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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 12 février 2017
Sa note : 8/20

LINE UP

-John Garcia
(chant)

-Ehren Groban
(guitare acoustique)

-Mike Pygmie
(basse)

-Greg Saenz
(percussions)

TRACKLIST

1) Kylie  
2) Green Machine  
3) Give Me 250 ML  
4) The Hollingsworth Session  
5) Space Cadet  
6) Gardenia  
7) El Rodeo  
8) Argleben II  
9) Court Order

DISCOGRAPHIE


John Garcia - The Coyote Who Spoke In Tongues
(2017) - stoner acoustique - Label : Napalm Records



La promotion qui tente de convaincre par avance l’auditeur est parfois grossière. Qu’elle provienne de groupes ou de labels, si l’on s’y réfère, nous sommes souvent censés tenir entre les mains ou les oreilles le disque du siècle ou tout au moins l’album le plus violent, le plus abouti, le plus original (merci de rayer les mentions inutiles). Le chroniqueur, qui prend plaisir à décortiquer quelques œuvres, à se forger une opinion et à en faire partager quelques lecteurs, s’agace souvent de ce genre de déclarations, voire part avec un apriori négatif. Même (surtout ?) lorsqu’il s’agit d’artiste apprécié ?

Ne dérogeant pas à la règle, celui qui est ici victime (ou responsable, cela dépendra de votre point de vue) d’une communication outrageusement laudative n’est autre que John Garcia. Pour ceux qui ne connaitraient pas notre homme, et qui sont donc passés à côté de l’un des meilleurs chanteurs de stoner, sachez que ce dernier est notamment connu pour avoir tenu le micro des légendaires Kyuss ou des excellents Slo Burn et Unida. Il mène depuis quelques temps une carrière en solo, comptant un lp à son actif. Et voilà que déboule The Coyote Who Spoke In Tongues présenté comme le disque le plus personnel et le plus important de sa carrière. Si vous êtes au fait du travail du monsieur, soit vous salivez d’avance, en fantasmant sur une sortie surpassant Welcome To Sky Valley, soit vous commencez à douter de ces déclarations et aiguisez vos armes avant d’entendre l’objet de louanges. Une simple écoute suffira à confirmer que cette sortie n’égalera jamais les excellents titres du siècle dernier.
Mais de quoi est fait cet enregistrement ? De titres de feu Kyuss, agrémentés de compositions originales, le tout en version acoustique. L’on songe alors aux années 1990 et à l’émission MTV Unplugged, qui voyait des artistes jouer en acoustique leurs tubes, avec plus ou moins de réussite. The Coyote Who Spoke In Tongues est en effet un recueil intimiste, fruit de la collaboration de Garcia avec trois autres musiciens, Ehren Groban à la guitare acoustique, Greg Saenz aux percussions et Mike Pygmie à la basse. Les réinterprétations de morceaux cultes de Kyuss sont, disons-le tout de suite, loin d’être marquées du sceau de la réussite. "El Rodeo", provenant originellement de …and The Circus Leaves Town s’en sort avec les honneurs. Le reste est moins convaincant. "Green Machine " devient sirupeux au possible, loin de la sauvagerie initiale, tout comme "Gardenia". Mais que dire de "Space Cadet" ? Le titre est à la base un morceau acoustique. Pourquoi donc l’avoir inclus dans cette œuvre... acoustique ?
Au menu des créations, difficile une fois encore de s’enthousiasmer pour des pistes tout au mieux passables. "Argleben II" ou l’introductif "Kylie" ne sont pas de mauvaise facture, mais côtoient les anecdotiques "Court Order" et "Give Me 250 ML". L’ensemble est épuré, mais manque clairement d’épices. Où sont passées les pièces corsées d’antan ? Les mets proposés manquent ici cruellement de saveur. Même le maitre de cérémonie ne semble pas au mieux de sa forme. Sa voix devient çà et là fluette, un comble au regard du coffre qu’il possède. L’ennui gagne rapidement et malheureusement ne veut plus partir. Loin d’être couronnée de succès, cette sortie, qui se veut le prolongement d’une tournée acoustique, aura du mal à captiver l’auditoire. Et rappellera qu’il faut toujours se méfier des effets d’annonce.


À qui donc s’adresse cette sortie si personnelle, dans laquelle John Garcia affirme s’être livré corps et âme ? Aux plus fanatiques des travaux du prince du désert assurément. Les autres attendront certainement le retour électrisé du Californien. Il se murmure d’ailleurs que Slo Burn brûlera quelques planches cette année. En vue d’un album ? En attendant, vous pouvez réécouter les chefs-d’œuvre de Kyuss en version originale. À moins que vous ne cherchiez un fond musical pour votre prochain dîner de famille. Celui ou vous avez prévu de servir votre excellent bouillon de navets.


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