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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 23 janvier 2017
Sa note : 14/20

LINE UP

-Noctuaria
(chant)

-Mortifero
(guitare+basse+batterie)

TRACKLIST

1) Exta Malorvm I
2) Dismal Omen
3) Relaying on Madness
4)
Havok Emissary
5) Exta Malorvm II
6) Apothic Path
7) Psalm of Abhorrence
8) Death Parade
9) Exta Malorvm III

DISCOGRAPHIE

Exta Malorvm (2016)

Nebrus - Exta Malorvm
(2016) - black metal - Label : Razed Soul



-  Vous vouliez me voir, Di Luca ?
-  Oui, Monsieur le Directeur. C’est au sujet du jeune Nebrus… Il a encore fait des siennes. Il a agressé Cavalieri : il lui a mordu la joue ! On doit parler à ses parents !
-  …
-  Monsieur le Directeur ?
-  Di Luca, vous êtes nouveau ici… Vous ne savez pas ce que vous dîtes…
-  Comment ça, Monsieur le Directeur ? Que se passe-t-il ? Nous n’allons tout de même pas laisser cet acte impuni !

 
A toi de voir, Di Luca. Si tu penses qu’aller faire une petite visite chez les Nebrus, dans leur cabane, libre à toi. Si tu ne t’es pas enlisé dans la tourbe qui borde leur terrain, tu peux essayer d’aller tailler une bavette avec le père. Mortifero est un brave type. En tout cas en comparaison avec la mère. Oui, celle qui hurle à la maison, c’est la mère, Noctuaria. Ça te fait rire ? Vraiment ? Eh bien vas-y. Pénètre dans le domaine de la crasse et de la laideur… Le domaine d’Exta Malorvm, et ses têtes chevelues et grimaçantes. Nebrus y pratique un black metal obscur et dissonant, suivant ainsi un certain nombre de groupes vouant un culte spécial aux sonorités qui ont commencé à voir le jour avec A Blaze in the Northern Sky. Ici, la dissonance n’est pas spécialement torturée, elle se contente d’être laide et old-school, un peu dans le style d’Athame (Maryland), en encore plus old-school et moins fluide. Exta Malorvm est empreint d’une gaucherie rythmique qui, à mon avis, est tout à fait volontaire et constitue paradoxalement l’un des points forts de l’album, tant elle contribue à la sensation de laideur omniprésente tout au long des trois quarts d’heure que dure l’opus.
Assez peu originale, la musique proposée par les Transalpins n’en demeure pas moins saisissante et sait se parer d’intonations inattendues à plusieurs moments de l’œuvre. Le final quasi épique de "Relaying on Madness" est une petite surprise, tandis que "Exta Malorvm III" en est une grande. Noctuaria laisse au placard sa voix caverneuse pour se transformer en vieille sorcière griffue et geignarde, clone agressif d’Anna-Varney Cantodea, le temps de conclure en beauté cet album qui peut laisser dubitatif de prime abord mais dont la qualité se révèle progressivement, sans atteindre les sommets du genre, mais en proposant tout de même une qualité globale très appréciable, et quelques titres fortement oppressants tel l’excellent et saccadé "Psalm of Abhorrence". Si on ajoute aux vrais morceaux un intro et un intermède ambient classiques mais de bon ton, on obtient une œuvre réussissant finalement bien à donner les frissons de dégoût voulus à la victime compatissante qu’est l’auditeur.


La beauté d’Exta Malorvm, c’est sa laideur. La pochette est totalement représentative d’un album qui  n’enchantera pas forcément les fans de Dream Theater, mais intéressera très certainement les amateurs de tènèbres old-school dissonantes et bien sales, notamment sous les aisselles. Bon appétit !



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