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CHRONIQUE PAR ...

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[MäelströM]
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 5/20

LINE UP

-Robert Aass
(chant)

-Gunnar Westlie
(guitare)

-Dag Selboskar
(claviers)

-Bjorn Boge
(basse)

-Jasle Maløy
(batterie)

TRACKLIST

1)Touchdown
2)Call Me A Liar
3)Young Hearts
4)9 And 10
5)Turn Down The Lights
6)Millions Like Us
7)Pink Champagne
8)Circus Maximus
9)Hold Back The Tears
10)Last Time
11)Blame It On The Radio (Bonus réed.2006)

DISCOGRAPHIE

Da Vinci (1988)
Back In Business (1989)

Da Vinci - Back In Business
(1989) - hard FM - Label : MTM Music



Dans les épisodes précédents : « Bien entendu, cet album n’est pas la réussite de Da Vinci (Back In Business est de ce côté bien plus plébiscité) […] les gens qui voudraient se pencher sur le groupe feraient bien de s’intéresser à leur second album, Back In Business, qui a remporté plus d’éloges que cet essai un peu raté. » Et moi de vous dire immédiatement que la fin des années ’80 nous aura au moins apporté ça : la capacité de plébisciter un second album encore plus mauvais que le précédent (un essai raté, pour ceux qui suivent).

Il suffit en fait d’écouter la première chanson, l’ignoble “Touchdown” et son refrain atroce de patho-dégoulinance pour savoir dès le départ que ce disque est mauvais. Et pas mauvais dans le sens « pourrait tout de même plaire aux amateurs » non, non. Juste mauvais. Et même pas drôle, avec ça. Durant 45 minutes ça gémit, ça gonfle le torse, ça se frise les cheveux et ça se donne des airs d’amoureux transis et de faux rebelles. Vous savez, comme Survivor ou Treat aux alentours de la même époque. C’est curieux comme ça a vieilli… C’est curieux que quelqu’un nous ressorte ça, d’ailleurs. Soyons sincère : ces faux chœurs, ces rythmes pompeux, ces synthé’ extra-terrestre… C’est une autre époque. Tout le monde ne s’appelle pas Thin Lizzy et ne peut pas rester écoutable avec une musique si lourde et imprégnée de son temps. Même les pires morceaux de Queen peuvent largement se vanter à côté d’un skeud tel. Les ignobles pistes inspirées du Hard-FM (“9 and 10” et son horrible refrain où le chanteur prouve qu’on peut chanter des horreurs MAIS savoir compter, “Pink Champagne” et son groove totalement raté) n’arrivent même pas à donner envie de se trémousser tant les rythmes gras pataugent dans la contemplation.

Ah mais ce n’est pas fini, attendez la seconde chanson, une ballade ignoble nommée “Call Me a Liar” dont les paroles, en substances, sont tout de même : « Appelle-moi menteur, mais je te dis que je t’aime. » Ouf, ce que c’est beau. Et des comme ça, vous allez en avoir plein les oreilles pendant trois quarts d’heure (avec un affreux “Turn Down the Lights” et ses relents d’Elton Johrge Michael hétéro’ ou un “Circus Maximum” qui aurait du être le titre de l’album de ces clowns). Une épreuve quasi-flagellatrice qui prouve qu’on peut recevoir des honneurs en faisant pire que tout. Même leur précédent album (éponyme, cliquez ici pour lire la chronique) peut ressembler à un petit chef d’œuvre à côté. Ou tout du moins, le côté garage et insouciant – tout en étant déjà très pompeux – lui donnait une crédibilité de gamin écervelé légèrement touchante. Mais ici, tout est pire. Les sons sont pires, les mélodies sont pires, la prétention est pire. Et ce n’est pas faute de chercher un intérêt à ces mollusques frisés, malheureusement ni les compositions, ni les interprétations, ni l’émotion ne sont au rendez-vous. C’est tellement plein en surface qu’ils ont finis par vider le fond – et la seule réaction possible face à cela, c’est de tirer la chasse d’eau.

Mais le pire est quand même cette pelletée de morceaux d’arena-rock (“Young Hearts”, “Blame It On the Radio”) qu’on sent déjà prévue pour être chanté par 5.000 personnes… Rien que l’idée de fabriquer un morceau pour un stade est d’une telle prétention que le fait d’écouter le chanteur quadrupler sa voix histoire de faire comprendre à son public que « oui, ce sera là qu’il faudra hurler » est devenu repoussant pour l’auditeur que je suis. Au final il ne reste que le témoignage d’un des nombreux groupes qui a voulu remplir d’immenses salles de concerts découvertes avec une musique si codifiée qu’elle n’avait plus les moyens de plaire. A chaque seconde on a l’impression « d’entendre tel groupe » et jamais il ne nous vient l’impression d’écouter Da Vinci. Même les titres des morceaux semblent avoir été pêchés chez d’autres en y changeant un ou deux mots pour faire croire au public pas trop regardant que « si, ce morceau mythique était d’eux ». Si vous cherchez un disque totalement désuet pour expliquer pourquoi la musique s’est emballée et a pu tomber dans de telles tentatives de sur-consumérisme, ce disque est pour vous ! Si vous cherchez de la musique… passez votre chemin.




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