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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 13 mars 2017
Sa note : 13/20

LINE UP

-Dave Rotten
(chant)

-Pako Deimler
(tous les instruments)

TRACKLIST

1) Abyss of the Underworld
2) Bad Omen
3) Molested, Defiled, Disrupted
4) Chamber of Chaos
5) Eternal Embrace
6) Lost Language of the Dead
7) Mournful Sounds of Death

DISCOGRAPHIE


Famishgod - Roots of Darkness
(2016) - death metal doom metal funeral - Label : Xtreem Music



Quand Papa Dementor rentre d’une dure journée de labeur à Hogwarts, il est en général bien fatigué. Heureusement, Maman Dementor lui a préparé un bon petit ragoût d’âmes putrides.
-  Alors mon chéri, cette journée ?
-  Ah m’en parle pas. Ces garnements de Gryffondor nous font la vie impossible. A commencer par ce Harry Potter…
-  Papa, papa ! crient les enfants dementor. Tu viens nous chanter une chanson ?
-  Pas ce soir les enfants, je suis vraiment fatigué !
-  Oh mais tu avais promis de nous chanter du Famishgod avant de dormir, c’est pas juste !

Que croyez-vous que Papa Dementor fit ? Il souffla, protesta pour la forme, mais alla chanter Roots of Darkness à ces enfants. Parce qu’au fond, Papounet, il est gentil. C’est pareil pour Famishgod. Sous couvert d’effrayer les foules avec un doom-death tendance funeral, les Espagnols feront certainement fuir les allergique aux metal extrême, mais les fans un tant soit peu habitués aux sonorités très graves et au growl des cavernes – ah la voix de Dave Rotten, leader d’Avulsed à la solide réputation, est un délice... – ne s’y tromperont pas : Famishgod n’est pas si méchant que ça, et sa machine à riffer « low » sait produire de la mélodie, basse en tête. Si parler d’AOR relèverait bien sûr du canular, tous les titres de Roots of Darkness sont lisibles et accessibles, d’autant plus que le tempo proposé ne donne que rarement dans l’extra-lent, privilégiant les variations de mid-tempos au gré de composition mettant en avant une rythmique à la Boltthrower (RIP), mais également quelques interventions de guitares en mode lead, à droite à gauche ("Chamber of Chaos").
Le second album de Famishgod n’est pas la typique mixture souvent un peu indigeste des jusqu’au boutistes funéraires et on se surprendra même à comparer les interventions solitaires de la basse avec celles que nous proposait Pan.Thy.Monium sur certains passages de Dawn of Dreams lorsque Dan Swanö et ses amis faisaient un petit break ("Molested, Defiled, Disrupted"). Que penser donc de ces Racines des Ténèbres ? Eh bien qu’elles sont fort plaisantes à écouter, le soir près de la cheminée. La rythmique très présente nous fera osciller la tête, plus ou moins fort selon les titres, sous fond de double pédale crépitante. Dave growle de manière juste et sait sortir des sons éraillés de son gosier, histoire de varier les plaisirs. En revanche, il n’est pas facile de faire ressortir un temps fort de l’album, tant il est homogène, tendance monolithique. Chaque morceau possède ses petites variations, mais le patron commun au morceau est vraiment… commun. On aurait aimé un peu plus de variété ou alors une vraie plongée dans les ténèbres. Famishgod a beau se draper dans un voile noir et jouer sur la peur, point de vision de terreur, je vais retourner tenter de m’enfiler "Inner War".  


Le duo ibérique s’est fendu d’un deuxième album agréable, au croisement des chemins suivis par Bolt Thrower et les groupes de funeral, et Roots of Darkness fait même preuve d’une finesse inattendue vu le genre proposé. Néanmoins, l’œuvre est soit trop monolithique, soit pas suffisamment ténébreuse pour que l’on puisse la considérer comme une référence absolue. Intéressant et prenant malgré tout.



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