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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 13 novembre 2016
Sa note : 13/20

LINE UP

-Viktor Medvedev
(chant)

-Vladimir Mikhailov
(guitare)

-Andrey Minov
(basse)

-Yuri Afanasiev
(batterie)

-Victor Streltsov
(claviers)

TRACKLIST

1) Tempus Mortuorum
2) Kabbalah
3) Alchemist
4) Peregrinus
5) Mors Atra
6) Due Diaboli
7) Seraphim
8) Avicenna
9) Preasumptio Reatum
10) Infinitas Non
11) Teofelspakt

DISCOGRAPHIE


Seven Sins - Due Diaboli et Apocalypse



Il serait de bon ton de commencer cette chronique par une blague, une anecdote ou une donnée sur le Kazakhstan (car oui, Seven Sins vient de là-bas) mais ça serait sombrer dans la facilité crasse pour faire une introduction - et nous, chez les Éternels, on n'est pas du genre à utiliser ce genre de fainéantise pour cacher notre manque d'inspiration. Du coup, autant utiliser cette introduction pour vous dire qu'on ne le fera pas. Voilà.

Non mais en fait, que Seven Sins vienne du Kazakhstan pourrait être une donnée pertinente dans cette chronique si leur musique le justifiait. Parce que au-delà du fait que des groupes de metal venant de ce riant pays, on n'en voit certes pas passer tous les jours (comment ça, vous ne sauriez pas m'en citer un autre ?), faire du pays d'origine d'un groupe un aspect saillant de leur musique peut se justifier dans certains cas – par exemple, l'utilisation d'une thématique particulière ou d'instruments traditionnels – ici, non. Car si on m'avait dit que Sevens Sins venait de Norvège, j'aurais hoché la tête en faisant « hum, cool ». Parce qu'en Norvège, il y a Dimmu Borgir et que Seven Sins, c'est tout pareil. Et quand je dis « tout pareil », ça veut dire à la fois dans la forme et la qualité. Due Diaboli et Apocalypse est un chouette album de black metal symphonique, même si rien ne le rendra inoubliable dans la durée – un peu comme la majorité des albums de Dimmu Borgir, voila.
Après, nous ne sommes pas loin du sans-faute/sans génie propre à beaucoup de groupe qui ont des moyens et des idées mais pas vraiment d'éclairs d'inspiration. Des grosses guitares, des claviers à profusion, tout cela sonne bien, c'est puissant et équilibré, le chanteur est parfaitement dans son rôle de gueuleur tantôt écorché, tantôt emphatique. Il y a des voix féminines éthérées ("Seraphim"), des ambiances orientales ("Avicenna") – le Kazakhstan est à la frontière de l'Europe Orientale et de l'Asie, donc ok, c'est cohérent – des riffs à la Children of Bodom ("Alchemist"), des solos un peu partout et du blast : on se croirait revenus à la période de l'âge d'or du black sympho, en gros la deuxième partie des années 90. Difficile, du coup, de taxer ce Due Diaboli et Apocalypse de plus qu'un trip légèrement nostalgique vers une période où les gros synthés orchestraux dégueulaient sur la majorité de la production de black metal. Et d'un certain côté, ça ne fait pas de mal.


Loin de vouloir proposer quoi que ce soit d'innovant, Seven Sins s'inscrit dans le prolongement de la voie ouverte il y a deux décennies par les groupes d'Europe du Nord – voie qui ne s'est jamais vraiment refermée, tout au plus un peu asséchée. C'est brutal, violent et de qualité, mais trop calibré et manquant du genre de folie malsaine ou épique que l'on trouvait dans les meilleurs productions du genre à l'époque. Bon enfin, si maintenant on vous demande s'il y a des groupes de metal venant du Kazakhstan, vous ne passerez plus pour des guignols.


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