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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 21 novembre 2016
Sa note : 14/20

LINE UP

-Dominik Winter
(chant+guitare)

-Raphael Heuser
(guitare)

-Maximilian Stiefermann
(basse+violoncelle)

-Pelle
(batterie)

TRACKLIST

1) Et In Arcadia Ego
2) Himeros
3) Trúwen
4) Lichtträger
5) Persona
6) Station

DISCOGRAPHIE

Wind (2013)
Nur Ein Moment (2016)

Frigoris - Nur Ein Moment
(2016) - black metal automnal - Label : Hypnotic Dirge



Lundi 21 novembre, tu te réveilles le matin et tu vois par la fenêtre la petite pluie fine arroser le trottoir. Une fois dehors, le vent te hurle aux oreilles et tu manques de tomber en glissant sur des feuilles mortes. Tu arrives au boulot et contemples tes collègues… What time is it ? It’s Hypnotic Dirge time !

Hypnotic Dirge le label automnal par excellence, dont les sorties procurent autant de joie joyeuse qu’un calembour de Raymond Devos, et ce n’est pas Nur Ein Moment, troisième effort des Teutons de Frigoris, nouvelle recrue du label parfaitement adaptée à sa nouvelle maison, qui va inverser la tendance. Nur Ein Moment, c’est un mélange d’Agalloch, en moins folk, et de Der Weg Einer Freiheit, en moins virulent, vous voyez ? Six chansons pour un total de plus de cinquante minutes, toutes plus grises les unes que les autres, et extrêmement homogènes, à tel point qu’après une quinzaine d’écoutes, j’ai encore du mal à fredonner les mélodies. De là à dire que cette nouvelle œuvre du groupe est pourrie, il y a un pas qu’il faut bien se garder de franchir. D’accord, aucune tête ne dépasse vraiment, aucun riff mémorable n’émerge, pas plus qu’un refrain accrocheur, mais l’ensemble n’en est pas moins très agréable et affirmé, plus affirmé et donc moins anodin que Wind, le prédécesseur. Frigoris semble avoir acquis la maîtrise de son art à défaut de vouloir le bousculer, et déroule avec habileté la panoplie du parfait black gris, « moderne » dans le sens où il se situe bien loin du trve black de leurs aïeux.
Les passages acoustiques – on notera au passage la classique mais belle ouverture neofolk de "Himeros" – sont relayés par des passages parfois blastés, quand ce ne sont pas les chœurs ou les instruments à corde qui viennent contrebalancer le côté métallique de l’œuvre et les vocaux académiques de mon cousin Dominik.  Frigoris aime également égrener quelques notes 100% mélancoliques, comme sur "Trúwen", sur fond de guitare black, et finalement la réflexion initiale type « Mouais, on a entendu ça 1000 fois… » est complétée au fur et à mesure de l’écoute par un  « ... mais ils font ça bien, les gars. » Dans les règles de l’art en somme. Et finalement, le violoncelle de l’instrumental final "Station" vient clore l’album sans que l’ennui tant redouté ne se soit manifesté. Alors bien sûr, on aimerait un peu plus d’audace, mais pour voir tomber les feuilles et supporter un lundi matin laboral classique d’automne, ce Nur Ein Moment tombe à pic.


Classique mais de bon ton. Académique mais bien fichu. Firgoris hausse d’un ton la qualité de sa musique et Nur Ein Moment séduit par l’ambiance qu’il dégage. Homogène sans être lassant, ce troisième effort est digne de plusieurs écoutes, sous une ambiance grise et humide plus que sous un parasol à la plage par quarante degrés, toutefois.




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