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CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
Cette chronique a été mise en ligne le 06 mars 2017
Sa note : 15/20

LINE UP

-Julien Truchan
(chant)

-Olivier Gabriel
(guitare)

-Emmanuel Dalle
(guitare)

-Pierre Arnoux
(basse+chant)

-Romain Goulon
(batterie)

Ont participé à l'album :

-Aurélie "Asphodel" Raidron (Chenille)
(chant sur "Hush Little Baby")

-Trevor Scott Strnad (The Black Dahlia Murder)
(chant sur "Forgive Me Father")

-Arno (Black Bomb A)
(chant sur "Cum With Disgust")

TRACKLIST

1) Hush Little Baby
2) Reptilian
3) Psychosilencer
4) Forgive Me Father
5) Leatherface
6) Der Doppelgaenger
7) Necrobreed
8) Monsters Make Monsters
9) Cum With Disgust
10) Versipellis
11) Reeks Of Darkened Zoopsia
12) Mass Grave

DISCOGRAPHIE


Benighted - Necrobreed



Carnivore Sublime avait enfin permis à Benighted de définitivement exploser, au moins sur la scène nationale. Le groupe avait certes acquis une reconnaissance mais « microcosmée » à l'underground des musiques extrêmes. Depuis 2014, ils tournent et se produisent partout où il le peuvent, dispensant les mandales à « Kill mieux mieux ». Autant dire que l'annonce de Necrobreed avait engendré plus d'une attente. Pas une attente au tournant, mais une réelle impatience de sang neuf.

Approchez, n'ayez pas peur, "Hush Little Baby" ouvre le bal et pose paradoxalement le décor malsain avec une ambiance feutrée, digne des pires horror-movies. Asphodel a beau nous susurrer de belles paroles, chacun attend, extatique, de se prendre l'explosion de décibels, toujours attendue dans ces intros (dont on se sait finalement jamais trop quand le tout va nous péter à la tronche). "Reptilian" se charge de dynamiter nos pauvres oreilles dans un énorme sursaut lié au blast beat convenu mais rudement efficace : c'est parti pour quarante minutes de brutal death clairsemé de grind (de plus en plus timide) et de quelque passage proche des tremolos black les plus sauvages. L'album poursuite le chemin tracé par Carnivore Sublime, utilisant l'efficace et fulgurante violence rigoureusement structurée du riffing ainsi que les vocaux hors norme du père Truchan. Pour qui serait intéressé par les paroles, dégustez la belle histoire d'un foufou aimant les animaux au point de s'y attacher au sens le plus « propre » possible.
Un coup d'œil aux paroles en complément des growls relativement compréhensibles amènera son plein lot de visions morbides et tripières. Musicalement, les titres distillent au fil des écoutes toute sorte de nuances qu'il est quasi impossible de capter à la découverte tant la violence et la brutalité prennent le dessus. Mais une fois les compositions comprises (les riffs, multiples, restent abordables), on se plaît à se perdre dans les nuances du jeu de batterie, les arrangements sur les guitares, les intrusions de la basse et les registres des chants. Et lorsque l'on découvre les gueulards d'Arno ou Strnad, on se dit que Benighted choisit le zéro concession pour atomiser les esgourdes de l'auditeur. Difficile dans ce cas de poser critique ou d'oser émettre une quelconque réserve sur le présent recueil : ça fait bien une semaine que je réponds « J'AI BESOIN DE TES CHAIRS (?) NE - CRO -BRIIIIIDDDDD » - gruik inside, dès qu'on me demande quelque chose.
Et pourtant... Osons - malgré toute la qualité de l'album, et le travail phénoménal de tous les musiciens, à commencer par Romain Goulon qui reprend parfaitement le poste de Kevin Foley. Osons nous demander si la flamme ardente n'aurait pas été entièrement consumée à force de sortir des albums très proches musicalement les uns des autres. Éternel débat entre de nombreux groupes sortant toujours avec la même passion des photocopies d'albums et le duo public/presse, juge et jury pourri, condamnant l'absence de prise de risques et changements de registre. Pour les Stéphanois, et eu égard au genre pratiqué, il ne faudrait pas non plus s’attendre à un grand huit de tempo et d’ambiance. Alors, oui ! C’est toujours pratiquement la même chose et ça tabasse, même si certains peuvent s’ennuyer à mi-parcours. Mais la fin de l’album changerait-elle un peu la donne? Le diable se cacherait il dans le détail ? "Cum with Disgut" et "Reeks Of Darkene Zoopisa" sont construits sur des tempos mixtes, dont certains empruntés au hardcore. La subtile nuance est captable, même si le principe reste entier : Benighted joue fort, vite et violemment… Pour les berceuses ou les envies de power ballads... mieux vaut passer son chemin

Depuis la sortie de l'album, Julien reste le seul membre du combo originel. Peu importe, Benighted présente ici son huitième album, déjà. Dans la lignée directe du précédent, le groupe affirme sa position de quasi leader dans le registre et devrait pouvoir continuer à distribuer la bonne parole en tournée. Défouloir d’une efficacité imparable et référence incontestable du registre.


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