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CHRONIQUE PAR ...

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Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 09 mai 2017
Sa note : 11/20

LINE UP

-Robert "Bobby Blitz" Joseph Ellsworth
(chant)

-Carlo "D.D." Verni
(chœurs+basse)

-David "Dave Linsk" Polinski
(guitare)

-Derek "The Skull" Tailer
(guitare)

-Ron Lipnicki
(batterie)

TRACKLIST

1) Mean, Green, Killing Machine
2) Goddamn Trouble
3) Our Finest Hour
4) Shine On
5) The Long Road
6) Let's All Go to Hades
7) Come Heavy
8) Red, White and Blue
9) The Wheel
10) The Grinding Wheel
11) Bonus : Emerald (Thin Lizzy cover)

DISCOGRAPHIE


Overkill - The Grinding Wheel
(2017) - thrash metal - Label : Nuclear Blast



Il a souvent été reproché aux frères Morris d'avoir donné un son identique à la ribambelle de groupes de death metal ayant défilé dans leur Morrisound Recording au tournant des années quatre-vingt-dix, contribuant ainsi à précipiter le désintérêt d'un public qui avait l'impression d'écouter peu ou prou le même album quelque soit le nom mentionné sur la pochette. Un constat similaire pourrait être dressé envers les enregistrements effectués depuis vingt ans sous la houlette d'Andy Sneap. Et comme on s'en doute, cette uniformisation, dommageable en soi, est particulièrement cruelle envers les sections les moins inspirées.

On devine l'intérêt des vieilles gloires en quête d'un second souffle – quand il ne s'agit pas d'un troisième ou d'un quatrième – d'avoir recours aux services du grand manitou contemporain des tables de mixage. L'ancien guitariste de Sabbat garantit en effet à ses commanditaires une production puissante, dense sans être brouillonne, qui dopera leurs créations, quel que soit leur potentiel. La perspective demeure-t-elle intéressante dès lors que les idées se font rares et que l'écriture ne respire pas l'originalité ? La réponse est clairement non. Car au fil des sorties, c'est le sentiment inverse qui s'impose - les réalisations des collectifs abandonnés par les muses se fondant dans une espèce de creuset indistinct, révélateur impitoyable des carences et des routines de composition. Pour leur dix-huitième LP en plus de trente ans de circuit, on peut admettre que Bobby "Blitz" Ellswoth et "D.D." Verni, les membres fondateurs d'Overkill, n'aient pas des pelletées de trouvailles plus excitantes les unes que les autres à proposer. Dans ces conditions, il n'est guère étonnant que, eux aussi, aient cédé une nouvelle fois à la tentation Sneap - mais avaient-ils le choix compte tenu du label avec lequel ils ont signé ? - d'autant que bon nombre de leurs exactions passées ont été en partie gâchées par leur médiocre qualité sonore. Ou peut-être les pionniers du thrash de la Côte Est ont-ils eu conscience des limites de leurs nouveaux morceaux ? Toujours est-il que le verdict concernant cette livraison est rigoureusement conforme à celui du dernier... Exodus – même maison de disque, même producteur.
Qu'ajouter à ce qui avait été relevé à l'écoute de Blood in Blood Out ? Rien, ou si peu. On retrouve cette tendance à la périssologie avec d'inutiles post-refrains et autre pré-solos - transitions oiseuses qui alourdissent le propos et grèvent un dynamisme pourtant indéniable. De même, si le tempo demeure très majoritairement soutenu, il participe d'une surenchère agressive qui cache mal une difficulté, pour ne pas dire une incapacité, à se renouveler. Certes, au cours de son histoire, Overkill n'a apporté que peu de changements à son thrash metal mélodique et saccadé, à l'exception d'un timide virage "groovy" sur une ligne Pantera-soft initiée dans les années quatre-vingt-dix. Dès lors, la sensation que c'est bel et bien le mastering « sneapien » qui a façonné la structure des titres et induit un semblant d'évolution finit par l'emporter. En témoignent les préludes systématiques à double détente, les longs breaks conduisant invariablement à la réexposition du motif initial ou encore les refrains interminables - qu'il est loin le temps où ceux-ci se résumaient en des slogans rageurs, sans doute primaires (« Rotten to the Core ») mais autrement plus efficaces ! On entend même les fameuses fioritures à la six-cordes concoctées habituellement par Wolf Hoffman d'Accept, formation collaborant en studio depuis 2010 avec... Et oui, encore lui. Quant aux vocalises si caractéristiques de Bobby "Blitz" Ellsworth, si elles demeurent aisément identifiables malgré la patine des ans, elles s'apparentent ici de manière troublante à celles de... "Zetro" Souza, le chanteur d'Exodus, dans un concours de « nasillardises » forcées qui impressionnent de la part de ces gosiers quinquagénaires, autant qu'elles agacent par leur manque de variations.


Overkill n'a jamais joué les têtes d'affiche malgré sa carrière bien remplie faute, principalement, d'œuvres marquantes hormis son indépassable premier recueil. The Grinding Wheel, son nouvel effort longue durée, confirme que l'intégration du quintet dans une écurie prestigieuse n'a malheureusement pas offert la Révélation à ses deux principaux instigateurs. Néanmoins, avec l'aide d'un artisan renommé appliquant à la lettre sa recette aussi rodée que roborative, les galettes naguère plates comme des pitas ont gonflé telles des fouées sorties d'un four troglodytique. Dommage que tout ce petit monde ait oublié la garniture.

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