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CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 12 juin 2017
Sa note : 13/20

LINE UP

-Olivier Allard
(violon)

-Kevin Paquet
(guitare)

-Camille Delage
(claviers)

-Nico Damoulianos
(basse)

-Alexandre Dagenais
(batterie)

TRACKLIST

1) What Remains
2) Tree of Tales
3) Derecho
4) Red Tides
5) Stream Capture
6) Erosion

DISCOGRAPHIE

Erosion (2017)

Cydemind - Erosion
(2017) - metal prog instrumental avec du violon - Label : Autoproduction



Se lancer dans la musique progressive instrumentale n’est de nos jours pas si simple car la scène ne cesse de voir des nouvelles formations proposer leur lot de mélodies à la guitare et de contretemps. Alors les Canadiens n’avaient pas trop le choix et devaient se démarquer des ténors du genre comme Animals as Leaders, Scale The Summit ou Intervals. Mais comment raconter des histoires sans singer les aînés ? La réponse est simple : en incorporant un nouvel instrument mélodique, le violon. Et le résultat paye, Cydemind propose avec Erosion une surprise agréable mais inégale que nous allons décortiquer dans ces quelques lignes.

Avant de créer ce premier album, le groupe s’était déjà fait les mains avec un premier E.P. en 2014, Through Mists and Ages. La production n’était pas terrible, mais montrait déjà cette envie de mettre en avant la mélodie à travers les différents instruments (guitares, claviers et violon) et une tendance à mixer courts et longs morceaux. Trois ans plus tard, leur style se confirme et Erosion déborde de mélodies, à commencer par le single "What Remains", très rock, bardé de riffs entraînants et enchaînant les soli d’instruments mélodiques. Et ça fonctionne très bien. Le violon d’Olivier Allard, à l’instar d’un Ne Obliviscaris, virevolte au fils des morceaux parfois entraînant ("What Remains", "Red Tides"), parfois plus lyrique et mélancolique ("Tree of Tales", "Stream Capture") et sert de véritable fils conducteur. Et lorsque l’overdose approche, les autres instruments savent très bien prendre le relais que ce soit la guitare ou le clavier de Camille Delage, elle aussi grande gagnante de ce parti pris pour la mélodie. Lors des titres courts, Cydemind arrive à nous enchanter et à nous plonger dans ses histoires, à l’image d’un Scale The Summit ou de certaines parties instrumentales de Dream Theater.
On pourrait alors croire que tout sourit aux Canadiens qui nous offrent des morceaux tantôt efficaces, tantôt dépaysants, tout cela enrobé par une belle production laissant bien entrevoir les différents instruments. Pourtant, à trop vouloir en faire le groupe a tendance à se perdre. Et c’est le cas des titres plus longs comme "Derecho", treize minutes au compteur, et "Erosion" frôlant la demi-heure. Car, là où les groupes progressifs arrivent à bien alterner passages chantés et passages instrumentaux pour garder captif l’auditeur, la question devient bien plus complexe pour un groupe entièrement instrumental. Et cela ne manque pas. Malgré de très belles envolées au violon et quelques très bons riffs, "Derecho" mets trop de temps à démarrer et finit par traîner en longueur. Dommage. Le cas d’"Erosion" est encore plus frustrant car le titre commence de la plus belle des manières, avec une superbe mélodie au piano et des variations qui arrivent à captiver pendant plus de dix minutes. Puis, le changement d’atmosphère s’installe et petit à petit l’intérêt du morceau s’étiole et ne revient que par bribes. Encore une fois, l’impression d’avoir voulu trop en faire prédomine et laisse un goût d’inachevé à un album qui aurait été plus percutant s’il avait su faire parfois plus court.

Erosion porte malheureusement bien son nom. Avec ce premier disque, les Canadiens de Cydemind montrent qu’ils savent parfaitement composer des titres efficaces et envoûtants, mais que leur art a tendance à se perdre sur les titres plus longs. Pourtant, les mélodies et les envolées progressives sont présentes, la production est bonne et l’idée d’ajouter un violon qui fait presque office de voix a du sens. On ne peut que regretter cette volonté d’avoir voulu pousser trop loin. Il ne nous reste plus qu’à espérer que les Canadiens sauront se canaliser pour leur prochain disque, car le potentiel est bel et bien présent.



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