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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 30 mars 2017
Sa note : 15/20

LINE UP

-Tim Goergen
(chant)

-Joe Cocchi
(guitare)

-Paolo Galang
(basse)

-Kevin McGuill
(batterie)

TRACKLIST

1) Shape-Shifter
2) Death Of The Rockstar
3) Beautiful Agony
4) Incomplete Harmony
5) Bittersweet
6) Objective Reality
7) Absolution
8) Ivory Tower

9) Sky Splitter
10) Ataxia IV
11) Treadstone

DISCOGRAPHIE

Creature (2009)
Halfway Human (2017)

Within The Ruins - Halfway Human
(2017) - hardcore death metal metal prog metalcore tech ultra moderne - Label : E1 Records Long Branch Records



Un nouvel album de Born Of Osiris et de Within The Ruins à moins d’une semaine d’intervalle ? Ça fait beaucoup pour un seul fan. Mais si le premier cité pouvait révéler une certaine tromperie sur la marchandise – volontaire et assumée – , ici, tout à l’air d’être sécurisé. Est-ce pour autant un gage de qualité ? Within The Ruins nous a rarement déçu sur ce point.

Quelle ne fut pas ma surprise en constatant que la dernière – et seule – chronique de Within The Ruins sur le site des Eternels n’était autre que celle du tout premier opus, à savoir l’excellent et incontournable Creature. Mais c’était en 2009. Et depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts du Massachussets. Malgré cela, la formation peut se targuer d’avoir eu une évolution logique et constante, ne répondant pas aveuglement à la demande des auditeurs, mais s’adaptant au contexte actuel, puisant un peu de tous les côtés stylistiques pour produire une musique riche et technique. Au départ, et lors de ses deux premiers albums, Creature (2009) et Invade (2010), elle évoluait indubitablement dans un deathcore ultra technique et mélodique. Mais après le passage de chez Victory Records à E1 Entertainment, couplé au départ d’un des deux guitaristes (non remplacé depuis) et le changement de bassiste, on assiste à une (très) légère déviation stylistique. Oui, les descentes de manches sont toujours présentes, oui les influences de la musique classique sont également incrustées dans chaque parcelle des chansons d’Elite (2013) et Phenomena (2014). Mais on constate dès alors un son beaucoup plus moderne, beaucoup plus clair et surtout plus puissant, ainsi que l’apport de légères touches électro qui se marient parfaitement au style. Rien de bien grave docteur, mais l’évolution se perçoit tout de même, tout aussi éthérée qu’elle soit, à l’image de leurs pochettes successives, et sans jurer avec les convictions des artistes de Westfield. Pour preuve, vous pouvez constater par vous-même que le dernier artwork est à des années-lumière de ce que la formation nous a habitués à sortir depuis bientôt dix ans.
Abordons sans plus attendre les choses qui fâchent dans cette Moitié d’Humain. Enfin surtout LA chose qui fâche. Vous l’avez vu venir avec ses gros sabots ? Dans le mille, il y a désormais du chant clair dans Within The Ruins. Il fallait s’en douter, la mode prend le dessus sur à peu près tout. Malgré le fait que le quatuor ne fasse pas partie de Sumerian (au contraire de ses confrères de Veil Of Maya, After The Burial et Born Of Osiris), ce dernier a quand même succombé aux sirènes commerciales. En revanche, on peut s’estimer heureux, car celui-ci n’est pas utilisé dans n’importe quelle circonstance et à tout bout-de-champ. Si l’on excepte l’un des deux clips, l’atrocité commerciale "Objective Reality", le chant en question, interprétée par le nouveau bassiste Paolo Galang, se fond plutôt bien dans le décor car il ne s’impose pas mais reste en retrait, le plus souvent sous forme de chœurs pendant les refrains ("Death Of The Rockstar", "Beautiful Agony", "Absolution"). En dehors de cet apport mitigé mais non-négligeable, Within The Ruins continue à faire ce qu’il sait faire le mieux, c’est-à-dire des riffs syncopés ("Beautiful Agony", "Absolution"), des rythmiques endiablées ("Incomplete Harmony", "Ivory Tower"), toujours plus d’explosivité, et de la technique à gogo incarnée notamment par cet "Ataxia" qui nous revient pour son quatrième volet, frôlant désormais les sept minutes. La recette est la même, mais elle est toujours aussi bien faite. On notera quelques fausses notes sur leur parcours, notamment un "Sky Splitter" et un "Bittersweet" (dont les toutes premières notes rappellent étrangement "Calling Card") sans saveur malgré la fin de cette dernière aux accents hispanisants, et un "Objective Reality" plutôt destiné à aguicher la nouvelle génération, qu’à satisfaire l’ancienne. Attention à ne pas délaisser progressivement cette dernière à l’avenir.


Cet Halfway Human ravira à nouveau les fans de la première heure, car les ingrédients sont globalement les mêmes. Within The Ruins fait partie de cette catégorie de groupes qui ajoutent une petite touche en plus à chaque sortie et qui peut se targuer d’avoir une évolution constante et logique. Mais le manque d’originalité et de véritables tubes ne va pas dans leur sens au vu de la concurrence actuelle sur ce secteur.



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