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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 30 janvier 2017
Sa note : 14/20

LINE UP

-Jérôme Josselin
(guitare)

-Sébastien Descamps
(claviers+basse)

-François Schauber
(batterie)

TRACKLIST

1) Donna
2)
Donna (Sorg remix)
3) Donna (Stellr remix)

DISCOGRAPHIE

Juliette EP (2016)
Donna (EP) (2017)

Féroces - Donna (EP)
(2017) - post rock - Label : Autoproduction



Avec Féroces, on est d’accord sur un point. Laura, c’est la star, le feu couvant sous une apparente normalité. Mais Donna, ben c’est Donna quoi. D’aucuns diront que c’est une fille un peu gnangnan, la propre Laura la critique d’ailleurs dans son Journal Intime. Elle dit que, pour Donna, l’amour physique idéal, c’est de rouler avec l’être aimé sur de grands draps blancs.

Alors la question mérite d’être posée : peut-on trouver une pureté touchante à une fille, fidèle en amitié, dont l’idéal amoureux est de rouler sur de grands draps blancs ? Sans hésitation, oui. Au point de voir en elle LA fille de Twin Peaks même. C’est le constat que Féroces a fait, et l’hommage à la série culte de David Lynch que constitue cette Donna (et ses jumelles remixées par Sorg et Stellr) est un hommage partisan. Féroces, invité par Indie Rock Mag à rendre hommage à la série, a choisi son camp, celui de l’innocence. Pas celui du jeu. Donna donc. Ni Laura, ni cette petit garce d’Audrey. Le post-rock joué ici, quoique fort similaire à celui de Juliette, le précédent EP, se dépouille de l’aspect un brin désespéré qu’il revêtait sur la fin du précédent travail et se pare d’une candeur nostalgique, parfaitement appuyée par la diction d’une Donna certainement plus âgée qu’au moment du drame, commentant ses « folies » de jeunesse, commises avec Laura – qui en commettra des autrement plus dangereuses par la suite, jusqu’à en mourir. La manière dont Donna ponctue sa lecture – « et auprès d’eux, on se sentait des grandes » est tellement évocatrice…

Oublions un instant ce qu’est devenu Lara Flynn Boyle et concentrons-nous sur le personnage qu’elle a incarné si brillamment. Féroces nous donne ici une petite machine à remonter le temps, qu’on écoutera - et qu'on verra même -  avec bonheur chaque fois que le géant visitera nos rêves et nous rappellera à notre devoir de mémoire.
 
PS : J’en profite pour signaler que Féroces a également sorti une version bien à eux de "Sometimes" de My Bloody Valentine, où les paroles sont extraites de la VF de Lost in Translation.



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