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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 06 mars 2017
Sa note : 12/20

LINE UP

-Hades
(tout)

TRACKLIST

1) Intro
2) Falklands War
3) Hall of the Dead
4) Cremation Funeral
5) Only the Strong Will Survive
6) God of Thunder
7) Goddess of Lust
8) Religion of Lies
9) Helheim

DISCOGRAPHIE


Goat Worship - Blood and Steel
(2016) - black metal thrash metal raw, raw, raw - Label : Xtreem Music



À quoi doit-on l’augmentation impressionnante du nombre de one man bands ? Aux facilités technologiques de la décade actuelle ou à une misanthropie galopante ? Ce qui est certain c’est que si, à la fin des nineties ou début des années 2000, à quelques exceptions burzumiennes près, « one man band » était synonyme de synthés pourris et/ou d’approximations musicales prêtant à la moquerie, les choses ont sacrément évolué. Nouvel exemple en date, Goat Worship.

Le sieur Hades, compatriote de Sepultura, Sarcofago – et Angra aussi… confirme que de nos jours, jouer à l’homme-orchestre et travailler de manière convaincante, c’est possible. Blood and Steel n’est pas la huitième merveille du monde, mais il se laisse écouter avec plaisir. Tant le pseudonyme du musicien que le nom de son projet donneront quelques pistes aux auditeurs férus d’enquêtes à la Sherlock Holmes, et aux autres également. Goat Worship ne donne en effet pas dans le prog-rock à la Marillion, et ne verse pas non plus dans la critique contre Donald Trump. Hades est apparemment un fervent adepte de la toute première vague de proto-black metal de la première moitié des années 80 et suit en cela la voie des Scandinaves d’Aura Noir par exemple. Blood and Steel est une ode grasse, raw et volontairement gauche à la gloire des pionniers du metal bestial que sont Venom, Sodom, Possessed et Bathory. C'est d'ailleurs le projet de Quorthon qui constitue sans doute la référence principale, tant l’album suinte une sueur aigre très similaire à celle produite par Bathory, The Return ou Under The Sign of the Black Mark, à tel point que "Only The Strong Will Survive" semble avoir été très, très fortement inspiré par "Call From the Grave".
En parlant de référence, la première partie de "Helheim" donne elle aussi dans l’hommage, mais certainement involontaire cette fois, puisque le riff initial semble calqué sur "Love Crimes" de Moonspell… À moins qu’il ne s’agisse d’un hommage voilé au metal des pays lusophones… Anecdotes mises à part, que retenir du premier effort du jeune homme ? Une hargne de tous les instants – le moindre coup de cymbale est donné avec une implication évidente –, l’aspect véritablement et authentiquement raw de l’ensemble, et quelques très bons titres : l’initial et très abrupt "Falkland Wars", le très bathorien, donc, "Only the Strong Will Survive" où Hades nous enfonce ses riffs dans le gosier, et l’intenable "God of Thunder", faisant penser à un Possessed survolté. "Hellheim" se reprend également bien après un départ maladroit. La qualité de la composition du reste des morceaux est, elle, moindre et si ces derniers ne rebutent en rien l’auditeur, ils n’ont pas la force de percussion des trois titres cités précédemment.


Blood and Thunder montre quelques belles promesses de lendemains qui hurlent, ainsi qu’un engagement de tous les instants du senhor Hades, forçant le respect. Si l'ensemble passe bien, les titres n’ont hélas pas tous le même impact et une grosse partie des chansons n’engendre encore qu’un intérêt mineur, mais on sent un potentiel certain. À suivre, donc.



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