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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 27 février 2018
Sa note : 11/20

LINE UP

-Axel Gutierrez
(chant)

-Dayan M'Car
(guitare)

-Steven Vazquez
(guitare)

-David Moncada
(basse)

-Crisler Oliva
(batterie)

TRACKLIST

1) Plagas
2) Neron
3) Destrucción Masiva
4) Misantropo
5) Viaje Astral
6) El Anticristo
7) Greda Cruel
8) Santo Infierno

DISCOGRAPHIE


Throne Of Hatred - El Reinado Del Anticristo
(2015) - melodeath metalcore Melo/Death/Tech-Core - Label : Autoproduction



Tegucigalpa. Derrière ce toponyme qui donnerait des sueurs froides à plus d’un dyslexique, se cache la capitale d’un pays de moins de neuf millions d’habitants, considéré actuellement comme l'un des plus dangereux au monde (hors contrées en guerre), en raison notamment d'affrontements entre gangs, appelés localement « Maras ». Mais rassurez-vous, aucun de vous ne devrait en être victime durant l’écoute de ce disque et la lecture de cette chronique. Sinon, c’est que vous n’avez vraiment pas de chance.

Le Honduras donc, coincé entre le Guatemala au Nord, le Salvador à l’ouest et le Nicaragua au sud, est un pays d’Amérique centrale, à la forte population métis ascendante hispanique (90%), et qui n’est pas des plus réputés en termes de Musique Électrique et Tonifiante Amplifiée Lourdement (plus connue sous le nom de METAL). Tristement réputé pour ses déboires sociaux et criminels, le pays a bien essayé de sortir quelques formations du terreau local pour faire valoir ses qualités metalliques. Mais ce fut sans réel succès, aucun ne parvenant à s’exporter véritablement. De plus, les quelques formations ayant acquis un minimum de notoriété ne sont pas nées de la dernière pluie, tels le gang de heavy metal Delirium, Horgkosmostropus (death/grind) et les death metalleux de Blasfemia qui ont vu le jour au cours des années quatre-vingt-dix, tandis que la section de heavy metal Maintower est apparue la décennie suivante. On pourrait également citer le duo de black Meaning Of Life, mais là encore il est peu probable que celui-ci soit connu de beaucoup d'auditeurs européens. Le choix de cette chronique s’est donc porté vers un groupe on ne peut plus récent, mis sur pied fin 2014 dans la capitale, et qui sort l'année suivante cette autoproduction , au nom quelque peu empreint de religion (rien de plus logique dans un pays chrétien à 87%), Reinado Del Anticristo. De fait, il s'agit essentiellement du projet d'un certain Danny M’Car, guitariste et principal compositeur.
Seuls huit titres nous sont offerts sur cette galette. Pour à peine plus de vingt-cinq minutes de musique. Très court donc, avec une moyenne de trois minutes par chanson. Enfin, si l’on voulait être légèrement sarcastique, on pourrait même parier que l'écoute se réduirait à quelques pistes. Pourquoi donc ? Car le Trône De La Haine a la fâcheuse manie de recycler ses riffs et mélodies. Et si la phrase « Y a rien qui ressemble plus à un Coréen qu’un autre Coréen » de feu Thierry Roland pouvait contenir une once de vérité – bien que quelque peu raciste [ndlr : pourquoi « quelque peu » ?] – elle s’appliquerait à merveille ici si l’on remplaçait « Coréen » par « chanson de Throne Of Hatred ». Attention, n’entendez pas par-là que l’album est mauvais - celui-ci ne s’écoute pas accompagné d’un sentiment de souffrance auditive. Mais on se lasse étonnamment vite et on a l’impression que les mêmes mélodies tournent en boucle. Ce death mélodique ultra incisif (caractéristique des groupes latinos), accompagné de quelques légères touches core dans la plupart des titres, dont la rapidité le rallie au death technique, nous est ressorti sans volonté de bousculer les choses et d’amener une véritable césure. Malheureusement, les placements massifs de passage à la double pédale n’arrangent pas les choses dans le bon sens. En revanche, omettre la bonne qualité de la production pour un groupe de cette région du monde, totalement indépendant, serait injuste - voilà au moins un élément positif qu'il convient de souligner.


Finalement, en vingt-cinq minutes, il peut s’en passer des choses au Honduras. Surtout quand on est chauffeur de bus. Ça peut paraître long, et à la fois très court. On peut donc féliciter Throne Of Hatred de s’extirper artistiquement d’un contexte très particulier, mais on peut aussi leur souhaiter de varier et diversifier leurs compositions pour pouvoir sortir au plus vite de ce marasme.



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