) Revolución (Brujeria cover)

DISCOGRAPHIE


Origin - Unparalleled Universe
(2017) - brutal death technique - Label : Agonia Records



Origin fait partie de ces groupes qui ont peu à peu façonné leur art pour aboutir à un album unanimement salué comme l’un des meilleurs du brutal death technique. Le souci c’est que ce disque est sorti en 2008. Depuis Antithesis, les Etats-uniens éprouvent quelques difficultés à retrouver cette qualité, cette aura qui les avaient placés sur les hauteurs. Entity avait laissé les amateurs du genre sur leur faim et son successeur, Omnipresent, avait clairement déçu, le groupe semblant se contenter du minimum. L’année 2017 permettra-t-elle à la formation de retrouver sa superbe ou enterrera-t-elle définitivement tout espoir de s’approcher de la folie maîtrisée de leur chef-d’œuvre ?  

La réponse se trouve peut-être entre les deux propositions. Comprenez que rapidement ce septième album apparaîtra comme meilleur que son prédécesseur. Chose aisée, tant il était peu inspiré diront les mauvais esprits. Il ne parviendra cependant pas à raviver la flamme de ceux qui espèrent une sortie du calibre d’Antihesis. Des bonnes choses, il y en a pourtant sur Unparalleled Universe. Le début d’une brutalité folle est plein de promesses. Origin joue vite, Origin joue bien. Pour qui n’est pas familier avec le quartet, rappelons qu’il est composé de musiciens à la technique instrumentale éloquente. Ils sont toujours les chantres d’une musique où vélocité et férocité se conjuguent dans un maelstrom sonore, inaudible pour la majorité des humains, agréable pour les initiés. Paul Ryan, leader de la troupe, éclabousse encore l’auditoire de son niveau ahurissant. Les sweepings s’enchainent, soutenus par les blasts inhumains de John Longstreth. Ajoutez à cela la basse frénétique de Mike Flores, à l’instar de "Accident and Error", et vous ne pouvez que vous réjouir de ce retour en forme. Le fait que les membres du groupe soient presque des machines ne doit pas vous surprendre, surtout si vous les suivez depuis leurs débuts. Les compositions se suivent et semblent moins stériles que sur Omnipresent. Jason Keyser, pour sa deuxième apparition, s'en sort avec les honneurs. Cependant, cette débauche de changements rythmiques, cette cavalcade de notes pourra irriter. Ou impressionner. A vous de choisir votre camp.
La virulence de ces neuf compositions peut, il est vrai, s’avérer épuisante. Si votre cerveau est habitué, il se peut qu’il trouve du plaisir dans cette déferlante de brutalité. Fort heureusement, certains titres viennent aérer le tout, proposant une touche sensiblement différente, avec des riffs plus facilement accrocheurs. Ainsi, l’écoute de "Mithridatic" et son riff tueur ravira certainement un grand nombre d’entre vous. Les plus extrêmes trouveront pour leur part que les brutes ont choisi la facilité, avec des passages plus accessibles et moins alambiqués. Comme sur "Truthslayer" ou le mid tempo "Invariance Under Transformation", plus lourd et moins technique. La formation repart pied au plancher avec les virulents "Dajjal" et "A Burden of Prescience", qui réveilleront à coup sûr les ardeurs des fans. Les américains ont eu la brillante idée d'offrir un titre différent pour clore ce septième chapitre de leur histoire. Je ne fais pas référence à la reprise de Brujeria, peu à mon goût, mais à leur dernière véritable composition. "Unequivocal", morceau de plus de dix minutes, permet de présenter une facette plus mélodique, plus progressive. Ses mélopées étonnantes, presque aériennes, qui surgissent au milieu de la pièce, vous enverront vers de nouvelles sphères. Ce riff atypique est des plus efficaces, à tel point que l’on se demande si le groupe ne gagnerait pas à étendre ce genre de parties dans ses prochaines sorties.

Sans atteindre la quintessence d’Antithesis, Unparalleled Universe plaira aux aficionados de brutalité et de technique irréprochable. Les nombreuses qualités dont il regorge permettront à Origin de retrouver l’estime perdue et effacera le désintérêt qu’il a failli susciter après un disque peu inspiré. Cependant, au vu des excellentes sorties death de ce début d’année 2017, il n’est pas évident que cet album marque durablement les esprits. Profitons simplement de ce constat : Origin est de retour. Gageons que le futur nous donne raison.


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