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CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 06 mars 2017
Sa note : 13/20

LINE UP

-Dave Holch
(chant)

-Melissa Rosenberg

-Joe Tiberi
(guitare)

-Steve Amarantos
(basse)

-David Gavin
(batterie)

TRACKLIST

1) Godspeed, Vanguards
2) Creation Level Event
3) Impact Proxy
4) Aetherion Rain
5) The Synesthesia Signal
6) Unearthing the Daedalian Ancient
7) The Tellurian Pathos
8) Thus Always to Tyrants
9) Division Through Distance
10) As Embers Turn to Dust

DISCOGRAPHIE


Mechina - As Embers Turn To Dust
(2017) - death metal Djent space opéra too-much - Label : Autoproduction



J’ai appuyé sur play et d’un coup la musique épique s’est déversée dans mes oreilles. Les vaisseaux spatiaux volaient tout autour de moi pour une bataille qui scellerait la fin d’un univers. Partout ils apparaissaient, virevoltaient et se canardaient les uns les autres. Les tirs laser étaient légion. Soudain une secousse, une première explosion puis une autre ! Bordel, ça commençait à sentir le roussi ! Et l'on ne savait absolument pas quoi faire devant le champ de bataille interstellaire qui s’offrait devant nous. On était cuit. C’est alors que des tirs alliés venus de nulle part ont commencé à décimer les lignes adverses, la bataille n’était pas perdue. Voilà en quelques mots, ce que procure l’écoute d’As Embers Turn To Dust de Mechina.

Bienvenue dans le space-opera de Mechina, celui qui revient chaque premier janvier de chaque année avec sa cohorte de riffs saignants et de sonorités orchestrales et épiques. L’an dernier, Progenitor avait été une bonne surprise, offrant des morceaux djent death épiques et entraînant tout en évitant les grosses longueurs. Ici, Mechina offre plus ou moins la même chose et la musique fonctionne à merveille. Car si "Godspeed, Vanguards" entame gentiment les hostilités, ce sera sur "Creation Level Events" ou "Impact Proxy" que les lourds riffs quelque peu djent viendront accompagner une BO de film de l’espace. Oui, bande originale. Car comment ne pas se sentir l’âme d’un guerrier stellaire quand on entend l’intro de "Impact Proxy" ou le début au piano de l’énorme "The Synesthesia Signal". Si à cela, on ajoute la grosse voix death de Dave Holch ("Impact Proxy", "The Tellurian Pathos") ou celle aérienne de Melissa Rosenberg ("The Synesthesia Signal", "Division Through Distance") avec les riffs de Joe Tiberi et la batterie froide de David Gavin, comment ne pas adhérer un tant soit peu à cette surenchère d'epicness qu’est le dernier Mechina ? C’est, en effet, très difficile.
D’autant que les bougres savent s’y faire en proposant des breaks pas forcément attendus (ceux complètement gratuits de "Creation Level Events" par exemple). Bref, le boulot est carrément bien fait et par exemple la violence des riffs, des cris et de la batterie de "Unearthing the Deadalian Ancient" tranche parfaitement ces sons orchestraux ultra épiques (et les chœurs et cette deuxième partie bien sombre et martiale !) et fonctionne terriblement bien. Même le chant clair un peu moyen de Dave Holch ou les pauses au piano ("Aetherion Rain" et "Thus Always To Tirants") nous plongent à merveille dans cet univers. Pourtant, deux défauts viennent plomber cette immersion. Tout d’abord l’album est bien trop long et certains morceaux auraient mérité d’être raccourcis notamment les deux intermèdes au piano. Et c’est extrêmement frustrant, car pourquoi faire durer deux minutes de trop un titre aussi bon qu’"Impact Proxy" alors que six minutes suffisaient largement ?! A trop vouloir en faire, les Américains se perdent et c’est là leur plus grand défaut. Et à ce jeu-là, la fin de l’album en pâtit beaucoup avec des titres bien plus anecdotiques ("Division Through Distance" et "As Embers Turn To Dust"). Dommage !

Contrairement à un Progenitor plus ramassé, As Embers Turn To Dust tombe dans les travers de l’album qui veut trop en faire. Trop long, manquant de rythme dans sa seconde partie, le disque possède pourtant bien des qualités et quand il envoie les riffs et les sons orchestraux, l’auditeur est plongé brillamment dans une bataille spatiale haletante. Il faudra espérer que pour la prochaine fois Mechina saura éviter ces longueurs et proposer un album plus compact. A suivre le 1er janvier 2018.


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