17592

CHRONIQUE PAR ...

113
Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 12 décembre 2016
Sa note : 17/20

LINE UP

-Neal Morse
(chant+claviers+guitare)

-Eric Gillette
(guitare+chant)

-Bill Hubauer
(synthés+piano+chant)

-Randy George
(basse)

-Mike Portnoy
(batterie+chant)

TRACKLIST

1) Long Day
2) Overture
3) The Dream
4) City Of Destruction
5) We Have Got To Go
6) Makes No Sense
7) Draw The Line

8) The Slough
9) Back To The City
10) The Ways Of A Fool

11) So Far Gone
12) Breath Of Angels
13) Slave To Your Mind
14) Shortcut To Salvation
15) The Man In The Iron Cage
16) The Road Called Home
17) Sloth
18) Freedom Song
19) I'm Running
20) The Mask

21) Confrontation
22) The Battle
23) Broken Sky/Long Day Reprise

DISCOGRAPHIE


Morse, Neal - The Similitude of a Dream
(2016) - rock prog - Label : Metal Blade Records



The Similitude of A Dream avait tout de l’album qui allait se casser violemment la gueule par terre. Le dernier né du Neal Morse Band transpirait le rock progressif par tous les pores avant même sa sortie. Double album concept, annonce par Mike Portnoy qu’il s’agissait d’un des tous meilleurs albums auxquels il ait participé dans sa carrière, pochette bien vieillotte, premiers extraits corrects sans être transcendants, la crainte était légitime que le disque soit un amas de trop de trucs au vu de la longueur et du nombre de pistes. Et pourtant, la première écoute s’avère étonnamment concluante et les suivantes continuent de distiller les arômes d’un prog savamment orchestré.

Dès le départ de "Long Day" il est impossible de se tromper : on est bien en territoire progressif. Mellotron, voix plaintive de Neal Morse se fondent pour laisser place au titre instrumental "Overture". Comme dans tout concept album de rock progressif, les différents thèmes s’enchaînent et seront développés par la suite de l’album. Efficace, mais sans prise de risque, comme le sera la très courte, mais très jolie "The Dream". C'est ensuite que The Similitude of a Dream s’emballe et se met à proposer de la lourdeur ("City of Destruction"), des passages gavés de mélodies qui s’enchaînent les uns avec les autres ("We Have Got To Go", "Makes No Sense"), des chœurs à foison et ultra entraînants ("Back To The City" et la très Queenesque "The Ways of a Fool"), voire même des passages plus rock et rentre-dedans ("Draw The Line" avec un Mike Portnoy très correct au chant). Bref, après quelques minutes de mise en jambe, l’album démarre et balance de nombreuses idées souvent très réussies et ce jusqu’à la fin du premier disque. Même la lente "Breath of Angels" réussit à nous émouvoir et à montrer un groupe très uni.
Car c’est là où The Similitude of A Dream tire son épingle du jeu. Si à la première écoute, les tics de Neal Morse se ressentent assez fortement (les claviers et l'épique final notamment), ils disparaissent très vite pour laisser la place aux autres membres du groupe. A ce jeu-là, c’est Eric Gillette qui brille particulièrement. Chantant très juste sur l’ensemble de l’album, il éblouit aussi l'auditeur par son jeu de guitare mélodique rappelant pas mal John Petrucci, le shred en moins. On pourra notamment penser à certains très bons soli sur "The Slough", "Breath of Angels" ou "Broken Sky / Long Day Reprise", mais aussi aux très bons riffs de "Draw The Line" ou "The Man In The Iron Cage". Une perle. Mais les autres ne sont pas en reste et c’est vraiment cet enchaînement entre les différentes voix ("Back To the City"!) et les différents moments instrumentaux toujours bien calibrés qui prouvent que The Neal Morse Band a trouvé son équilibre et s’extirpe de la seule personnalité de Neal Morse. Une très bonne chose que l’on commençait déjà à ressentir dans The Great Experiment et qui s’exprime ici pleinement.
Pourtant, si sur le premier disque les pistes s’enchaînent sans temps mort, c’est un peu moins le cas lorsque l’on entame la seconde partie plus contrastée. Ainsi, les Américains enchaînent des moments plus lourds avec des passages légers à la guitare acoustique. La fluidité en prend un coup, mais ce deuxième disque réussit aussi à apporter un nouveau souffle à l’ensemble de l'oeuvre avec l’apparition de multiples guests. Et c’est avec plaisir que l’on se fait surprendre par le saxophone de Bruce Babad et le refrain ultra happy et accrocheur de "Shortcut to Salvation". Les cuivres sont ensuite de la partie sur "I’m Running" avec l’apparition de trompettes qui accompagnent fort bien le solo de Randy George. Bref, l’ensemble des nouveautés redonnent un coup de neuf et permettent à Neal Morse et ses amis d’entamer sereinement la dernière partie plus sombre et théâtrale de l’album. L’enchaînement "The Mask" (et sa très bonne intro au piano), "Confrontation", "The Battle" vise juste et propose encore une fois une autre couleur à une aventure très riche. Il ne manquera plus qu’à achever le tout avec la très aérienne et emphatique "Broken Sky / Long Day Reprise", pour boucler la boucle et offrir une conclusion attendue, mais réussie, à cet excellent voyage.

The Similitude of A Dream est colossal. Pas forcément simple d’approche à la première écoute, il fait partie de ces albums qui se laissent savourer au fil du temps. Généreux, pas avare en idées et gavé de mélodies, le disque aligne un nombre incroyable de choix judicieux et de moments mémorables. Et si ce deuxième effort du Neal Morse Band reste un peu trop long, il déjoue brillamment les nombreux pièges du genre et offre l’un des meilleurs disques de rock progressif de cette année 2016.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4