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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2017
Sa note : 11/20

LINE UP

-Ryan Wilmot

(chant)

 

-Craig Hoffman

(guitare)

 

-Tyler Baskin

(guitare)

 

-Pat Olson

(basse+chant)

 

-Jake Mueller

(batterie)


TRACKLIST

1) Dreamwalker
2)
Enemy
3)
Thick As Thieves
4)
The Departure
5) D
.N.R

DISCOGRAPHIE


Speaking With Ghosts - Searching For Direction
(2015) - metalcore générique - Label : Autoproduction



« Shine light and inspire », tel est le credo des Speaking With Ghosts. Toi le/la jeune en proie au doute, au seum, à la tristitude, reprends espoir : le salut est en marche, il fait du metalcore, son symbole est une lanterne et il vient de Chicago. Et il bosse très dur pour te sauver : depuis sa création en 2013, il a amassé une chiée de fans sur Facebook, il a joué avec Volumes et Archetypes, et il a tourné un peu partout aux États-Unis. Le salut est au taquet, visiblement. Et en 2015, il avait sorti cet EP, histoire de lancer la machine.

L’intention affichée des Speaking With Ghosts n’est pas assumée à moitié : les textes de Ryan Wilmot sont partagés entre déclarations d’empowerment personnel ("Dreamwalker"), d’empowerment d’autrui en mode « t’es pas tout seul » ("The Departure") et d’introspections explorant la souffrance de sa douleur, ce qui permettra à l’auditeur torturé de se sentir représenté et d’entrer éventuellement en catharsis. Un créneau qui semble sincère donc, mais qui est fortement desservi par le parti-pris musical du groupe. Car si balancer un message positif de solidarité est somme toute une démarche loin d’être dominante dans le metal, le fait de balancer une musique archi-convenue et où la prise de risque est totalement absente fait retomber brutalement le groupe dans la masse informe des formations de metalcore qu’on oublie aussi vite qu’on les a découvertes.
En effet Searching For Direction porte mal son nom : le groupe a trouvé son créneau, et le résumer ne prend pas beaucoup de temps. Rythmes mid-tempo, guitares qui jouent soit des twin leads soit des attaques purement rythmiques calées sur la grosse caisse (donc au final quasiment jamais de riffs), basse tout autant calée sur la grosse caisse, la formule musicale de Speaking With Ghosts ne surprend à aucun moment. Elle est de plus désavantagée par une production très étrange : les guitares n’ont aucune puissance et les instruments en général sont totalement écrasés par le chant core écorché de Wilmot. Son grain et sa saturation font parfaitement le taf, mais il fait preuve par ailleurs d’un tic très énervant : switcher sans cesse entre hurlements et chant parlé/rappé, parfois plusieurs fois au sein d’un même mot. Ce n’est pas sur toutes les compos, mais quand il le fait ("Enemy", "Thick as Thieves", "D.N.R") ça casse la tête.
Il ne faut pas non plus jeter la pierre au groupe car cet EP n’a rien d’un naufrage : en bonne offrande de metal moderne passé 2010, tout est hyper bien joué et calibré. Rien ne bave, rien ne dépasse, c’est propre et policé. Le groupe avoue lui-même que son but est avant tout de fédérer les foules, donc personne n’attend de lui qu’il parte dans l’avant-garde ou le nawak débridé. Mais le fait est qu’on ressort de Searching For Direction sans souvenir particulier, sans un seul moment qui marque. Même le feat féminin sur "D.N.R" glisse sur l’auditeur sans l'impacter tant l’intervention est plate.  Le gros breakdown qui débarque à 1’55 dans "Dreamwalker" résume à lui seul l’EP : c’est une des parties instrumentales les plus génériques qu’on peut concevoir, un plan qui aurait dû être remanié, retravaillé pour lui donner une personnalité et qui ne l’a pas été.

Le salut est venu, il a vu, il est repartu sans rien avoir révolutionnu. Searching For Direction est recommandé à tous ceux qui n’ont pas besoin qu’un groupe ait une âme, tous ceux chez qui une recette réussie et appliquée telle quelle suffit à provoquer la joie. Au vu de la popularité grandissante de Speaking With Ghosts, les gens possédant ce profil sont un groupe établi. L’auteur de ces lignes n’en fait pas partie. 


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