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CHRONIQUE PAR ...

24
Crafty
Cette chronique a été mise en ligne le 08 mars 2008
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Ihriel
(presque tout)

-guests

TRACKLIST

1)How to Invent a Heart
2)Him and Her
3)The World Spins for You
4)Drag Them Down
5)The SnakePit
6)An Apology Gone Bad
7)Blood, Bones and a Skull
8)Crossing Over
9)Epilogue
10)Neo Drugismo (bonus)

DISCOGRAPHIE

The Thread (2008)

Star Of Ash - The Thread



Cela faisait 6 ans qu’Ihriel n’avait pas sorti quoi que ce soit sous ce pseudonyme. Ça faisait surtout 2 ans que Peccatum, où elle partageait l’affiche avec son mari Ihsahn, s’était arrêté. Mais même entre ce moment et aujourd’hui elle avait collaboré avec son mari (encore une fois…) et Knut Buen au très bon projet Hardingrock. Au fil des collaborations elle a fini par avoir des affinités artistiques avec du beau monde, un beau monde qu’on retrouve en partie sur The Thread.

Knut Buen et Garm en tête de liste des guests de l’album, il n’en fallait pas moins pour éveiller l’intérêt de qui s’intéresse un tant soit peu aux sorties de ces gentils Norvégiens. À côté d’eux on retrouve d’autres noms déjà présents sur le précédent opus (le très bon Iter.Viator) tels que le batteur Knut Aalefjær ou le chanteur Knut Bendik Breistein. Plein de noms un peu obscurs donc. Et pour clôturer la liste, citons le stakhanoviste guitariste-producteur Markus Reuter et l’auteur de cyber punk japonais Kenji Siratori qui poussera la chansonnette sur le titre bonus final. Maintenant que l’on sait à quoi s’en tenir au niveau du personnel, il est temps de passer à la musique. Pour ceux qui l’auraient oublié, Iter.Viator était un patchwork avant-gardiste de grande classe, alliant parties de guitares à la Ihsahn, electro-organique Peccatumienne, chant majestueux d’Ihriel et puis l’inévitable Garm (oui, le nom suffit à savoir de quoi on parle).

On ne sait jamais trop à quoi s’en tenir avec ces gens-là, la versatilité qui fait leur marque de fabrique est toujours difficile à assimiler en un laps de temps raccourci. The Thread ne déroge pas à la règle, on prend presque peur en s’apercevant arrivé au second titre qu’on n’a pas entendu une seule note de chant. Ça ferait presque deux chansons d’introduction. Le fait est qu’il faut attendre le quart de l’album pour entendre la douce voix d’Ihriel. Star of Ash a donc évolué, plus axé sur le piano que sur l’électro pour cet opus, l’ambiance se veut plus intimiste mais toujours aussi oppressante, enfin ça c’est la faute au background de tout le personnel, on ne sait jamais à quel moment le chaos va débouler mais on reste constamment sur le qui-vive. Seulement quand on finit l’écoute de l’album pour la première fois, on a l’impression d’avoir écouté un instrumental. Le chant n’occupe qu’une toute petite partie de l’espace, et le tout se révèle être plus chaleureux qu’inquiétant.

Cela vient modifier sensiblement les écoutes ultérieures, on appréhende The Thread de manière toute différente, et c’est de cette manière qu’on l’apprécie mieux aussi. Et ce style intimiste et pianisant convient bien à l’atmosphère qui s’y développe. Même quand le ton monte sur "Blood Bones and a Skull" (première mais courte apparition de Garm), une grande place est laissée à l’imaginaire. The Thread (le fil, en anglais) se révèle être une B.O. de film tout à fait convaincante. Le fait est que cette B.O. est courte, quarante minutes en comptant le bonus, l’intro et l’épilogue, cela laisse peu de choses à se mettre sous la dent, d’autant que certains titres tendent un peu à se ressembler. Mais c’est sur le final que l’album prend son véritable envol, en témoigne "Crossing Over" où le dialogue Garm-Ihriel vient porter l’album d’un coup d’un seul vers d’autres sommets. Même Knut Buen pointe le bout de son hardingfele (violon norvégien) pour achever ce qui semble être la nouvelle perle de Star of Ash.


Finalement, The Thread est séduisant, et même très séduisant. Un peu déroutant de prime abord, il se révèle sur son final et montre une fois de plus qu’Ihriel a un certain talent pour composer des titres de grande qualité. Il est juste bien dommage de voir qu’ils soient si peu nombreux sur un album assez court (le bonus en spoken word de Kenji Siratori a peut-être une grande valeur artistique couplé à la vidéo qui l’accompagne, mais il n’en reste pas moins anecdotique). Le plus grand défaut de The Thread serait peut-être la relative absence d’Ihsahn (occupé par angL ?) qui apportait un plus non négligeable à Iter.Viator. Qu’importe, Star of Ash enjolive ce début d’année, ne boudons pas ce plaisir.


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