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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 26 janvier 2017
Sa note : 18/20

LINE UP

-Emilio
(chant)

-Nikolay
(guitare+basse+batterie)

-Khalvst ov Mhurn
(claviers+programmation)

TRACKLIST

1) Chemin vers le Néant
2) Stain of a Broken Life
3) Crimson Shroud
4) The Link for Reminescence
5) The Dark Matter
6) Eternel Sommeil


DISCOGRAPHIE


Nangilima - The Dark Matter
(2014) - death metal doom metal funeral apaisé - Label : Xtreem Music



Quand tout va bien, il n’y a pas forcément grand-chose à dire. « Les gens heureux n’ont pas d’histoire », paraît-il. Ma rencontre avec Nangilima ? Un ami commun nous a présentés (MFF, évidemment). Et on s’est tout de suite plu. Question d’alchimie, point. Pourquoi me bottent-ils autant ? Sûrement parce qu’ils embellissent la nuit.

Et parce qu’ils sont sereins aussi. Et la force tranquille, ben c’est chouette. Si on veut prendre une référence connue, il faut aller voir du côté de Shape of Despair. Il se dégage de The Dark Matter la même sensation de puissance lumineuse et paisible éclairant le monde nocturne que sur Monotony Fields et sur certains titres d’Illusion’s Play. Néanmoins, la manière d’utiliser les claviers diffère vraiment : entre les nappes des Finlandais et l’usage souvent très classique qu'ont les Suédois des petites touches noires et blanches, il y a assez fréquemment un monde de différences. D’ailleurs, Shape of Despair habite dans une grotte, tandis que Nangilima vit dans un manoir, en bordure de la ville, à la lisière de la forêt, là où on peut à la fois observer les lumières de la civiilisation et écouter le silence inquiétant des bois proches. Et se taire. Nangilima sait également se taire, comme sur "Crimson Shroud", ou "The Link for Reminescence" où la section rythmique incorpore le silence comme un argument additionnel.
En fait, le véritable jumeau de Nangilima, sosie un peu plus brut de fonderie, et dont la musique est un peu moins travaillée, c’est un groupe russe peu connu, du nom d’Unmercenaries, dont la première œuvre, Fallen in Disbelief, sortie presque en même temps que ce The Dark Matter, a été chroniquée en ces terres. Même ambiance nocturne, même usage intensif et souvent classique des claviers, même format court, mêmes sensations. Et même jouissance. Ou presque, car Nangilima soigne plus les détails que son presque sosie russe. L’album est donc un tantinet plus abouti et par conséquent un poil meilleur. Elégamment introduit par "Chemin Vers le Néant" et finement prolongé par l'outro "Eternel Sommeil", le corps de l’album est un bloc sans faille d’un peu plus d’une demi-heure, où "Stain of a Broken Life" inspire à celui qui l’écoute, une profonde envie de pousser un long « yooooooooohhhhhh » caverneux, avant que le reste des titres finisse de plonger le fan dans un univers où tout est mélodie, précision, sobriété, growl et désenchantement.


L’absence d’exubérance et d’extrémisme condamne fatalement un tel album à l’oubli. Quand tout est juste et que rien ne prête à l’extravagance, tout le monde s’en va. C’est bien dommage. The Dark Matter est une merveille de doom-death caverneux, gorgé de claviers, poétique et humble. Exactement ce que j’aime entendre. Raaah, la vie est belle quand même.




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