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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 03 juin 2017
Sa note : 16/20

LINE UP

-Henri Villberg
(chant+clavier+programmation)

-Kimmo Tukiainen
(guitare)

-Tomi Ullgrén
(guitare)

TRACKLIST

1) Hexordium: The Final Realisation that You Don't Matter  
2) Selves  
3) Rabid (Dogs of Church and State)
4) Wear My Crown
5) Odium Generis Humani

6) You Stop You Die
7) Grey    
8) This Drastic Clique
9) Osiris
10) I Am The Catalyst

DISCOGRAPHIE


Diablerie - The Catalyst Vol. 1: Control
(2017) - electro - Label : Primitive Reaction



-Tiens, t’as vu que Diablerie allait sortir un nouvel album ?
-Non, je ne savais pas.
-Si pour la fin de l’année 2016, parait-il.
-Très bien, merci pour l’info. Je jetterai une oreille dessus.

Changer de sujet. Vite. Difficile pour vous en effet de feindre plus longtemps la surprise. Et de faire part de votre obsession.
Bien entendu que vous saviez que cet objet tant attendu, tant fantasmé allait devenir réalité.
Votre histoire avec Diablerie remonte en 1999, quand deux jeunes Finlandais ont décidé de présenter leurs premières compositions. Un mélange étonnant de musique extrême et d’éléments électroniques avec des nappes de clavier pour enrober le tout. Prometteurs, ces débuts avaient permis au duo de recruter d’autres membres et d’accoucher en 2001 d’un des meilleurs albums du genre, Seraphyde. Le choc à l’écoute de cette œuvre, vous vous en souvenez, comme si c’était hier. Vous aviez pris conscience du génie de ses géniteurs, qui étaient parvenus à élaborer un disque quasi-parfait. Et puis, plus rien. Un split. Quel malheur. Qui allait pouvoir vous fournir la dose que vous alliez immanquablement réclamer ? Passer la frontière et s’abreuver d’un S.E.T.I de The Kovenant ? Pas assez inspiré. Il allait falloir apprendre à vivre dans un monde sans Diablerie. Dur. Jusqu’à l’annonce à la fin des années 2000 de la réactivation du projet, avec Henri Villberg, seul aux commandes. Des bribes musicales vous étaient alors parvenues via les réseaux sociaux qui avaient déjà envahi le monde. Plus industrielles qu’auparavant, elles montraient une nouvelle facette de cette entité. Appréciable. Mais pas de quoi étancher votre soif.
Le sieur Villberg, après avoir été pousser la chansonnette chez Rapture notamment, à conseiller aux fans des premiers Katatonia, s’est donc pleinement investi dans une véritable suite au chef-d’œuvre enfanté au début du siècle. Fin janvier 2017, vous aviez enfin entre les mains The Catalyst Vol. 1 : Control. Plaisir et crainte se sont confondus, alors que vous vous apprêtiez à écouter religieusement ce dernier. Sans surprise, l’ensemble rappelle la seconde période de la formation, s’éloignant quelque peu de Seraphyde. En tant que connaisseur, des éléments fleurant bon le début des années 2000 viennent malgré tout lécher vos oreilles, pour votre plus grand bonheur. L’excellent "Osiris" aurait sans mal pu figurer sur la première livraison. Quant au single "Wear My Crown", il semble taillé pour devenir un tube en boite EBM sur lequel vous pourrez bouger votre corps recouvert de cuir et de clous. Entouré de son ancien compagnon Kimmo Tukiainen et de Tomi Ullgrén, qui officie chez Impaled Nazarene et chez Shape of Despair, aux guitares, Villberg a élaboré des titres puissants et inspirés à l’instar de "Odium Generis Humani" ou de "Grey". Alors certes, l’ensemble est plus clairement orienté electro et indus. Pas de traces ici de chant féminin, de morceau bluesy ni de vocaux déments. Le tout est plus classique. Réussi, mais moins débridé.

Ce (vrai) retour vous a convaincus. Impossible de nier. Maintenant que le contact est rétabli, vous espérez ne plus le perdre. Diablerie a changé, mais possède toujours un charme qui vous attire. Espérons que votre cœur fragile ne sera pas brisé une fois encore par un arrêt brutal de toute activité. Il semble en effet difficile de trouver mieux dans le genre, encore plus de nos jours qu’il y a une quinzaine d’années. Et vous sentez que votre addiction ne vous a finalement jamais quittés…



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